Cap sur le Brésil aujourd’hui, avec la découverte, pour ceux qui ne le connaissent pas, de Renato Cohen.
Renato n’est que trop peu connu en France, et en Europe, mais les producteurs et labels déjà bien pointus se sont penchés sur lui…
Chris Liebing, via CLR, Technasia via Technasia Records, ou encore Adam Beyer, via Drumcode, ont pu le produire, et avec brio. Son EP Pontaponté, publié en 2013 chez Drumcode est notamment celui qui lui aura ouvert les portes de l’Europe.
Rejoué à l’occasion de nombreux sets, Renato nous montre, en un peu plus de 6 minutes, l’étendue de son art, à la sauce suédoise :

Même si on a pu le voir à I Love Techno Genk, ou encore à Monegros, Renato excelle au Edge-D.
Pour les technophiles qui parcourent le globe, il s’agit d’un des clubs les plus importants de l’Amérique du Sud.
Le Berghain de São Paulo, si on peut dire, une sacrée touche de design en plus, jugez-en par vous même…

Dance Hall view toward the Bar; pink light

Mais revenons à son EP, qui présente deux tracks, chacun étant par la suite remisée.
Crash the Acid, qui ouvre l’EP, annonce un premier track plutôt souple. Un kick plutôt lancinant, quelques drums en sourdine : une ouverture qui annonce une lente danse.
Le track s’étoffe et des lignes de sons plus minimalistes, plus spatiales, s’ajoutent ensuite pour donner un peu de substance au tout. C’est donc un début tout en douceur pour cet EP, à la sauce brésilienne, que nous offre Cohen

Pour le remix, Renato a fait appel à un autre membre de la famille Drumcode : Luigi Madonna (dont on vous a souvent relaté les exploits ici)
Si la version originale venant du Brésil se voulait dansante, le remix italien se veut d’entrée plus oppressant. Le kick est bien plus diffus, plus gras, et occupe toute la place. Des vocals, plutôt distordues, s’ajoutent au track pour nous perdre dans des méandres du cerveau de Madonna, puis… l’apparition des drums changent profondément la physionomie du track. Il est désormais plus techno, plus péchu. Les lignes de sons s’ajoutent elles aussi pour donner un bon équilibre entre dansant (venant des drums) et techno (supporté par les basses)

L’autre track, Tuff Guitar, représente pour moi la meilleure (ou en tout cas ma préférée) partie de l’EP.
Fans de Jimmy Hendrix, bienvenue : ici, c’est à croire que la pédale wawa a été utilisée pour bâtir le track. C’est un peu psychédélique, mais ça a le mérite d’apporter une certaine fraîcheur.
S’en suivent ensuite une suite de vocals (qu’on aura au préalable distordu à foison pour qu’elles résonnent dans vos tympans) et de petits hats, placés savamment pour relever le tout.
On passe ensuite à une phase plus minimale (qui semble être la patte de Renato Cohen), pour donner un aspect bien plus entêtant au track, et qui le fait donc passer de douce mélodie, à un joli petit track bien calibré.

Mais la jolie pépite se trouve dans le remix… C’est Roberto Capuano, un italien là aussi issu de l’école Drumcode qui s’y colle, et de bien belle façon.
Pour preuve, les premières secondes s’annoncent dantesques, avec un kick plus diffus, et des hats plus incisifs.
On retrouve, sur ces sept minutes, les éléments qui fondent la maison Drumcode : de lourdes nappes, martelées savamment, et des drums omniprésentes, qui donnent un côté plus qu’entraînant au résultat final.
C’est donc de la plus belle des manières que cet EP se conclut.