Après une Technorama survoltée la veille à la Machine du Moulin Rouge, le challenge pour me maintenir debout était grand là où mon énergie semblait presque épuisée. Mais forcément, quand la Herzblut débarque au Showcase à l’occasion du Day 7 du WIHMini Festival, impossible de rester assis sans vous faire partager une soirée d’exception…

1h : un Superflu en solo

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Arrivé sur les lieux, Masseyeff termine son set alors que l’assistance reste partagée entre inconditionnels au premier rang et « fêtards » costumés en retrait. De mon fauteil confortable, les jambes épuisées, je réalise qu’il va falloir entrer dans la ronde pour apprécier le son qui peine à m’atteindre, là où il ne faisait pas de quartier à la Machine.

Mais déjà la foule se resserre… Déjà, les premiers frissons viennent quand Super Flu entre en scène. Il n’y a pourtant que Mathias Schwarz aux platines… Un solo plutôt qu’un duo ? Peu importe : le son est bon, je me fraye une place au premier rang alors que le premier tube se fait vite entendre : Love Isaac met tout le monde d’accord. Sans transcender, la house aux inspirations parfois soul et jazzy de Super Flu saura assumer un rôle de warm up tardif plus qu’efficace.

Et c’est en concluant avec l’excellent Schneeblee que Superflu laissera peu à peu sa place à une silouhette au crâne dégarni, qui sans prévenir viendra bouleverser la soirée…

3h : L’expérience Stephan Bodzin

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Oui, déjà trois heures : l’heure de passer dans une nouvelle dimension vient de sonner… Dès son intro, Stephan Bodzin laisse bouche-bée. Autrefois producteur loin de la scène mais toujours proche des platines, aujourd’hui DJ enivré par le live, le chef de file de la Herzblut hypnotisera très rapidement l’assistance qui en voudra toujours plus.
Acharné, il ne lâchera pas, pendant les deux heures de son set musclé, un public transcendé et conquis par la techno presque progressive et expérimentale d’un musicien à part entière.

Véritable live par excellence, Bodzin livrera une perfomance scénique impressionnante, en allant même jusqu’a monter a genoux sur le DJ booth au moment de jouer Phobos ou en utilisant un bâton lumineux pour mixer.
Galvanisés par les basses explosives et transportés, nous restons suspendus quand sonne les cinq heures, et quand Stephane Bodzin cède les platines à la relève…

5h : Dominik Eulberg sans sa nature

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Pourtant très attendu, il était difficile pour le jeune DJ allemand de faire mieux que son mentor qui avait déjà plus que conquis la foule. Mais tant qu’a faire, autant faire les choses bien : Dominik Eulberg, génie de la minimale et auteur du magnifique Diorama (Traum) en 2011 , viendra alors nous maintenir en extase en déployant des sons plus lourds que ce qu’on pouvait escompter.

Pas de track expérimentale samplant la faune et la flore ou de bruit d’oiseaux : Eulberg fera dans la simplicité d’une techno forte mais légèrement en dessous des espérances…

7h : Fin du voyage
Pouvait on finir la soirée sur une telle note ? Impossible. Avant que les lumières ne s’allument sur le Showcase, Eulberg conclut par une track sublime, invitation au voyage, mais surtout la preuve qu’il n’aura pas dit son dernier mot.

Ca y est : la musique s’arrête, les oreilles sont encore vibrantes, et la lumière du jour nous éclaire au dehors. Les derniers survivants à la vague Herzblut rejoignent peu à peu la sortie avec qu’une seule envie : continuer à vibrer pour la techno !
Mais après deux jours de vie nocturne, il est temps pour vos Delighters de se reposer et de profiter d’un dimanche au calme !

Merci la Herzblut, et merci au Showcase pour cette soirée exceptionnelle.