INTERVIEW – ABEM est un jeune artiste ultra complet originaire de Dijon. C’est avec un immense honneur que nous le recevons aujourd’hui pour une nouvelle interview qui vous apprendra beaucoup au sujet de cet amateur au BPM élevé. Ainsi, ABEM nous raconte précisément son univers, ses inspirations, mais il nous parle aussi de son dernier EP sorti récemment sur le label berlinois SINDEX. La rédac’ a pris beaucoup de plaisir à recueillir les propos de ce jeune artiste prometteur. Enjoy !


Trystan : Salut ABEM, tout d’abord merci d’être venu te livrer à nous. C’est un plaisir de t’accueillir. Peux-tu te présenter rapidement ? Qui es-tu ? D’où viens-tu ?

ABEM : Salut Trystan, avec grand plaisir ! Je m’appelle Emile Abadie (ABEM contraction nom/prénom, simple efficace ahah), je viens de Dijon, capitale des Ducs et de la moutarde. Je suis artiste AV (producteur/DJ/VJ). Je mixe depuis 6/7 ans mais j’ai commencé la production il y a maintenant un an et demi, juste avant le COVID en fait. Avant ça, j’étais concentré à fond dans la video qui est mon gagne pain. J’ai profité du confinement pour démarrer mon projet son qui me démangeait depuis très très longtemps.

T : Je sais que t’es un grand fan de vitesse ! Ça se ressent notamment à travers tes productions. Peux-tu nous raconter l’univers dans lequel tu te situes ?

A : Ahah ! Oui totalement, fast vitesse oblige. Je définirais mon univers d’hybride, j’adore mélanger les sonorités de différents styles de hard musiqueFX psytrance, rolling bassline, gros kick hard techno, lead rave, vocales complètement psychés (japonaises très souvent), rythmique breakée, généralement entre 155 et 170 BPM. Je m’inspire de toute les sonorités rave en fait, que se soit hard techno, trance, hard trance, drum’n’bass, jungle, breakbeat.. Faut que ça galope !

J’ai fait de la danse pendant 8 ans aussi (du breakdance), du coup j’ai une approche très rythmique avec la musique, je passe mon temps à la décortiquer quand je l’écoute. Dans mes productions, je construis vraiment toute ma rythmique avec des jeux de questions/réponses entre mes sonorités.

T : Quels sont les artistes qui t’ont inspiré ?

A : Depuis tout petit, je me fait bercer par toute sorte de musique, grâce a mon père qui a une culture musicale de cinglé ! Rock, Rap, Electronique, Reggae, Soul, Funk, tout y passe ! Du coup j’écoute vraiment de tout niveau style.

Pour ce qui est de mes inspirations artistiques, j’adore le label Morph et toute la vibe fast techno hybrid trance du Nord, fast teKno même ahah ! Du genre Araknyl, Agustin G, Neri J, G2G, etc.
La scène française aussi est incroyable, Moth, Vizionn, Abr., CLTX, le label Union Trance Mission et j’en passe !
Il y’a aussi Charlie Sparks, Bad Boy Pete, Brutalismus 3000, Bjarki !
J’écoute beaucoup de hard trance des années 90’s aussi… enfin voilà je vais m’arrêter là parce que je pourrais en dérouler des tonnes ahah ! Je passe énormément de temps a écouter de la musique, que ce soit pour digger ou faire n’importe quoi d’ailleurs, j’ai toujours du son dans les oreilles !

T : Tu as récemment sorti un EP sur le label berlinois SINDEX. Très bel EP soit dit en passant ! Peux-tu nous parler de cet EP ?

A : Merci beaucoup ! Alors cet EP est mon premier. Je l’ai fait il y’a 8 mois environ et je l’avais sortis en self-release. J’avais envoyé des tracks à quelques labels pour commencer à démarcher un peu pour mes sorties. Et du coup SINDEX m’a répondu et proposé de sortir l’EP sur leur label, début février du coup, 8 mois après. J’aime beaucoup cet EP parce que c’est mon premier et ce sont les premiers tracks que j’ai fait où j’ai vraiment réussi à retranscrire tout ce que je voulais, où je me suis dit « C’est bon ! J’ai trouvé mon univers. C’est une ode à la course de vaisseaux spatial ahah ! »
Un mélange entre des grosses mélodies ravy et un rythme trance hypnotique, le tout rempli de FX psy.

Le gros morceau de l’EP c’est The Flying Cat je pense, une ambiance galactique et épique.

Mon track préféré de l’EP, Space Racing, pour le coup on est en plein dans une course de voiture, dans le film Speed Racer (des soeurs Wachowski, je ne sais pas si tu l’as vu mais grosse claque visuelle), je me suis inspiré de ce film pour ce track. Il est super punchy, groovy et il cavale ahah !

Le troisième track : Galactic Heat, tu finis le voyage cosmique en rasant le soleil à bord de ton vaisseau, il fait chaud, mais tu continues de galoper !

T : Je t’ai découvert récemment, grâce à ton morceau This Hot Night sorti sur Jahanam, complètement fou et envoûtant. Comment parviens-tu à obtenir de telles sonorités ? D’où as-tu tiré ton inspiration pour réaliser ce track ?

