RENCONTRE – Depuis 2013, l’agence Rotary soutien corps et âme la scène électronique. Un combat mené tapis dans l’ombre pour défendre les droits des artistes et labels français indépendants, Rotary prend aujourd’hui la parole. Rencontre avec une équipe de déterminés, qui nous donne l’envie de devenir artiste voire même monter un label rien que pour qu’ils gèrent nos droits.


FLORA : Tout d’abord, un grand merci à vous de prendre le temps de répondre à nos questions. Pouvez-vous nous présenter en quelques mots l’agence Rotary, nous expliquer son objectif ?

LA TEAM ROTARY : Merci à vous de nous donner l’opportunité de nous exprimer !
Rotary est une agence de services dédiée à accompagner des artistes et labels dans la gestion de leur carrière et/ou de leur entreprise. Après près de 10 ans à travailler dans cette industrie en tant que DJs, patrons de labels, organisateurs d’événement, manageurs et éditeurs, on a à peu près fait le tour de l’ensemble des métiers de la filière. L’objectif est donc de mettre notre expérience au service d’artistes et s’adapter à leurs besoins : gestion de leurs droits, développement de leur carrière, gestion de leurs labels, mise en relation avec des labels sur lesquels sortir, demande de subventions, négociation de contrats, production d’événements, composition de musique pour l’image… Je crois que les seules choses que nous ne faisons pas c’est de la distribution et du booking !

F : Depuis combien de temps l’agence Rotary existe-elle ?

R : L’agence a été créée en 2015, mais dès 2013 nous avions déjà commencé à faire de la gestion de droits / monétisation sur YouTube pour un certain nombre de labels comme Pressure Traxx, Construct Re-form, Aeternum Music ou encore Moment (le label du Roumain Barac).

F : Comment est venue l’idée de créer cette agence ?

R : La genèse du projet remonte à 2012, lorsque nous avons créé la start-up TraxAir. On développait des technologies de reconnaissance musicale, du type Shazam, pour aider les sociétés de gestion de droits d’auteurs à travers le monde à mieux identifier quelles œuvres sont diffusées dans les clubs et festivals underground et donc répartir les sommes collectées dans ces lieux aux artistes véritablement diffusés dans ces événements. Cette belle aventure nous a amenés à participer à des panels de discussions très intéressants comme au MIDEM, à L’Amterdam Dance Event ou encore au Ibiza Music Summit où l’on a pu présenter le projet à Richie Hawtin.

Mais on s’est également rendu compte que la racine du problème était que la grande majorité des artistes « underground » n’étaient tout simplement pas inscrits dans ces sociétés. Et si vous n’êtes pas inscrits, vous ne pouvez tout simplement pas récupérer de droits. Pire, vous n’êtes même pas légalement considérés auprès des organismes de gestion comme compositeur de vos œuvres. On a donc pris le problème dans l’autre sens et au lieu de vouloir changer le système, on a mis nos connaissances acquises au service des artistes de notre entourage et commencé à gérer leurs droits.

F : Quelles sont vos principales missions ?

R : Je dirais que notre mission principale est de permettre aux artistes de se concentrer sur leur musique pendant qu’on s’occupe du reste !

F : Gérez-vous les droits des artistes/labels seulement pour des événements en France ou également à l’international ? Par exemple, si Mézigue fait un set à Bogota, comment cela fonctionne-il ?

R : Nous collectons les droits d’auteurs de nos artistes dans plus de 30 pays en Europe, Asie, Océanie, Amérique du Nord et du Sud. Notre rôle en tant qu’éditeur est de faire en sorte que les œuvres soient déposées dans les plus importantes sociétés de droits d’auteurs à travers le monde et aller chercher le moindre centime lié aux diffusions dans ces pays sur internet, à la TV, radio et dans les salles de concerts, clubs et festivals. Si un artiste s’inscrit à la SACEM et dépose ses œuvres sans éditeur, les droits générés par les diffusions en France seront correctement reversés mais pour ce qui est de l’étranger, vous vous reposez sur la SACEM, qui compte près de 200,000 membres et plus de 2 millions d’œuvres déposées par an, pour aller réclamer les droits auprès de ses homologues à travers le monde… Ce qui est bien entendu mission impossible !

Lorsque Mézigue fait un set à Bogota, nous envoyons à notre sous-éditeur en Colombie les informations liées à sa prestation (date, lieu, durée du set et tracklist) qui va aller déclarer la date auprès de la SAYCO (la SACEM locale) et collecter les droits en direct avant de nous les rapatrier. Un processus qui peut néanmoins prendre de longs mois, voire des années parfois. La patience est une qualité nécessaire lorsque l’on fait ce métier et c’est ce que nous disons clairement à tous les artistes qui nous rejoignent : la machine met du temps à se mettre en route et il faut souvent 1 à 2 ans avant de commencer à toucher des montants conséquents.

