On a posé quelques questions à Lukea, jeune producteur et DJ toulousain, qui vient tout juste de sortir son EP Eclipse, sur le label roumain Wonderground. Artiste talentueux à suivre d’extrêmement près…


On recommande particulièrement Nero D’avola, dont la mélodie au piano nous a obligé à la repasser 20 fois pour être sûrs qu’on ne rêvait pas. Voyage stratosphérique assuré.


THIBAULT : Salut Lukea, merci d’avoir accepté d’échanger avec nous. Pour ceux qui ne te connaissent pas encore, comment te présenterais-tu ?

Lukea : Bonjour la team Delighted, je m’appelle Lucas, j’ai 23 ans et je suis originaire de Toulouse. En ce moment je suis basé à Marseille et je produis de la musique électronique depuis 2016.

J’ai commencé la musique en jouant de la batterie et quelques temps plus tard, je me suis lancé dans la composition par ordinateur sur Ableton Live. J’étais principalement concentré sur le côté production et attiré par la possibilité de pouvoir interpréter mon propre ressenti, mais sans vraiment savoir par où commencer.

T : Peux-tu nous en dire plus sur tes débuts dans la musique électronique, et plus particulièrement comment tu as rencontré la minimal ?

L : C’est en arrivant à Paris, en 2016 que j’ai démarré une formation spécialisée dans la production musicale et à m’imbiber de cette culture. La musique électronique y est abondamment représentée, par de nombreux clubs, des warehouses, et des disquaires spécialisés dans le domaine. À force de fréquenter ces lieux, je me suis rapidement attaché à ce mouvement. J’étais complètement fasciné par le mélange qu’offre cette musique, en combinant adroitement minimalisme et complexité.

Deux ans plus tard, j’ai démarré la production de manière intensive, parfois je produisais des tracks avec seulement une rythmique ou uniquement des lignes mélodiques. J’ai fini par assembler ces parties entre elles et envoyer des maquettes un peu partout.

T : Quel track t’a donné envie de produire de la micro ?

L : Honnêtement il y en a beaucoup (haha). Pour n’en citer qu’un :

Track tiré du premier volet du label Joule

On ne peut pas dire que ce soit un artiste uniquement focalisé sur un style. Ce que j’aime justement chez Janeret, c’est le fait qu’il puisse jongler entre la vibe Deep/Minimal ou encore Dub tout en gardant sa touche personnelle percutante et unique à chaque release.

T : Tu as fait des edits de Moby, Depeche Mode, Nelly Furtado, Madonna, que de diversité! Quelles sont tes plus grandes influences et inspirations ?

L : Tout cela n’a pas été fait par hasard, c’est la musique avec laquelle j’ai grandi pour la plupart. J’affectionnais beaucoup la synthwave. Ce style regorge d’imagination par le fait qu’il est un des tout premiers en électronique. C’est la naissance de nouvelles machines et du côté futuriste. J’ai aussi écouté beaucoup de Dub Techno, UK Garage, Italo-Disco

Concernant les artistes, je me suis beaucoup inspiré de Janeret, Steve O’Sullivan, (iO) Mulen ou encore Andrey Pushkarev qui restent encore aujourd’hui des pionniers dans leur domaine.

Actuellement je m’inspire de multiples domaines, variés et divers. Après tout, la musique que l’on produit est d’abord un miroir de ce qu’on reflète.

T : Qu’est-ce qui t’a motivé à signer sur le label Wonderground ?

L : Je suivais ce label depuis son lancement avec des artistes émergents et talentueux comme Alineat, Techu, Ckb ou encore Sakdat & Balaur.
Quelques mois plus tard, le boss du label, Mulov, m’a contacté. On a échangé sur les possibilités de produire un album pour Wonderground, puis tout s’est enchaîné. Cet album reflète parfaitement mes orientations en termes de production. J’ai eu de bons feedbacks après la sortie de la release, donc je suis assez fier d’avoir pu le sortir sur ce super label.

T : Aujourd’hui tu collabores essentiellement avec des producteurs roumains, certains d’entre eux te remixent, tes tracks sont joués par Sublee, Olivian Nour, Stoilku ou encore les Martinez Brothers et Jamie Jones… Quels sont tes objectifs maintenant ?

L : Les roumains sont les plus grands ambassadeurs du mouvement minimal et Internet a joué un rôle important dans les relations à distance que j’ai noué avec ces artistes. Certains de mes tracks ont reçu un certain succès et il est arrivé de manière croissante et rapide.
Actuellement, je prépare de nombreux projets sur divers labels, également des collaborations, des remixes et des dates en France majoritairement et aussi en Allemagne. Je mets également en place la création de mon label Haiku LTD qui verra le jour cette année avec un premier Various Artists. En gros un calendrier bien chargé, ce qui me réjouit beaucoup !

T : Quel secret weapon de production utilises-tu ces temps-ci ?

L : Le Modular V2 de chez Arturia. En ce moment je me penche énormément sur la synthèse modulaire. Le fait de pouvoir construire ses propres sons de A à Z offre des possibilités infinies qui me stimulent énormément. Je le sollicite beaucoup pour les créations mélodiques.

T : Est-ce qu’on peut te demander aussi ta pépite du moment ?

L : Incontestablement : ‘Twenty’ de Hustache. Le track fait monter la tension, il fait parfaitement évoluer l’énergie dans un set. C’est typiquement le genre de track que j’aime passer en club au moment d’un peak time.


En exclu pour Delighted, Lukea nous offre un extrait d’une de ses dernières productions, qui sortira – ou pas – sur l’un de ses prochains projets

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