– TECHNO – Alors que la production complètement pléthorique de disques plus ou moins de bonne facture se poursuit, comme le disait un célèbre DJ : « On n’a pas encore fini d’écouter toute les productions des années 90… », deux pontes de la Techno, originaires des berceaux fondamentaux de cette musique nous gratifient d’une collaboration sur un EP excellentissime, j’ai nommé Juan ATKINS et Moritz VON OSWALD pour –Transport– chez Tresor label devenu une référence en Europe tant pour les collaborations entre artistes que pour « l’establishment » du style en lui-même. Chez Delighted, on a donc décidé de défendre ce disque, magnifique, planté entre Dubtechno, techno classique voir minimaliste expérimentale, et on vous explique pourquoi en quelques lignes.

En premier lieu, pour analyser et comprendre ce disque, il nous faut quand même établir que cela n’est pas un coup d’essai. En effet un premier LP3MB feat Juan ATKINS– , sorti en – je vous le donne en mille – 1992, en collaboration avec Thomas Fehlmann, celui-là même qui produisit Moritz Von Oswald, Wolfgang Voigt ou bien Westbam… En réalité, le patron de Tresor commença dès la fin des années 80, début des années 90 à bâtir une relation transatlantique entre les deux poumons de cette musique, ces deux villes qui ont su nous faire adhérer à ce grand mouvement qu’est la TECHNO…

La connexion étant créée il faudra attendre 2013 pour voir la sortie du projet Borderland qui ne connaîtra qu’un succès mitigé. Un peu long, difficile d’accès aux néophytes néanmoins non dépourvu d’intérêt. Puis en 2016 éclos la suite du projet entre Juan ATKINS et Moritz VON OSWALD, opus bien plus abouti, on vous l’avoue sans concession.

Une production DubTechno mais pas que…

En faisant écho à mon collègue, grosso modo nous avons d’une part un des godfathers de la techno sous influence de Funk et de Krautrock, de l’autre le déclencheur et presque l’inventeur d’un sous genre musical nous ayant ramené à la minimale et donc au dubTechno, qui je le rappelle est encore une fusion entre deux genres bien éloignés puisque la principale inspiration, si je puis dire, est un travail assez important sur la reverb et le delay, caractéristique fondamentale du reggae-dub Jamaïcain.

D’entrée de jeu après une écoute plus globale, on peut déterminer quels sont les morceaux ou le travail de l’un est plus présent que l’autre et l’on est séduit de facto par le mélange des deux sensibilités. Douceur et froideur des nappes, cela nous semble fascinant…C’est le début de Transport et  sa track number one (qui a d’ailleurs une similitude très étrange avec une tune travaillée par Daft Punk en commande pour Tron), ambiance science fiction garantie.

Pour la suite des hostilités on alterne entre techno dub house et minimale dubtechno de haute volée avec deux morceaux qui se détachent dans un EP homogène et super attrayant bien que s’étant construit sur les bases de la techno classique avec les « Papa » de ce style…

Lightyears et Riod  sont donc les deux flèches qui se démarquent totalement à l’écoute. Parfaites, dans la composition rythmique et progressive, locked grooves impeccables, mélodies et textures modernes, l’alliance parfaites des deux styles de nos artistes, et pour le reste on vous invite à réécouter cet EP avec vive attention et plaisir parce que cela reste un disque et un travail essentiel, pas surproduit, à écouter dans tous les contextes et surtout lorsque vous vous déplacez, ce qui vous permettra de voyager physiquement parlant également. Entre minimale et dubtechno nous sommes dans l’art de la « variation subltile »,  d’une manière ou d’une autre on a pris le risque de vous en parler chez Delighted. C’est peu de le dire mais on aime ça.