Ce sera le dernier titre signé Max_M. Le boss de M_REC est mort fin mai. Son EP avec Wrong Assessment serait la bande originale de notre requiem. Prévu le 3 juillet, il s’ajoute à la release d’un ragazzo aussi talentueux, Luigi Tozzi. Chronique de deux sorties fascinantes. Made in Italy.

Voilà un petit moment qu’on vous alerte. La production italienne est un écrin. Elle révèle de jeunes garçons impressionnants, chapeautés par des maisons de disques discrètes, à taille humaine. Donato Dozzy, son projet avec Neel sous Voices From The Lake, Dino Sabatini, Ascion ou Giorgio Gigli ont déjà un nom en Europe. Derrière ces têtes reconnues (et encore, si seulement elles l’étaient à leur juste valeur…), une génération s’avance prudemment, qui ne produit pas à la va-vite. Elle prend son temps, un gage de qualité. Wrong Assessment, Bruno Sacco, Claudio PRC, Ness, Fabrizio Lapiana, Luigi Tozzi. La plupart ont créé leur maison de disques, à Milan, Rome ou en Sardaigne. Ils travaillent en studio depuis longtemps, mais se révèle sur le tard. Deux releases nous ont encore passionné ces jours-ci.

Luigi Tozzi, la patte latine

Luigi Tozzi vient de sortir Calipso chez Outis Music, le label de Sabatini. Il a une trentaine d’année, l’âge de la retraite pour les footeux. Mais il ne produit que depuis peu. Avec Calipso, Ambrosia et Nostos, titres latins qui évoquent son environnement romain, Luigi Tozzi révèle trois tracks pétillantes, progressives. Nappées sans excès. Juste ce qu’il faut pour que les basses et la mélodie soient justement mises en valeur. On retrouve l’influence italienne des producteurs cités plus haut, produits chez M_REC, Prologue ou Semantica.

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Pas un raté, tout est régi à la perfection. Dino Sabatini s’est offert un remix de Nostos, où les volutes de synthés s’imposent davantage. Un titre planant, plus doux. C’est une réussite. Et on est bien déçu de vous laisser ici avec deux minutes à peine de snippet…

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Max_M et Wrong Assessment, à bout de souffle

Max_M, balayé par un cancer foudroyant il y a un mois, avait fait de Wrong Assessment son protégé chez M_REC. Tous les deux, ils avaient lancé le projet Overal Severity que nous avions chroniqué en décembre dernier. Avec 1004 faces A et B, Max_M publie un EP posthume en compagnie de Wrong Assessment. On ne peut s’empêcher de l’écouter comme un requiem.

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Pour l’instant, la sortie n’est prévue qu’en vinyle, et les extraits nous laisse imaginer un scandale musical. Toujours une place énorme laissée à la mélodie, ici plus bruyante que jamais. Heureuse. Le genre de titre qui vous bouscule en club tant il transpire d’émotion. On ne sait pas si Max_M l’a travaillé en sachant qu’il allait mourir. Si c’est le cas, le message de 1004A est un formidable cri d’espérance. On ne lit pas de la même manière un livre posthume lâché derrière lui par un écrivain. De la même manière, l’émotion d’un track post-mortem est particulière. Elle l’est d’autant plus quand c’est une réussite. La face B est plus torturée et vient mordre les terres de la musique ambient. 1004B est plus contemplative, éclaboussée par les drums. Un son minéral, à la Voices From The Lake ou Jeff Mills.

Encore une fois, rendons hommage à Max_M. un type qui s’est jamais mis sous les projos. A préféré l’ombre à la lumière. Combien de ragazzi peuvent lui dire merci ? Eblouis par son travail chez M_REC, égarés parmi les formidables productions de la scène italienne, dégoutés par son destin, nous disons aussi :

Grazie Max Magrini.

max-m