A : Merci, ça fait vraiment super plaisir. A chaque fois que je commence un track, je ne sais vraiment pas où je vais aller, tout se fait au feeling sur le moment, ça dépend du jour, de la météo, de mon humeur… du coup pour This Hot Night, qui est plutôt en mode happy rave, j’étais dans un super mood, j’allais faire mon premier closing avec les Soeurs Malsaines et je voulais absolument faire un nouveau morceau avant de partir pour la jouer en closing (je l’ai fini dans le train la veille de l’event d’ailleurs). C’était ambiance open air, pendant l’été quand il y a pu avoir quelques events, donc j’étais super content ahah ! Du coup j’ai fait un track de gars super content !

T : Tu fais partie de la catégorie des artistes « touche-à-tout » puisque tu es également VJ. Si tu devais choisir entre le son et l’image, quel serait ton choix ?

A : Je fais du VJing depuis 5/6 ans et j’essaye de faire de la video mon métier. Maintenant que la musique est rentrée dans le lot, je ne vais pas dissocier les deux, mais les fusionner. Mon gros projet en cours étant une performance live audio visuelle… mais surprise, j’en dis pas trop pour le moment, c’est en préparation et en création ! Pour moi les deux marchent ensemble, j’ai pris l’habitude de toujours visualiser la musique grâce au Vjing, de mettre des images dessus, sur l’ambiance, l’atmosphère, les sonorités. Pour ma musique, je m’inspire énormément de l’univers cyberpunk, de légende et d’estampe japonaise par exemple !

« Plus y’a de sens actifs, plus c’est immersif. Du coup je choisis pas, je fais les deux ! »

ABEM, jeune artiste ayant plus d’un tour dans son sac

T : Tu fais partie de l’agence de booking WEIRD PLANET AGENCY, c’est beau. Comment en es-tu arrivé là ?

A : Oui je suis tellement content… je m’en remets toujours pas ahah ! Je ne me serais jamais dit il y’a un an de ça que je ferais parti de WEIRD PLANET, aux cotés d’artistes que j’admire et qui me font vibrer ! C’est un sacré honneur.
Comme j’ai dit plus haut, j’ai commencé a produire il y a à peu près un an et demi, un tout petit peu avant la pandémie. J’ai mis quasiment TOUT mon temps dans la musique vraiment, à coup de 15 heures de studio par jour en moyenne pendant 1 an et demi. Donc un rythme d’acharné, mais ça m’aide à tenir le cap pendant tout ce temps où le monde de la culture et de la nuit est mis en stand-by, où les relations sociales ne battent pas leur plein. Je me suis dis : «vas-y t’a toujours rêver faire de la musique, là t’as le temps donc fonce !» Donc j’ai bossé nuit et jour, je ne suis pas musicien de base donc je suis parti de rien, à coup de grand tuto YouTube ahah ! Maintenant je suis sur un ratio de un track en 2/3 jours on va dire, j’essaye d’être hyper productif et de ne jamais lâcher le rythme de production. Je fais ça track par track, je termine toujours un projet que j’ai commencé, je ne produis jamais plusieurs track en meme temps.

T : On t’a récemment vu en Live stream sur Shotgun avec Gentils Bourreaux. Quelle performance ! C’est donc toi qui a réalisé le VJing de ton propre Live ? Peux-tu nous en dire plus sur cette performance ?

A : Exact ! J’ai fait ça en deux coups, d’abord le record du set sur fond vert dans les locaux de Shotgun, ensuite j’ai réalisé mon set VJing chez moi, dans mon studio et j’ai assemblé le tout en post-prod ! C’était la première fois que je faisais un projet AV en faisant mon propre VJing, j’attendais ça depuis un moment ! C’est vraiment cool de pouvoir proposer une performance complète de son et d’image, ça me permet de vraiment faire découvrir mon univers a 100%.
Dans la video comme dans la musique, je suis très inspiré par la culture asiatique, surtout nipponne, donc il y a beaucoup de référence à tout ça dans mon univers. Là du coup on est parti sur des ONIS (démons japonais) qui dansent et qui prêchent la fast techno ahah !

T : A ton actif, déjà des releases sur Ismus, Voight Kampff, Union Trance Mission et j’en passe ! As-tu des futures releases à nous dévoiler ?

A : Hehe ! Il y a pas mal de truc qui vont arriver là… sur HRA, EXTRA ENERGY, Dusk Records, Ismus et SINDEX encore une fois, mais je ne dis pas tout, c’est la surprise !

J’ai aussi un EP tout chaud là, avec deux artistes remixers que j’adore : VIZIONN et DJ HYPERDRIVE… ça ne devrait pas trop tarder à sortir ! Préparez-vous bien !

T : Avec l’espoir de retrouver les soirées cet été, qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite de ta carrière ?

A : Oula ! Ecoutes, pouvoir vous décrochez les genoux à coup de grosse trance hybrid à 170 BPM dans des énormes warehouses ce serait pas mal. Pouvoir vous faire galoper comme des chevaux de courses jusqu’à midi dans des clubs ou des hangars, n’importe où d’ailleurs ! J’ai vraiment hâte que les événements reprennent ! En attendant, full prod, comme ça quand ça reprend, je suis armé jusqu’aux dents. Avalanche de missile.

T : Pour terminer, peux-tu nous délivrer trois cartouches que tu aimes bien jouer dans un set ?

Enorme bombe atomique teKno de la mort.

Enorme ogive nucleaire teKno

Grosse balle trance hybrid


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