Aujourd’hui, et comme depuis quelques temps sur Delighted, nous tendons à démontrer les mariages et l’influence des musiques électroniques avec et sur des disciplines qui, initialement, ne pourraient se marier.

Après vous avoir annoncé précédemment le mariage entre techno et TV, j’explore aujourd’hui pour vous les fiançailles entre techno, écologie et cinéma.
Ou quand un micro milieu (comprenez ici la techno) rend service et montre son interdépendance à une cause macro (la Nature, avec un grand N).

Commençons ce post par un brin de théorie, qui sera la trame de cet article.
Développement durable. Galvaudé, réutilisé par divers milieux, ce terme est pourtant l’essence même d’un DJ que certains, ou plutôt beaucoup d’entre vous, connaissent.

Considéré comme « l’ornithologue raveur du WesterWald« , Dominik Eulberg est un fervent défenseur de la nature, dans sa globalité.
Garde forestier dans certains parcs allemands, ce DJ qui a réussi à se bâtir son univers unique est avant toute chose un grand amoureux de la nature.
Puisant dans cette même nature les sons qui constituent ses productions (après les avoir préalablement samplés), il en crée une techno ambiante, voire sensorielle, confectionnée dans son studio tout en bois, niché dans la forêt.
Insectes, éléments, oiseaux (dont ils tirent de leurs sons quelques mélodies très travaillées), chaque bribe qu’il extrait entre dans la composition de mélodies aux sonorités presque mystiques, comme celle ci dessous.

Depuis son album Diorama, Eulberg s’investit donc dans la restitution du son naturel, comme un contrepied aux sons électroniques dont nos tympans se prélassent.

C’est pour cela que la réalisatrice canadienne Su Rynard s’est rapprochée de Dominik Eulberg, pour son projet SongbirdSOS.
Partant d’un constat simple, selon lequel les oiseaux qu’elle avait l’habitude de voir et d’entendre tendaient à disparaître, la réalisatrice a tourné et co-produit par Film à Cinq, une compagnie canadienne, et Arte, un documentaire qui verra le jour en automne 2014.
Voici d’ores et déjà le trailer, afin de vous donner une première impression de ce projet :

Fruit d’un travail de plus de deux ans, ce documentaire, inspiré d’un ouvrage de Bridget Stutchbury (Silence of the Songbirds) suit les flux migratoires des oiseaux du nord au sud, des milieux tropicaux jusqu’aux milieux urbains.
Un constat engagé et objectif qui conduit la réalisatrice à tourner dans plusieurs régions du monde : Costa Rica, Turquie, Pays-Bas, et Allemagne.

westerburgEt c’est lors de son étape en Allemagne que Rynard fait la rencontre du garde forestier particulier que nous connaissons.
C’est en tant que « gardien de la forêt » qu’il l’accompagne, dans un premier temps, pour une séance d’observation des oiseaux, et un recensement des espèces présentes et disparues.

Vient ensuite le moment où Eulberg quitte son uniforme pour enfiler celui de compositeur.
Selon lui, l’existence d’un lien entre l’homme et l’oiseau est intemporel. eulberg
Depuis la mythologie, où l’homme essaya de voler, jusqu’à aujourd’hui, où l’on analyse encore pourquoi l’homme se rêve à voler, une fascination pour l’oiseau existe.
Eulberg retranscrit cette fascination dans sa musique, probablement pour nous permettre cet envol.
Et via ces productions, qu’il fait écouter à la réalisatrice tout d’abord dans son studio, puis en soirée, Eulberg défend sa thèse selon laquelle « la Nature est le plus simple chemin vers la joie« .

Pourrait on alors considérer que les compositions d’Eulberg, et plus globalement les musiques électroniques, peuvent être considérées comme un message aux générations futures? Une sorte de diaporama de l’état naturel, adressée à nous, génération actuelle, mais aussi aux futures?
Si la disparition des songbirds venait à se confirmer, Diorama et les productions « Eulbergiennes » prendraient alors une dimension presque environnementale.

En guise de conclusion, si vous voulez creuser le sujet SongBird SOS, un site existe, pour vous informer, et vous tenir au courant de la sortie du documentaire : http://songbirdsos.com/