La Techno nous réunit dans le monde entier, dans des temples de la Musique où il ne semble plus y avoir frontière entre les humains. C’est lors de ces moments que nos consciences s’unissent, lors de ces rituels que nous éprouvons des sensations de synesthésie, de sublime, de Sacré. En se lançant dans cette veine symbolique, Kwartz signe alors un « debut » EP saisissant, où les reliques, versets et chœurs liturgiques laissent place à des têtes nucléaires…

Dans le sillage d’Exium émerge Kwartz, producer à la patte nerveuse, dont la lourdeur des kicks pourrait presque devenir une signature. Après des années de collaboration avec de grands noms, notamment des releases chez PoleGroup, il était presque évident qu’Oscar Mulero le laisse enfin voler de ses propres ailes, avec la release de Rite.

Mais plutôt que de le lancer chez PoleGroup Recordings, Mulero l’installe dans la lignée de Sleeparchive (qui sortait en juillet dernier un EP nerveux, Window) en déployant son jeune prodige chez Warm Up.

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Rite, track éponyme, est une ouverture puissante, un rituel de passage express vers le monde de l’artiste. Le rituel se fait dans l’hypnotique d’un arpège tournoyant, enrichit à chaque boucle d’une nouvelle vague d’énergie, de cymbales vives, et d’un drone lointain, sirène silencieuse, qui nous mène alors dans une délicieuse tourmente.

Oscar Mulero apporte quant à lui une lecture bien plus tranchée dans son remix du titre. Comme dans la précédente release du label, il convertit l’hypnotique en une piste plus dansante, plus puissante, où les kicks sont moins profonds mais plus percutants. Les arpèges, les drones, l’ambiance même est plus froide, plus aiguë, où les couches sonores se placent sous l’égide d’une reverb omnipotente. On perd de l’hypnotique, de la transe rituelle, mais l’énergie prend une nouvelle forme, une nouvelle vie. Enfin, la version B du remix, uniquement disponible dans la version digitale de la release, quitte la dimension de sprint nerveux pour devenir un track de fond, se construisant dans une sorte de linéarité rythmée plus subtile.

L’EP se poursuit avec Black Horse, ôde à l’inquiétude, en reprenant les codes sonores du suspense. La structure se veut simple – via les allées et venues de pads éthérés – mais le track est accompagné d’une ligne de basse tellement saturée et spatialisée qu’on peine à la distinguer d’un fond d’ambiance. Et enfin Unknown Territories, qui conclut l’EP avec un track encore très rythmique, sortant du classique « four-to-the-floor » en tapant à chaque step.

En bref ? ¡Qué guay!* Kwartz réussit parfaitement son envolée. En plus de pouvoir être comparé à Exium sans rougir, ses kicks nerveux le placent dans la vague de RVDE, là où l’ambiance mènerait presque dans le territoire mental de SNTS (autant de noms à découvrir sans attendre !). En plus de conserver l’énergie qu’on pouvait pressentir dans ses précédentes releases et collaborations, on finit par se dire qu’il s’agit définitivement d’une nouvelle référence à découvrir à tout prix.

Sortie prévue le 04 Décembre 2015 en Vinyl (4 titres) et en Digital (7 titres).

C’est de la balle !*