VINYLE – En cette semaine de réouverture des terrasses – et alors que tous les espoirs sont permis d’avoir de beaux open-air dans quelques semaines – le timing nous a semblé parfait pour inviter le duo Tomasi dans ce troisième épisode de « Parole de Digger ». Ils avaient en effet organisé à la Rotonde Stalingrad, et avec le crew ItineraireBis dont ils sont membres, l’un des plus beaux events de l’été dernier lors de la fête de la musique. Tomasi ce sont les frères Victor et Théo, passionnés de musique électronique, DJ, producteurs et fins collectionneurs : ils nous livrent aujourd’hui leurs meilleures anecdotes de diggers.

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TF : C’est quoi le vinyle sur votre platine en ce moment ?

Tomasi (Théo) : Le vinyle du label anglais Pomme Frites Records traîne sur notre platine depuis plusieurs semaines. On écoute particulièrement le morceau de A/P et Husko qui s’appelle You. C’est un track plein d’énergie et une base disco qui m’évoque le déconfinement qui arrive et peut-être l’euphorie attendue. Je risque de la jouer à plusieurs reprises cet été donc je compte sur le petit frère pour me calmer une fois qu’on l’aura trop entendue.

TF : Est-ce que vous vous souvenez du tout premier vinyle que vous avez acheté ?

Tomasi (Victor) : Ahah mon premier vinyle c’était une belle affaire !  En 2018 je ne connaissais rien au monde du vinyle, j’avais quelques références mais je n’avais aucune idée des shops dans Paris. Je suis allé chez Cash Express (endroit insolite) pas loin de chez moi et je suis tombé sur une pochette un peu abîmée. Dessus était écrit « Acid » et « Trax ». Je me suis dit « si c’est moins de 10 balles j’achète ! » sur l’étiquette c’était marqué 0,50€. Bingo je l’ai pris ! Je me voyais déjà le jouer sur scène. Arrivé chez moi, je lance l’écoute, et là je m’aperçois qu’il s’agissait du Acid Trax Megamix Volume 1. En fait c’est un mix de 30 minutes Acid house fait par des DJ’s en 1988 ! De fait, c’est hyper intéressant mais impossible à jouer…

TF : Et quelle est votre dernière acquisition ?

Tomasi : Notre dernière acquisition c’est un MadHouse, que des remix de Kerri Chandler par des artistes qu’on adore (Henrik Schwarz, D’Julz, Kettama, Marquis Hawkes) c’est simple et pointu à la fois, un bon disque qui peut être joué au début comme au milieu d’une soirée.

TF : Plutôt Dig en shop, ou en ligne ? Et depuis combien de temps diggez-vous?

Tomasi : 100% dig en shop ! On a la chance de pouvoir chercher, manipuler les disques, les écouter et surtout échanger avec des gens pleins d’expériences qui savent mieux que toi ce que tu kiffes ! C’est un vrai plaisir. Ça fait 3-4 ans qu’on prend plaisir à fouiner dans les shops de Paris et d’ailleurs.

« Je me suis dit « si c’est moins de 10 balles j’achète ! » sur l’étiquette c’était marqué 0,50€. Bingo je l’ai pris !« 

TF : Quelle est l’anecdote la plus insolite sur une de vos pépites ? Parlez-nous de ce disque.

Tomasi (Victor) : On était dans un shop avec un ami DJ et on a fait la grave erreur d’écouter les disques de la même pile. C’étaient des vinyles d’occasion. On est tous les deux tombés amoureux d’un disque : “Jam Steady Vol. 9avec notamment un super remix de « Let Me Love You » de Bunny Mac par Lost Heroes. Malheureusement, il ne restait qu’une copie disponible dans le shop. Qui de nous deux avait le droit à cette copie ?  On a d’abord essayé de savoir qui le voulait le plus, mais rien à faire, on le kiffait vraiment tous les deux. Alors la décision s’est faite au Shi Fu Mi au milieu du shop pour savoir qui allait acheter cette pépite. Je l’ai remporté et profite aujourd’hui de ce disque, j’espère que ça ne lui est pas trop resté en travers de la gorge !

TF : Le disque dont vous ne vous séparerez jamais même si sa côte explose sur Discogs ?

Tomasi (Victor) : En réalité, on ne se séparerait d’aucun disque si sa cote explosait. Déjà parce que ça n’explose jamais bien haut (c’est rarissime qu’un vinyle qui valait 10 euros en vaille plus de 100 aujourd’hui) et parce qu’on achète de la musique pour ce qu’elle nous fait ressentir et les émotions qu’elle procure. L’argent est un moyen d’acheter des disques, mais les disques sont loin d’être un moyen pour avoir de l’argent (poésie ahah).  Pour répondre à votre question, le disque qui a la plus grosse valeur sentimentale ce serait évidemment Frappé « Jtekken 3 », sur lequel on a la chance d’avoir posé un son avec nos copains. Maintenant si on regarde un peu plus loin que le bout de notre nez, dans notre discothèque, il y a « Haŵs Party Vol. 2 ». C’est un bijou d’une grande douceur et extrêmement bien produit. Ce son de Harry Griffiths en intro ou closing c’est un moment hors du temps.

TF : Le disque le plus sous-côté que vous avez dans votre collec ?

Tomasi : C’est marrant parce que ce disque, on ne sait pas ce que c’est. Une pochette blanche, un macaron blanc et c’est tout, un white label. Si vous le reconnaissez surtout n’hésitez pas à nous contacter sur Instagram, on serait très heureux de parler musique. Voilà une petite vidéo du disque en question.

TF : Le disque que vous avez le plus cherché ? Le disque que vous cherchez encore ?

Tomasi (Théo) : Un des premiers morceaux de piano house que j’ai écouté s’appelle Mother Earth de Culture Pearls (1996) et je le cherche depuis deux ans maintenant. Parfois, il est disponible sur Discogs mais soit il est vite pris soit il est vendu à un prix trop élevé.

TF : Le disque d’un artiste que vous venez de découvrir ?

Tomasi (Théo) : Il s’agit des jeunes producteurs français THEOS & Denyl Brook qui ont sorti un son ensemble sur le nouvel EP de THEOS qui s’appelle « We Miss the Crowd » chez Shall Not Fade. Ces deux gars-là risquent d’être programmés sur pas mal de plateaux dans les prochains mois.

TF : Combien seriez-vous prêt à mettre pour un disque / A quelle occasion avez-vous le plus cassé votre tirelire pour un vinyle ?

Tomasi : Là-dessus on essaie de faire attention, pour des raisons très rationnelles. Si un disque nous touche on le prend mais s’il coûte le prix de 4 autres disques qui nous touchent autant, on préfère le laisser et en trouver d’autres. C’est pour cette raison qu’on n’a jamais dépensé plus de 30€ dans un disque. Pourtant dès qu’on fait une aprèm digging chez un disquaire on ne s’en sort jamais pour moins de 100€, c’est la fameuse maladie des DJs.

« Donc maintenant on évite d’aller digger quand on n’a pas les sous pour satisfaire notre boulimie musicale« 

TF : Parmi tous les DJs dont on voit les « vinyl walls » en ce moment, quelle collection vous fait le plus rêver et pourquoi ?

Tomasi : Nick V de la Mona est l’un des plus gros collectionneurs de vinyle de la capitale et c’est aussi à travers ses soirées et ses sets qu’on a pu en apprendre davantage sur la culture et la musique house au moment où l’on a débuté le duo.

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