La Concrete du 6 octobre 2013 a montré une nouvelle fois que la (belle) techno est une épreuve de force et représente entre autre, le dépassement physique de soi. Celui du mental également. J’entends par là le rejet de toutes pensées, en partant du principe que l’instinct et le moment présent ont plus de valeur que le reste. Même inconsciemment, si la majorité de l’audience est dans ce même délire, c’est gagné. C’est l’heure de planter des clous avec les talons, à tout-va ! Pas le temps de palabrer de manière empirique, les apéros sont là pour ça. Qui plus est, une tour de Funktion-One indique sans astreinte l’usage d’un cadenas buccal et l’affichage d’un sourire impérial. Bref, ce qu’il faut retenir, c’est que la bonne musique est juste un outil qui, aussi puissant soit-il, permet de capturer ce que j’évoque précédemment, à savoir : le meilleur de nous-même. La techno n’est qu’un stimulant parmi d’autres pour ceux qui veulent bien la comprendre.

Pour rebondir sur le sujet, je vous présente Breakdown. Une vertueuse release de la part de Caduceus, frais et épatant label engagé dans la spiritualité musicale. À l’origine de cet EP au format coutumier « deux compos – deux remixes », se trouve l’allemand Oliver Deutschmann. Après le succès de son album Out Of The Dark très bien accueilli par nos oreilles en quête d’envoûtement crépusculaire, le résident de la deuxième cathédrale de Berlin nous balance de quoi embellir du monde. Entre l’acid line que l’on se prend de plein fouet sur le titre éponyme et la sécheresse du clap-kick dans Braineater, tous deux agrémentés avec brio, on obtient deux doses idéalement proportionnées d’éléments agencés sans équivoque. Quant au remix de Steve Rachmad, je lui colle l’étiquette du tremblement de terre sans danger. Une ligne de basse raffinée comme telle ne laisse aucun résidu pour les pavillons auriculaires. Elle nous bouscule pour chatouiller le cœur, voilà tout. Ma nouvelle favorite pour finir : Le patron LAD propose une version quasi-originale à l’écoute. Celle-ci nous lobotomise lentement à l’aide d’une densification progressive qui respire de plus en plus l’harmonie au fil des secondes. Toujours sans danger donc, avec juste ce qu’il faut pour booster une Jeanne Calment sous sédatif…

En conclusion, je vous donne rendez-vous le 15 octobre pour se procurer l’intégralité de cette coquette démolition mentale. De plus, surveillez votre agenda de nuitées parisiennes car monsieur Deutschmann passe deux fois par la capitale avant la fin de l’année.

Bonne écoute. Et n’oubliez pas de vous brosser les dents au moins deux fois par jour.

The29novBONUS :