CHRONIQUE – 2018, on retrouvait les motifs élégants auxquels nous avait habitué un des jeunes patrons de la techno française, Rising reprenait les canons des Ostinatos – titre paru chez Token – sur un format long cours. L’Ostinato pour être concis, est un élément qui se répète, tout au long d’une l’oeuvre, pouvant être rythmique, harmonique ou mélodique. Antigone alors, nous prenait par la main dans les méandres de sa psyché, pour qu’au final nous même prenions part à ces hypnotiques balades. Mais après un détour dans le Trip de Nina Kraviz avec son DANCE, on avait déjà senti les prémices de quelque chose de plus brut, plus breaké, orienté vers le club, quelque chose de neuf dans sa musique.


C’est donc en ce tout début d’année 2020 qu’Antigone nous dévoile un nouveau projet, OSTINATO – le label cette fois – où dès la première écoute l’on sent un besoin de s’affranchir de sa musique et du paysage techno actuel. L’ensemble, pour ses inconditionnels, peut paraître foutraque mais il n’en est rien, la transformation initiée avec DANCE est bien assumée.

On commence sur Logic is Enemy et ses voix éthérées qui dès les rythmiques venues se brisent et se hachent dans un ensemble break / kick tout à fait façonner pour le dancefloor. E.D.M Buizness, ensuite, explore un hybride en trap et hard techno mené toujours par une voix hachée et toujours un gimmick mélodique – sur tout l’EP on en voit fendre – venant ponctuer, surligner, souligner les ensembles chimériques du producteur français.

Un autre qui aurait eu sa place dans une compilation de Trip, Gnam Gnam, moment de pure énergie ponctué par les élucubrations torturées et torsadées d’une voix d’homme, imitant alors les récits d’un chaman d’une tribu façon Jumanji. Enfin Make it Stop, énorme machine dont on entend les roulis, rouages et louanges de ses habitants dans d’hypnotiques mantras. La reverb semble nous décrire un espace bien plus grand que l’endroit auquel semble allouer ce morceau – un clubAntigone crée ici un endroit immense où viennent s’entremêler tous ses motifs.

Finalement, quand on entend un ensemble de quatre morceaux clubs, Antigone nous met plutôt dans les bottes d’un explorateur de ses mondes, une introduction habile à ce nouvel univers dans lequel sans nul doute, beaucoup iront s’y trouver la place qu’il cherche dans un paysage techno parfois devenu trop monotone.


Sortie déjà le 14 février 2020, don’t sleep and buy music.

Event : Ostinato presents: Bjarki & Antigone