– INTERVIEW – HRTL, un ovni musical venu tout droit de République Tchèque dont le talent est indéniable. Sa spécialité ? Le modulaire, qu’il maîtrise comme peu de gens. À la tête du label Bükko Tapes, il fabrique également des synthés avec Bastl Instruments. Hyperactif, il vient également de sortir un disque sur Wolfskuil Limited – label de Darko Esser – dont les sonorités nous font voyager jusqu’à Détroit. Une discussion bien sympathique retransmise ci-dessous…

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Salut Leoš, et merci de nous accorder de ton temps ! Pour nos lecteurs qui n’ont pas encore eu la chance de te découvrir, peux tu te présenter rapidement ?

Ils m’appellent le “sorcier modulaire” ou le “maître spaghetti” ou d’autres noms un peu funky. Je suppose que c’est dû au fait que je joue sur cette boite d’un autre monde pleine de câbles de couleurs et que j’en crée des sons bizarres sur lesquels les gens dansent. J’ai commencé avec des instruments classiques quand j’étais gosse et à l’âge ado j’ai commencé la musique électronique. Depuis je suis tout investi dans le réglage de mes boutons et le perfectionnement de mon art dans le design sonore. Je me suis fait connaître avec mon premier album en 2015 et depuis j’ai la chance de jouer dans des endroits incroyables et de rencontrer des gens vraiment intéressants.

Ton CV universitaire est impressionnant, as-tu toujours eu une vision claire de ce que tu voulais faire de ta carrière?

Et bien, depuis tout petit je savais que je voulais m’embarquer uniquement dans une voie créative. J’étais considéré comme un outsider ou un mec bizarre jusqu’à ce que je rencontre d’autres mecs bizarres en école d’Art. Je n’ai jamais vraiment consacré mon énergie à autre chose qu’à la création de musique ou d’art visuel. Je n’ai jamais rien appris d’autre et je n’ai jamais eu de travail “normal” donc en fait je suis incapable de faire quoi que ce soit d’autre que de l’art. C’est assez flippant quand je le dis à voix haute…

Il semblerait que tu aies un talent donné avec les synthétiseurs, comment et pourquoi t’es tu familiarisé avec ces machines ? Peux-tu nous parler de Bastl Instruments également ?

Je me suis mis aux synthés car ils m’ont permis de monter un groupe dans lequel j’étais tous les membres à la fois sans avoir besoin de qui que ce soit d’autre. J’ai essayé d’être dans des groupes et d’y jouer d’un instrument, mais ça n’était pas compatible avec ma ponctualité obsessionnelle… et mon esprit d’équipe. Donc j’ai creusé dans les synthés et les machines autant que j’ai pu jusqu’à carrément vouloir développer mes propres synthés. J’ai contacté les mecs de Bastl Instruments afin qu’ils m’aide et ils m’ont proposé de me joindre à leur équipe. Je m’investis dans les projets Bastl Instruments comme si c’étaient des projets perso, j’y mets vraiment tout mon coeur. C’est une communauté de mecs chelous qui aiment les synthés et qui créent ensemble toutes ces machines à la main. Je suis fier de faire partie et d’ainsi voir l’évolution de Bastl en une marque d’influence qui repousse les limites et explore de nouveaux territoires.

Ton dernier EP, Sugarlump, démontre un vrai talent en production et une passion évidente pour la classique House de Détroit. Il y avait t’il des inspirations ou des intentions précises derrière ces quatre tracks ?

Absolument pas ! Sugarlump est un enregistrement complètement spontané d’une sensation de pure joie. Je vais au studio pour m’amuser, pousser et tourner des boutons jusqu’à ce que bonheur s’en suive. Puis j’appuie sur “enregistrer” et bim, nous y voilà. Je n’ai vraiment pas pensé aux références auxquelles le disque pourrait faire penser ou encore d’où viennent les idées. Elles sont juste enfouies dans ma tête et je les attrape pour en faire de la musique.

Cet EP est sorti sur Wolfskuil Limited et non pas ton propre label de cassette Bükko Tapes. As-tu sorti un vinyle pour une raison spécifique cette fois-ci ? Ton processus créatif est-il différent selon le format de production ?

Simplement parce que j’adore le vinyle ! Sortir des cassettes, c’est génial et c’est encore une niche mais le vinyle c’est une autre histoire. Sugarlump peut vraiment claquer sur le dancefloor alors en faire un vinyle était comme une évidence. Je veux qu’il soit joué dans les clubs et je suis vraiment fier que Wolfskuil Limited soit le label qui le partage à travers le monde. Mais, je ne fais jamais de musique pour un format spécifique. J’enregistre les idées claires et me concentre uniquement sur le son et la sensation qu’il me procure. Je peux me préoccuper de quand, comment et quel format plus tard.

