COMPILATION – Les terres de Polaar ne sauraient se résumer à quelques lieux, ici et là, tant le spectre de leur production s’étend. Des clubs de Londres, jusque dans les banlieues de Durban, on reconnait ici tout un panel de couleurs même si une certaine cohérence ressort du tout. Après une année forte de plus de 9 sorties toutes aussi diverses que leur roster, ils reviennent pour une compilation de remixes, histoire de clore leur année sur un dialogue entre certains de leurs artistes. Regards…


On entre dans cette compilation sans vraiment savoir où l’on va. Le label « obsédé de batteries brutes et d’atmosphères cinématographiques » a toujours joué la carte d’un label protéiforme allant jouer là où l’on ne l’attendait pas. Cette fois, ce sont des remixes et un VIP mix, un grand tour de table . Tout d’abord c’est la boss Flore qui ouvre sur un remix de Dirt de Only Low, sortie en mai 2016 sur le label. Le morceau de base se réverbérait à l’infini dans une sorte de cave où des cérémonies païennes auraient trouvé refuge, tandis que Flore choisit de dévêtir quelque peu le morceau se focalisant sur les drums et une construction plus délicate et certainement plus club. Ensuite c’est une hybride GQOM / Uk Bass qui apparait, Keito aux manettes. Le morceau originel de Tim Karbon (Aziz Lumière), naviguait plutôt de l’autre côté de l’Atlantique quand celui ci reprend les bas(e)s du son emblématique d’Afrique du Sud.

Toutes les références au catalogue sont sur le bandcamp du label 😉

On retourne ensuite dans l’atmosphère pesante du Bougainvillea de Only Now qui choisit un retour sur l’île plus qu’oppressant avec des basses et des percussions toujours très caverneuses. Il réussit à rendre infini un espace clôt. Après on ferme les yeux pour la Réalité Alternative de Nasty J réinventé par Tim Karbon. Des percus joyeuses se confrontent ici à des pads lancinants et angoissants. La joyeuse tristesse.

Sorti en 2015, SNKLS ressort Isandula de ses archives pour un VIP mix endiablé. Le résultat, un échange entre footwork et bass techno durant quatre minutes. Quatre minutes de pure énergie, envoyant notre esprit et nos oreilles ici et là, alternant entre sons étouffés et pads et stabs scintillants et trébuchants. Enfin Prettybwoy sort un remix très club music Paradoxe Club compatible vers le milieu hyper percutant, allant récupérer les parties les plus dansantes d’un son plutôt orienté « sound-design – ambient bass ».

Une compilation en somme donc hyper cohérente et travaillé, allant exprimer un peu de tout l’ADN de Polaar. A télécharger très vite ! Dès le 4 décembre : ici.