English version below 


Il y a quelques semaines, Delighted  s’est entretenu avec le fondateur du label allemand Affin à l’occasion de la sortie d’Aidan, son dernier EP. On adore ses productions et celles de son label alors on s’est dit qu’on allait vous présenter tout ça, mais pas tout seul.

[VERSION FRANÇAISE]

Joachim Spieth démarre chez Kompakt en 1999. Pendant cinq ans, il s’imprègne de l’état d’esprit du célèbre label pour finalement fonder Affin, « Je ne voulais pas me modeler trop fortement à l’avis des autres, mais simplement me sentir libre dans le choix de la musique produite », et soutenir à son tour des artistes qui lui sont chers. « Il n’y a pas de cadre particulier dans lequel tous les artistes doivent s’inscrire, rien de convenu. Mes goûts musicaux en eux-mêmes sont diversifiés, ils ont plusieurs strates. Et à travers ça, je veux représenter différentes humeurs au sein même de mon label ».

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Spieth veut d’un label ouvert, un label que les artistes forgent via leurs créations et non une structure planifiant ses sorties aux grès des tendances. Au départ, il suit les traces de ses mentors et positionne le label sur les deux fronts, la house et la techno. Quelques années plus tard : « je me suis rendu compte qu’avec la techno, je pouvais attirer les meilleurs artistes en positionnant mieux le label tout en dévoilant un large éventail musical au sein de ce genre. »

En six ans, des artistes tels que Deepchild, Roberto, Jonas Kopp, Samuel L Session participent à établir le catalogue d’Affin qui s’élève aujourd’hui à plus de cent sorties. Outre cette production digitale, Affin développe la production physique avec à son actif dix neuf sorties vinyles, la vingtième est prévue pour les semaines à venir.. Une volonté d’offrir de la diversité aussi bien dans la musique que dans l’expérience d’écoute.

On s’est permis de lui demander quels étaient les titres qui, selon lui, avait été déterminants dans l’évolution du label :

Dans les sorties 2014, on trouve son dernier EP. Un an auparavant sortait Dark Matter, une oeuvre très dub techno. Avec Aidan il revient à une techno plus industrielle :spieth1

« Chez Kompakt, j’ai déjà sorti une musique rude et aiguisée. Par exemple Unter Pressure (Speicher 08) en 2003. Avec mes dernières productions Affin, Never Mind/ Aidan, j’ai redécouvert cet esprit-là. J’aime ça dans le son, conduire sur deux voies ».

Aérienne et puissante, sa techno peut se targuer de ne pas rentrer dans un moule. Et dans un pays qui cultive la techno comme la France le fait avec les pommes de terre, c’est un exploit. Nombre sont les artistes qui ne parviennent malheureusement pas à construire quelque chose d’innovant et s’enferment dans des productions qui n’ont pas vraiment d’âme. La musique de Joachim en a, sous couvert d’agresser vos tympans, elle distille une sensibilité et une douceur qui fait tout son intérêt. « Conduire sur deux voies » même quand une seule s’offre à lui. L’homme qui cite Symmetry de Speedy J comme étant l’une des tracks qui l’a le plus influencé ne pourra jamais se séparer d’une certaine musicalité, si loin soit-il dans « l’industrialisation » de sa musique.

Pour l’accompagner dans son travail, il a fait appel à une équipe des plus compétentes ; Samuel L Session, Suédois signé chez Drumcode et Arnaud Le Texier qui donne à l’EP une autre dimension avec un titre ambiant. Finalement, Aidan résume bien Affin : des artistes divers, des inspirations diverses, une volonté d’apporter différents niveaux de lecture (ou plutôt d’écoute dans ce cas précis). « Construire quelque chose de diversifié (à plusieurs strates), et pourtant que l’on retrouve une certaine unité dans l’ensemble des productions », voilà son objectif, autant pour lui-même que pour sa structure.

