C’est depuis l’autre bout du monde, dans les terres australiennes, que la « raw » techno fait aujourd’hui parler d’elle. En effet, le label Green Fetish, qui répand ses ondes nerveuses depuis Melbourne, vient de nous offrir une release fantastique : The Mule, par Mickey Nox.

C’est un fait : l’univers sonore de Mickey Nox gravite encore dans un monde en marge. Depuis l’Australie, le producer nous offrait il y a un an déjà Steel Ships, chez les mexicains du label B55 Records (XHEI, Plukkk, etc.).

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Le son produit est gras, ultra-saturé. Une techno mentale, sick.
Une techno qui creuse le sample, le démolit, en ressort une ruine, un état de grâce. C’est ça, la Raw Techno.

Aujourd’hui, ce style s’illustre par une génération de compositeurs en quête d’une certaine forme de chaos sonore, ou tous les kicks sont torturés sous des vagues de distorsions. UVB, AnD, Ansome, PLUKKK, mais aussi Monoloc de chez Soma, ou Vril de chez Delsin.

En ce début d’année, c’est au tour d’un Mickey Nox, décidément prolifique, de nous offrir alors deux releases : la première, dans le jeune label Variance, et titrée Famous Munks. La seconde, The Mule, qui a définitivement attiré notre attention, au label Green Fetish.

Au programme de l’EP, dans un vinyle vert « signature », quatre tracks, dont deux remixes proposés par deux producers aux noms familiers, Hector Oaks et Dualit. Le ton est donné : les remixes des tracks passeront sous le hachoir de deux monstres de la techno.

Ecouter l’EP sur Deejay.de


L’EP débute avec The Mule, le track éponyme de l’EP. Comme escompté, le thème principal est une basse tranchante ultra-torturée par une distorsion et un énorme delay, tournant en boucle dans une danse hypnotique. Un kick très lourd vient écraser et rythmer le track, qui finit par prendre des tournures acides quand la basse se laisse entrevoir.

Le remix de Dualit, lui, reprend le même tempo. Le thème, cependant, fait dans l’alerte. Un synthé, plus aigu, toujours froid et tranchant, rythme le morceau sans réellement changer de ton, de forme, sauf dans l’atténuation. Le morceau est plus centré sur le drumkit, et perd de sa dimension acide pour un « banger » plus dansant, accessible, et d’une certaine manière efficace…

Après The Mule, Television. Le feu symbole de l’abrutissement commun, transfiguré dans une track finalement très proche du remix de The Mule proposé par Dualit. Drôle de rapprochement ! Alors, le son fait aussi dans le track efficace, acide, et portée par un thème redondant. Comme la fusion réussie des deux versions de The Mule, sans la surprise qui irait avec, car dans l’ordre chronologique, The Mule vole toute la gloire aux tracks qui le suivront.

Vint enfin le tour d’Hector Oaks. Producteur tournant au Berghain avec Len Faki, il n’a rien à prouver. C’est donc sans grand étonnement que cette piste est encore une fois réussie. Le thème principal grinçant est délaissé pour une rythmique dynamique, où des percussions ajoutées dans un léger contre-temps changent le groove du track. Ça cogne, et ça swing.

Nox-Mule

Alors un grand oui, cet EP est une réussite. Oui, Mickey Nox, même si son nom de scène rappelle irrésistiblement le croisement entre Disney et un DJ de Hardtek, arrive à déployer une techno surpuissante, rythmée, dynamique. La production est grasse, lourde, habitée par des sonorités analogues chaotiques. Elle n’est pourtant même pas dark. Elle se situe plutôt dans une veine nerveuse, dans la lignée du Wizard Jeff Mills dont Mickey Nox ne cache ni l’admiration, ni l’inspiration.

Disponible en vinyle only, autant dire que nous vous la conseillons vivement !