Autant vous le dire, en ayant eu la nouvelle du passage de Pantha du Prince et de son projet « The bell laboratory » à la Cigale, nous ne savions pas à quoi nous attendre…
2,5 tonnes de cloches, de l’orgue, et des joueurs de carillons réunis autour d’un (grand) compositeur de musique électronique expérimentale, forcément, ça attise notre curiosité.
Mais le rendez vous était pris ce dimanche 17, à la Cigale, pour un live unique qui nous aura plus que surpris…. conquis!

19h30

A voir la queue qui se dessine devant la Cigale, nous n’étions pas seuls à être alléchés par le passage d’Hendrik Weber…
On prend vite place en balcon, pour pouvoir profiter de la belle salle qu’est la Cigale, et pour en prendre plein la vue.

Une scène masquée par un lourd rideau rouge… Et un ordinateur, accompagné d’une lourde console.
La première partie commence… Lawrence, comme un disciple de Pantha, arrive, pour nous livrer une première heure de son plutôt intéressante.

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Malgré des compositions assez linéaires au début, il nous livre une belle séquence minimale, après nous avoir plongé dans une gare nipponne et ses bruits environnants.

20h30

Lawrence, après cette belle prestation, s’efface.
Applaudissements de rigueur pour celui qui plante donc le décor de cette soirée : ce sera expérimental, ce sera unique…. et on salive d’avance.
Entracte.

Et le lourd rideau rouge dévoile donc la scène où Pantha du Prince, accompagné de 5 acolytes, tous vêtus tels des vrais carillonneurs (entendez par là lourd tablier long, et tunique blanche).
Une scène qui ressemble à un capharnaüm, de base, mais qui va se révéler être diablement organisée.
Mais attardons nous plutôt sur la musique.

Première surprise : les 6 personnages se présentent face à nous, silencieux.
Chacun deux carillons à la main, ils battent le temps, lui donnent une forme, une saveur…
D’un point de vue visuel, on se croirait devant les vitrines des Galeries Lafayette pendant les périodes de Noël. C’est « robotique », chacun récitant sa partition.
D’un point de vue musical, les premières interrogations s’élèvent… Mais où est on déjà?

Puis, chacun prend sa place derrière son « atelier », et les premiers accords s’échappent…. La foule présente en fosse exhulte, et les craintes qu’on avait au départ s’estompent : oui, la musique présentée est clairement unique, mais non, on aura aucun mal à se plonger dedans.
Les orgues, les carillons, les cloches, le tout résonne en choeur avec les impulsions électroniques distillées par Pantha, le tout soutenu par un batteur survolté.

Pour le moment, on est encore sous le « choc » de la découverte. Mais petit à petit, chacun commence à jouer en harmonie avec l’autre…

21h30

La magie est à son comble, Pantha du prince et les 5 musiciens nous offrent une découverte unique de leur nouvel album « Elements of Light« . Quelques rappels d’accords provenant de Black Noise, album qui avait propulsé Henrik dans les charts, ré-arrangé à la sauce « the bell laboratory ».
Et c’est grand, ça transporte, ça décoiffe, ça conquit, bref…. l’ensemble de la foule est sous le charme des 6 musiciens venus nous livrer une partition unique.

La preuve en sons et en images avec « Photon« , EP phare de l’album, une tuerie musicale en live :

22h

On semble approcher dangereusement d’une fin certaine, à en voir le xylophoniste au bord de l’épuisement, quand Pantha se présente en devant de scène, pour nous annoncer, dans la langue Shakespeare :
« Since we have no more music, we’re playing something you might know ».

Magie, acte 2 : les premiers accords qui sortent de ce groupe sont reconnaissables parmi beaucoup : oui, Pantha nous remet, à sa sauce, quelques tracks incontournables de Black Noise, avec en apothéose, « Lay in a Shimmer », qui restera probablement un des meilleurs moments de ce concert :

La salle bouillonne, ça acclame, ça crie (si, si, promis juré, certains devaient être proche de l’orgasme), que c’est bon de voir une telle communion!

Les cloches s’arrêtent… un premier salut, « refusé » par le public, qui « force » donc les artistes à revenir, et qui se décident alors à tout donner : Black Noise est revisité, en long, en large et en cloches, pour le plus grand bonheur de tous (et le malheur de ceux partis à la fin du premier salut… Pauvres pécheurs, vous avez manqué une belle partie!)

Ils ont l’air heureux, mais éreintés, lorsque les 6 se représentent à la foule pour un salut final, cette fois acclamé et soutenu par une standing ovation plus que méritée.
En tout cas, pour nous, la messe est dite : ce projet qu’a monté Pantha du Prince est une tuerie, un OVNI, qui mérite d’être écouté, mais aussi vu par tous !

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On avait eu la chance de voir Pantha l’an dernier à Bruxelles, où il nous avait livré un live d’anthologie, mais celui défendu par son projet « the bell laboratory » est une simple tuerie… Si jamais vous le revoyez passer, n’hésitez pas une seconde, foi de Delighter, vous ne serez pas déçus!
Et pour ceux qui aiment ce genre de prestation, dans des endroits toujours aussi beaux, un conseil, suivez vite Mercredi Production, qui après nous avoir transporté dans l’univers de Rone il y a quelques semaines, au Trianon, nous a offert donc une belle grand messe à la Cigale… et il se murmure qu’ils nous concoctent un nouveau rendez vous, début avril… Stay tuned !