La qualité a toujours primé sur la quantité dans notre façon de travailler. Et on avait surtout envie de collaborer avec des artistes dont on admire le travail, qui produise de la musique qui nous parle et qu’on a envie de défendre.

Rotary Team

F : Comment procédez-vous, est-ce l’artiste/label qui vient à vous ou vous à eux ?

R : Depuis la création de l’agence nous n’avons pratiquement jamais démarché des artistes ou labels. Tout s’est fait très progressivement, organiquement. C’est d’ailleurs la première fois que nous parlons de notre travail dans les médias ! La scène étant petite, le bouche à oreille s’est fait rapidement, d’autant plus que nous étions quasiment les seuls en Europe à effectuer ce travail pour les artistes émergents de musique électronique. Et étant une petite structure au début nous ne voulions pas prendre trop d’artistes pour ne pas être débordés. La qualité a toujours primé sur la quantité dans notre façon de travailler. Et on avait surtout envie de collaborer avec des artistes dont on admire le travail, qui produise de la musique qui nous parle et qu’on a envie de défendre.

F : Pouvez-vous nous citer les artistes et labels actuellement sous votre aile ?

R : Nous travaillons avec plus de 50 artistes et une dizaine de labels et je vais tous vous les citer presqu’ils sont tous aussi importants pour nous les uns que les autres :
Amandra / Ark / AWB / Baccus / Basswell / Ben Neville / Birth Of Frequency / Blame The Mono / Blicz / Bruno Pronsato / Cesar Merveille / Charonne / Dandy Jack / Dave Aju / Delaj / Flabaire / Gab Jr. / Gabriel / Guillermo Jamas / Hadone / Herr Krank / I Hate Models / Jaëss / Larry Houl / LB aka Labat / Le Loup / Lee Burton / Lemos / Leo Pol / Loop Exposure / Lowris / Marc Bianco / Marcelo Cura / Marwan Sabb / Masomenos / Maxime Iko / Mézigue / Molly / Mud Deep / Myako / Nelson / Nummer / Oposition / Ovend / Paul Cut / Pit Spector / PVNV / Remco Beekwilder / Rouge Mécanique / Sandro / San Proper / Seuil / Shcaa / Shlømo / Siler / S. Moreira / Sweely / Tom Ellis / Trym / Vadim Svoboda / Vitess / Wallis / Zadig.

Labels :
Automatic Writing / Hôtel Costes presents Studio HC / Logistic Records / Millenium / Possession / Raw / Rotary Phono Lab / Rouge Mécanique Musique / Saike / Taapion / Welcome To Masomenos.

F : La gestion des droits est votre principale activité, en avez-vous d’autres ?

R : La gestion de droit est une de nos activités historique mais c’est la partie émergée de l’iceberg.
La supervision musicale occupe une place de plus en plus importante chez Rotary. Nous avons développé ces deux dernières années des relations privilégiées avec des société de production audiovisuelles, des réalisateurs et agences de pub qui nous permettent de travailler sur les bandes originales de fiction cinéma, de court métrage, de film publicitaire, d’habillage sonore et autre projet liant l’image et le son. Ce sont des projets très enrichissants artistiquement et nous avons structuré l’agence pour accompagner les artistes désireux de développer cet art. On a la chance d’être entouré aujourd’hui de compositeurs extrêmement versatiles, sensibles aux prérogatives de la composition de musique pour l’image et capable d’en comprendre et d’en intégrer les besoins et spécificités.

L’événementiel et la production sont également deux activités historiques pour nous. Dès la reprise nous préparons le lancement d’un festival qui rassemblera des artistes de l’agence et des invités de marques. Nous travaillons également sur plusieurs résidences dans certains hauts lieux de la fête parisienne et des événements plus ponctuels pour les labels internes de l’agence. Les sorties sur ces labels vont également s’intensifier et nous continuons d’explorer de nouveaux horizons musicaux avec notre nouvelle maison de disque à la DA inclassable Rotary Phono Lab.

F : Avez-vous d’autres projets à nous partager ?

R : On va vous partager nos réseaux sociaux sur lesquels on partage nos actualités et ceux des artistes de l’agences comme ça vous pourrez nous suivre et sauter de votre chaise dès qu’on va recommencer à annoncer des événements ! Suivez-nous !


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