Adeptes de gros son, de sonorités ténébreuses et violentes, exultez : Sleeparchive continue son combo de releases stratosphériques avec un nouvel EP, Windows, propulsé par les remixes d’un ténor de la Techno : Oscar Mulero.

Qu’il est bon de voir un producer aimé être prolifique, et sortir EP après EP pendant toute l’année…
Après une release chez nos amis MORD, efficace, classique, mais valant évidemment l’écoute, c’est cette fois sous l’égide du titan espagnol Oscar Mulero (et son label Warm UP Recordings) que Sleeparchive se fait entendre depuis quelques jours. Cette nouvelle release, composée de deux tracks originaux : Window 057 et Window 092, nous emmène loin. Très loin. En plus de ces deux tracks, nous découvrons également deux remixes du patron, Mulero en personne.

Les présentations sont faites, le ton est donné : commençons alors à rentrer dans l’univers « Sleeparchive »…

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Le Label MORD, mené par Bas Mooy, est définitivement le meilleur label de la galaxie techno vénère.
Un régal pour les sens et les oreilles.

Sleeparchive n’a rien d’un stéréotype du producer berlinois. Depuis plus de dix ans, il répand discrètement des œuvres percutantes, certes, mais aussi remplies d’une science de la techno parfaite, risquée, précise, qui tabasse tout en vous laissant apprécier une vraie structure, une ambiance. En bref, une forme d’énergie contrôlée, mais toujours capable de vous bouleverser.

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Fifth Station, un des bangers les plus massifs de Sleeparchive.
Une secret weapons dingue que tout DJ de techno devrait avoir sous la main.

Parcourons alors le monde de cette nouvelle release de l’artiste au format EP, baptisée Windows :

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Window 057 tout d’abord, nous plonge dans un monde brutal de lignes de synthé/basses grasses, portées par un kick lourd perdu dans un tumulte de cymbales en fil rouge. On traverse la stratosphère, porté par cette même basse profonde et brûlante, nerveuse et grésillante.

En miroir, la version de Mulero du track semble plus épurée, sans la tourmente de cymbales. Mais c’est pour mieux donner place aux lignes d’arpèges mentales, rythmées, emportant dans un univers d’une implacable beauté. C’est aussi pour donner vie à une structure galopante qui rappelle le Bwiti Initiate de Phase. Atmosphérique, condensé d’énergie en perpétuel mouvement, le track prend toute sa mesure dans sa structure en montées et descente, en boucles où la musique semble prendre une forme vivante, animée, mouvante. Les kicks sont parfaitement à leur place, tombant comme une pluie de météores et de flammes. La vie, le chaos, la force. Quelle techno…

Avis personnel, la version remixée envoie une énergie plus épurée, plus efficace.
Un must-have dans un set qui envoie.

Window 092, ensuite, nous est proposé en second track de l’EP. La plongée continue, cette fois au sens figuratif du terme, car la piste adopte des instruments et formes d’ondes à l’organicité liquide (allez-y, pensez à Drexciya). Un kick plus étouffé et lourd, dont le flow est soutenu par une séquence de bleeps et de bubbles troublante, pourrait déconforter celles et ceux qui attendraient une ligne de basse classique. La basse, elle, s’entend finalement loin, dans le fin fond des ondes sonores remontant en surface. Alors qu’on se laisse porter par ce premier mouvement, une onde de distorsion vient s’ajouter au flot du track, et créer un désordre, une froideur tranchante, comme un retour à la surface, au bruit.

La piste remixée, encore une fois, nous sort de l’expérimental pour être clinique, « dance-floor-friendly ». Elle tabasse cliniquement. Elle relègue alors au second plan les bulles pour donner toute liberté d’action à la séquence en distorsion. Bien plus dansante, donc, elle s’intégrera peut être plus facilement à un set que sa version originale très connotée.

Finalement, nous avons alors une release miroir, où l’expérimental brut de Sleeparchive rencontre systématiquement l’expertise d’un deejay d’expérience, Mulero, prompt à remodeler les tracks pour en extirper la dimension festive, sobre, épurée.

Cette release sortie le 6 Juillet ne sera pas LA release qu’on retiendra de notre cher Sleeparchive, mais mérite amplement le détour. En collaboration avec un des DJ/producer les plus influents du monde, on réalise à quel point il serait dément de ne pas estimer le berlinois à sa juste valeur. Recommandé à Trésor par Jeff Mills (du moins, c’est ce qui se dit), Sleeparchive est une référence incontournable de la Techno qu’on aime : celle capable de vous mener aux plus profond des abysses et de vous faire contempler toute la splendeur de la musique électronique.