ALBUM – On s’était quittés sur la découverte des territoires de POLAAR, succincte compilation de remixes menée d’une oreille de maître par les réguliers du label lyonnais. Deux mois après, on reçoit l’album Rituals de la dj et label boss Flore. Sortant de toutes zones de confort que représente le club pour beaucoup de producteurs, elle nous tient par la main vers une salle de cinéma, avec des milliers d’extraits à nous montrer. Le résultat est une projection de séquences Sci-Fi, d’aventure et de films d’explorateurs.


On y entre comme dans un grand hall, celui d’un temple, il y a une impression d’être enfermé, l’endroit n’a pas tellement d’écho car on suppose que Flore a déjà en tête là où elle veut nous emmener. Aether est une sorte de tribal bass techno tout en délicatesse et en lenteur. Là, on rencontre une femme, semblant bugger, nous répétant inlassablement le même mantra, se distordant dans des motifs tantôt jungle, tantôt juke – Coded Language -.

Puis, toujours dans la thématique cinéma, s’engage une course poursuite techno-ish aux sonorités punkEvidence -, suivi de près par un long pad nous rappelant un hybride entre Ianis Xenakis et les soundscapes de Vangelis dans Blade Runner (le premier). Le résultat semble sorti d’un autre film, ou d’une suite Sci-Fi, on entend là planer un vaisseau spatial – peut être au dessus de la verrière du temple – c’est l’élément perturbateur de son schéma narratif. Le vaisseau gronde puis se met en chasse, les protagonistes atteignent alors – Numen – un endroit où le fuir, on y entend des créatures extraordinaires, quelques cris, les râles d’autochtones, peut être un marais ou tout du moins quelque chose comme la planète des Ewoks. On retrouve ici Flore, un des fers de lance d’une certaine bass music « technoïde » et tribale, toujours mise en avant via son label Polaar.

Dans PSYPKHE Part3, on retourne dans un vortex, toujours avec ce même soin sur la narration, l’album entier s’écoute les yeux fermés d’ailleurs et l’on voit tous nos films et séries d’enfance – Star Wars, Indiana Jones parfois ou Stranger Things même – et c’est là toute la force de cette album, le souvenir, le sound design et donc le clin d’oeil, tout nous guide dans des références cinématographiques assez explicites. Et pourtant, c’est un explicite ouvert où chacun irait trouver son propre morceau de film.

un album nous envoyant aux confins de l’univers de Flore, entre sound design, musique de films et motifs tribaux.

Même si on la retrouve sur ces terres dans Sigui So, A Thousand Years et Congos, elle nous renvoie une dernière fois à la place qu’elle nous donne en temps que spectateur-auditeur avec You Where Here, des pads sublimes dotés de touches étincelantes, on y était entré avec fracas, on en sort avec douceur, c’est la fin d’un bon film – très bon même – où l’on sort les jambes engourdies, et le souffle lent.

Pour finir, un album nous envoyant aux confins de l’univers de Flore, entre sound design, musique de films et motifs tribaux. On aime voir les artistes sortir de leur zone de confort pour aller livrer des choses parfois désarçonnantes mais si excitantes. L’album sortira par ailleurs sur le bandcamp de POLAAR le 7 Avril 2020, puis via Kiss Kiss Bank Bank en vinyle !