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Pour essayer de définir un peu l’état d’esprit de l’artiste, on a voulu lui poser trois questions abstraites :
– Si tu avais été sculpteur, quel matériel aurais-tu utilisé pour modeler ton EP ? Bois
– Si tu avais été peintre, quelle aurait été la couleur prédominante de ton œuvre ? Noir/Blanc
– Enfin, si tu étais en classe de géométrie, vers quelle forme t’aurais guidé ton inspiration ? Cercle

Vous pouvez maintenant en tirer vous même des conclusions. Si vous avez la chance d’être là au bon moment, vous pourrez peut être assister à une de leurs soirées germaniques (souvent au Tresor) en attendant que les promoteurs Parisiens sortent de leur zone de confiance et jettent leur dévolu sur de nouveaux artistes moins implantés. Pour patienter, on vous suggère d’aller jeter un œil à la dernière sortie signé Arnaud Le Texier.

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[ENGLISH VERSION]

A few weeks ago, Delighted had a talk with the founder of the german record label Affin concerning the release of his last EP entitled “Aidan”. We really do enjoy his productions and those released on his record label. Thus we have decided to introduce you all of this, with some guidance.

Joachim Spieth started his career with Kompakt in 1999. During five years, he immersed himself in the atmosphere of the famous record label to finally found Affin and support, in his turn, artists who mean a lot to him. “I didn’t want to be too much influenced by people’s way of thinking but simply feel free towards the choice of the produced music. There is no particular framework in which the artists have to fit into, my musical tastes are for example very diversified, they have different depths. Through this I want to represent different moods within my record label”, he said.

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What Joachim Spieth wants from an open record label is a record label forged by the artists through their creations. He does not want a structure that plans the different releases by following the trend. At first, he followed the steps of his mentors and positionned his record label on both fronts: house music and techno music. “I realised that with techno music I could attract the best artists by refocusing the record label whilst unveiling a wide range of musical tendencies that belongs to this genre”, he said a few years later.

In only six years, artists like Deepchild, Roberto, Jonas Kopp, Samuel L. Session have participated to establish the catalogue of Affin that contains today more than a hundred releases. Apart from these digital productions, Affin develops either physical productions and has already nineteen vinyls released to its credit, the 20th will be out in a couple of weeks. The record label has definitely a wish to give variety in music as well as in listening experience.

We have allowed ourselves to ask him what titles, according to him, have been determining in the evolution of the record label.

We come across his last EP through the releases of the year 2014. A year before, he released a dub-techno title entitled Dark Matter. With Aidan, Joachim Spieth goes back to a more industrial techno music :

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“I have already made a harsh and sharp music on Kompact, for instance Unter Pressure (Speicher08) in 2003. With my last Affin’s productions, Never Mind/Aidan, I have rediscovered this spirit. I like to play two cards in the same time in music.”

His techno, which is aerial and powerful, could claim not to be forced in a standard mold. Moreover, in a country that cultivates techno music like France does with potatoes, it is an achievement. Unfortunately, lots of artists cannot manage to build something innovative and lock themselves into productions that do not really have soul. Joachim’s music has soul for it distils a sensitivity and a softness that make it interesting. “To play two cards in the same time”, even when only one is given to him. The man, who quotes Symmetry by Speedy J as one of the track that influenced him the most, will never be able to get rid of a certain musicality, as “industrial” his music is.

To be accompanied in his work, Joachim Spieth called on a very relevant team : Samuel L. Session, a swedish signed on Drumcode and Arnaud Le Texier who gives to the EP another dimension with an ambient title. After all, Aidan sums up Affin : various artists with various inspirations but also a wish to bring different ways of reading, or rather different levels of listening in this case. Here is Joachim Spieth’s aim, whether for him or his productions : “To build something very diversified (with different depths) in which we find a certain unity in all productions”.

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In order to define the state of mind of the artist, we asked him three abstract questions :
– If you were a sculptor, what material would you use to create your EP ? Wood.
– If you were a painter, what would be the predominant colour of your work ? Black/White
– Finally, if you followed a geometry course, what geometric shape would guide your inspiration ? A circle.

You can now draw your own conclusions. If you are lucky to be there at that time, maybe you could attend one of their german parties (mostly at Tresor club) while awaiting that Parisian promoters go out of their zone of confidence and set their sights on new artists less established there. In the meantime, we suggest you to take a look at the latest release by Arnaud Le Texier.