30 mars, une semaine avant l’événement. Sur la toile, c’est déjà bien le bordel. Entre le marché noir grandissant, l’activité virtuelle bouillante et Villalobos qui devient dans l’imaginaire collectif le « Pete Doherty  techno », on ne sait plus trop où donner de la tête. Alors qu’on est posé chez soi devant Capital, on dit merci à la Katapult pour cette leçon de teasing. Ils ont presque réussi à nous convaincre que c’était la soirée à ne pas manquer, que si on loupait ça, on pouvait enterrer notre vie sociale parce que le lendemain au bureau, même nos collègues qui écoutent de la pop allaient nous traiter de looser.

Alors un peu d’histoire mes amis, car la Katapult officie quand même depuis plus d’une dizaine d’années (première release du label en 1999) et aux vues de l’activité que génère l’organisation (Karat Record, Katapult Summer Boat, …), je crois que ce n’est pas prêt de s’arrêter. Villalobos, quant à lui, a l’air de bien se marrer avec le couple Kata étant donné qu’on les retrouve à ses côtés sur la grande majorité de ses dates parisiennes. Donc pour résumer, Katapult & Villalobos, du déjà-vu et de la rediffusion en préparation. La précédente édition avait mis la barre plutôt (pour ne pas dire très) haute. Ce qui explique l’engouement général et presque hystérique pour la seconde édition. Engouement qui, loin d’être un handicap avant l’événement, peut rapidement devenir un boulet au moindre problème le jour J.

Tout ça pour dire qu’à 2h du matin, quand j’arrive franchement en retard, sachant que le parking ne serait pas ouvert au public, et que l’on me fait gentiment patienter dans le froid devant une barrière sans file d’attente, le fait de ne pas m’emballer était mon principal allié.

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Finalement pas de souci. Quelques minutes plus tard, le monsieur dans sa cabane de péage me tamponne amicalement, et c’est parti pour le road trip. (Je ne fais volontairement aucune description ni n’agrémente cette partie d’aucun visuel. La découverte du trajet est une expérience en soit, je ne prendrai pas la responsabilité de vous gâcher la surprise.) Passage au vestiaire, puis on monte, on monte, on monte. « Ça monte encore ?! » entends-je derrière moi, et finalement ; « Boom Boom Boom », le doux son du caisson se fait entendre ; en face de moi, la foule est dense.

Première action de la soirée, le traditionnel tour de salle une bière à la main. On jauge l’ambiance, on évalue la facilité de déplacement, on repère les petits coins, l’enceinte éloignée de l’épicentre. Au même moment, Jeff K électrise (jeu de mot) la masse de danseur présente dans l’amphithéâtre.

Une prestation à la hauteur de sa réputation, un set qui me ferait presque oublier la déception d’avoir manqué M. Bell. Musicalement parlant, aucun pas de travers, rien que du groove, des hats, des claps et un public qui commence « doucement » mais surement à s’imbiber. En même temps, je ne  me souviens pas vraiment avoir fait la queue au bar, ce qui en soit est un point vraiment positif quand on a en tête la Bérézina que ce fut l’année dernière.

Conséquence de cette efficacité (entre autres choses) : un fumoir bien animé. Quelle surprise quand je découvre la seconde partie, finalement on a quand même un bout de parking à se mettre sous la dent, avec des tables et bancs confectionnés spécialement pour l’occasion, et une vue imprenable sur le périphérique parisien.

Dans le couloir du retour, je distingue ce qui se trouve suspendu au dessus de ma tête, je fais rapidement la corrélation avec le trentenaire que j’avais pris pour un Keytariste et comprend que la Katapult a investi dans une installation lumineuse de grande qualité. Répondant au nom de Dragon, elle est constituée d’une vingtaine de tubes LED de deux mètres cinquante de long, disséminés dans le fumoir et accrochés au plafond du couloir, le tout piloté en midi via un contrôleur sans fil : C.H.A.N.M.É (Je l’ai essayé, mixer de la lumière, c’est un grand kiff. L’artiste est « LightJockey »: Adrien Sierra Garcia).

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Une bonne demi-heure de récréation après, retour dans l’océan humain où la tension monte d’un cran. Trois heures du matin, le peak time, Ricardo se meut tel un personnage de cartoon devant ses platines. Bon, apparemment son set n’a pas convaincu tout le monde. On a même pu, après coup, apercevoir des commentaires sur les réseaux sociaux qualifiant sa prestation de nulle. Mettons les choses au clair, Ricardo Villalobos est un DJ complètement fou, si fou qu’il parvient même durant une interview à oublier deux fois de suite qu’il a deux gosses et non pas un. Son éclectisme, son grand je-m’en-foutisme, c’est ce qui fait son identité d’artiste. Alors on peut dire que la sélection n’a pas su répondre aux attentes de tout le monde, mais de la à scander que le set était naze… Dans tous les cas, quand j’entends ça, je dis merci.

Grosse ambiance dans la fosse, depuis maintenant sept heures, les visuels hypnotiques de Chloé Guerbois (Studio Twins) font leur effet, Villalobos se contorsionne et les barrières du DJ booth sont maintenant totalement inaccessibles (il semblerait d’ailleurs qu’un coin « semi-VIP » se soit formé du côté droit de la scène, le coin où ça ne danse pas, mais où ils sont tous serrés les uns contres les autres, allez comprendre…). Quelques heures plus tard, la fin se fait sentir et après plusieurs rappels et un éclair de génie de Ricardo (disponible ici en vidéo) c’est direction la sortie pour tout le monde. Alors quel bilan pour cette Katapult Party tant attendue ?


« C’est vraiment long ce machin, et puis il y a pas beaucoup de diversité dans le contenu, en plus on voit rien la moitié du temps ! »…  La vérité c’est que je n’avais aucune envie de couper la track (Steffi – Schraper) et que toutes ces images reflètent parfaitement un point de vue subjectif de cet événement.

Revenons à nos moutons : Bah c’était plutôt pas mal du tout. D’un point de vu scénographique, il y avait clairement du boulot, prenons la Concrete en comparaison : Des lines up sans faille, mais un couloir et puis, bah un couloir en fait, il n’y a que ça… donc chapeau pour l’effort. Les bancs et tables fait à la main, rien à dire, super idée là aussi. Concernant le prix des consommations, pas excessif, surtout pour un service au bar qui s’est nettement amélioré. Question line up, je crois qu’on peut tous fermer nos gueules, c’était dantesque. Le parking maintenant, (qui fut clairement la raison pour laquelle j’ai craché sur la soirée pendant toute la semaine) je m’inquiétais pas mal à ce sujet sachant qu’il faisait partie des atouts majeurs de la première édition à l’Electric, mais en fait il y en avait un, un mini-parking oui, mais un parking quand même. Sans oublier l’after au River’s King, et plein d’autres détails qui montrent que ces organisateurs aiment faire la fête et s’investissent particulièrement. Finalement, la Katapult n’a donc pas lésiné sur la valeur ajoutée de son événement, tout en diminuant le prix d’entrée, un événement de qualité et un pari réussi pour l’équipe Karat que le public attendait au tournant. Bref, je me suis bien marré et c’est l’important ; Continuez comme ça !