INTERVIEW – Serge Gainsbourg, serait-il le premier représentant de la French Touch ? Une vraie question où six piliers de la musique électronique ont pu répondre à travers un podcast. Aussi enrichissant qu’intéressant, Gainsbourg, l’héritage électronique retrace le parcours musical de cet artiste emblématique. Réalisé par Antoine Molkhou et produit par Warner Chappell & GUM, nous avons souhaité rencontrer Antoine, afin d’en savoir davantage sur ce beau projet.


FLORA : Salut Antoine ! Tout d’abord un grand merci à toi, de prendre le temps de nous répondre. Peux-tu nous présenter ton projet en quelques mots, nous expliquer l’objectif…

ANTOINE : Merci à vous de montrer de l’intérêt à ce podcast. L’objectif était simple, montrer que l’influence de Gainsbourg est encore plus large que ce que l’on imaginait déjà et que la scène électronique n’avait pas échappé à son empreinte. Ca m’amusait d’autant plus que c’est un genre qu’on oublie souvent et ça rendait le challenge d’autant plus intéressant.

F : Comment as-tu imaginé le podcast ? Est-ce la première fois que tu en réalisais un ?

A : Pour être honnête l’idée originale n’est pas de moi, elle est d’Alexandre Many le boss de la synchro chez Warner Chappell, il m’a téléphoné il y a quelques mois avec cette idée en tête que nous avons affinée ensemble, j’ai crée ensuite une trame pour essayer d’avoir un fil conducteur visible et le plus pertinent possible.


Ça n’était pas ma première expérience de podcast, j’avais déjà fait Technopolis avec Julien Veniel, 9 épisodes sur la vie des DJ sur Arte radio. Le projet sur Gainsbourg était différent sur bien des aspects et le nombre important d’intervenants compliquait parfois pas mal les choses mais j’ai été très aidé par GUM et par Warner Chappell qui produisaient ce programme, ils ont tout mis en œuvre en terme de technique et de logistique pour qu’on puisse avoir un résultat à la hauteur de nos espérances.

F : À quel moment as-tu fait un lien entre Serge Gainsbourg et la musique électronique ? Comment t’es venu à l’esprit ce parallèle entre l’artiste et le style musical ?

A : Le lien avait été fait avant nous par d’autres artistes comme Jean-Michel Jarre ou AIR qui revendiquent déjà une certaine filiation avec Gainsbourg et je crois que quand on écoute un album comme Love on the Beat le lien saute bien plus clairement aux yeux.
Après je préfère laisser la réponse au podcast dans lequel vous apprendrez pas mal de choses comme par exemple sur les machines utilisées pour faire cet album et vous verrez qu’on est très proche de ce qu’utilisent les producteurs de House et de Techno.

F : Pourquoi penses-tu que Gainsbourg est en quelque sorte le représentant de la musique électronique en France, notamment de la French Touch ?

A : On est plutôt parti de ce postulat un peu comme leitmotiv du projet et en écoutant les acteurs du podcast on s’est rendu compte que c’était loin d’être idiot. Gainsbourg avait ouvert la voie, sa musique a dépassé nos frontières, il avait un son à lui, il a initié un art du sampling un truc unique, une attitude, un style vestimentaire quelque chose de français et de singulier comme l’ont eu ensuite les Daft, Bob Sinclar, Dj Gregory, Dimitri From Paris et d’autres représentants du mouvement qu’on a appelé la « French Touch ».

F : Comment as-tu sélectionné les artistes ayant participé au podcast ? Avais-tu des “critères” de sélection ?

A : On avait une liste de gens auxquels on a pensé tout de suite, tous n’étaient pas disponibles ou même attirés par le projet et on était donc hyper fier du casting final. Bob Sinclar, Chloé, Jacques, Flabaire, Vitalic ou Yelle, ils ont tous finalement quelque chose en commun avec Gainsbourg et notamment un vrai goût pour la balade des genres dont Gainsbourg était le roi.

Ils avaient tous plein de choses à dire le concernant, des influences, des anecdotes, des remix, une méthode de travail, des collaborations communes ou même des histoires de famille qui montraient un lien fort entre Gainsbourg et eux. C’était super de mélanger les générations, de parler Techno, poésie et muses avec Vitalic, d’Alain Chamfort et de Marimba avec Chloé ou de sampling et de Jamaïque avec Bob Sinclar… Je m’arrête la parce qu’il y a plein d’autres choses à découvrir dans ces 4 épisodes et que je suis tenté de tout raconter !

F : Comptes-tu produire d’autres séries de podcast de ce type ?

A : J’ai plein d’autres projets de podcast et pas uniquement sur la musique, j’aime beaucoup ce format même s’ il prend beaucoup de temps à réaliser. J’espère aussi reprendre vite le cœur de mon boulot qui est la direction artistique du Rex Club ça fait maintenant un an qu’on est à l’arrêt et ça devient très très long.

F : Que penses-tu, toi, de l’influence musicale de Serge Gainsbourg sur la musique électronique française ?

A : Gainsbourg est passé par tellement de styles, c’est comme s’il avait eu de grandes tentacules pour toucher à tout et la musique électronique ne lui a pas échappé même si on aurait pu l’oublier et je crois que ça aurait été dommage de passer à côté de cet héritage. Son influence, avant de bosser sur ce projet, j’en ignorais la profondeur et la portée mais je n’ai pas été déçu et j’espère que vous non plus !

F : Quelle est ta musique / ton album favori de cet artiste ?

A : Grâce ce podcast j’ai pu me replonger dans sa discographie qui est aussi immense que variée, grâce à nos invités j’ai redécouvert des choses, bien sûr comme pour beaucoup d’entre nous Melody Nelson reste une référence absolue. J’ai beaucoup aimé me balader dans son œuvre, réécouter le “Poinçonneur des Lilas”, “Mon Légionnaire” ou “Aux armes et Caetera” découvrir l’album Percussions, admirer son sens du spoken word dans “L’homme à tête de choux” et par exemple un titre comme “Black Trombone” que j’avais complètement oublié est de nouveau très présent dans les playlists qui hantent mes journées.


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GUM : Facebook, Instagram 🎨 Capucine Mattiusi