Peux-tu nous raconter ce que ça fait que d’être à la tête d’un label de cassette? Comment choisis-tu les artistes par exemple?

C’est vraiment rébarbatif parfois. On arrête pas de me poser la même question : “Pourquoi tu produis sur cassette ?” comme si c’était quelque chose de si aliénant. Je sais que les gamins d’aujourd’hui n’ont surement jamais vu de cassette de leurs vies mais je pense que ce format, et l’expérience qui l’entoure devraient être maintenus. À vrai dire, le nombre de labels de cassettes est en expansion et la plupart sortent des choses super créatives. Je suis content que mon label puisse faire partie de ce mouvement.

« J’étais considéré comme un mec bizarre. »

Tu es familier des livestreams sur Facebook et ta chaîne Youtube est le paradis des amoureux du modulaire. Quel rôle les réseaux sociaux jouent dans ton évolution ? Te connectes-tu d’une certaine façon à ta communauté ?

Les réseaux sociaux ne sont pas un gros sujet pour moi ou ma musique. Je les considère comme un outil et un canal de communication avec mes fans. J’ai commencé les livestreams car je me suis dit : “Hey, je ne fais que jammer en studio, pourquoi pas le partager avec les gens ?”. Alors j’ai arrangé le studio du mieux que j’ai pu et j’ai appuyé sur le bouton “stream”. Il n’y a d’autres raisons plus particulière que ça. Je me suis dit que ça pourrait être cool, alors je l’ai fait. Au final, c’est génial et j’en suis vraiment content, mais ça ne veut pas dire que je vais faire de ma présence virtuelle une priorité. La musique et le temps que je consacre à en faire seront toujours au coeur de mes priorités, peu importe si je récolte des likes ou des partages. Tourner des boutons, c’est ma vie et je ne laisserai jamais rien se mettre en travers d’eux et moi. Amen.


Hi Leoš, thanks a lot for giving Delighted some of your time! 🙂 For our readers that didn’t get the chance to know you (yet), could you please briefly introduce yourself?

They call me « modular wizard » or « spaghetti master » and other funky names. I guess that’s because I play this otherworldly box full of colorful cables and create freaky sounds that people tend to dance to. I started with classical instruments as a kid and in my teenage years I got into electronic music. Since then I am all invested in tweaking knobs and perfecting my craft in hands on designing sounds. I made some impact with my debut album back in 2015 and since then I get to play at many amazing places and meet some really interesting people.

Your college resume is pretty impressive, have you always had a clear vision of what you wanted your career to be like?

Well since childhood I knew that some creative field is going to be the only way. I was considered an outsider and weirdo until I joined other weirdos on the art school. I never really invested any energy in doing anything else than creating visual art or music. I never learned any other skill or had any kind of a normal job so in fact I am unable to do anything else than art. That’s a little bit scary when I say it out loud like this.

It seems like you have a given talent with hardware synthesizers, how and why did you familiarize yourself with these machines? Can you tell us about Bastl Instruments too?

I got into synthesizers because they allowed me to have a band where I become every band member and don’t need anyone else. I had some attempts to be in a group and just play an instrument, but that didn’t go well with my obsessive ponctuality and ehm.. not really a team spirit. So I started to dive into synthesis and gear as deep as I could and at one point I wanted to start developing my own synthesizers. I reached out to Bastl boys for help and they asked me to join in. I cherish the Bastl Instruments project as my own, I really invested all my heart into it. It’s a community of weirdos who love synthesizers and together create all these beautiful machines by hand. I am proud to be a part of it and witness how it grows into strong and influential synth brand which pushes the trends forward and explores new territories.

Your latest EP, Sugarlump, showcases solid production skills and an obvious passion for classic Detroit House sound. Were there specific inspirations or intentions behind the four tracks?

Absolutely not! Sugarlump is completely spontaneous recording made out of pure joy. Just get into the studio to have fun, push buttons, tweak knobs until you feel happy. Then push record and whoomp there it is. I really didn’t think about what references it could trigger or where the ideas came from. They are just there in the back of my head and I simply grab them and make music in the moment.

This EP was released on Wolfskuil Limited and not your own cassette record label, Bükko Tapes. Is there a reason why you released a vinyl this time? Is your creative process different depending on the format?

Simply because I love vinyl! Dropping tapes is amazing and niche thing but vinyl is a different story. Sugarlump EP can be really banging on the dance floor so putting it on vinyl was kinda obvious. I want this one to be played out in the clubs and I am really proud that specifically Wolfskuil Limited is the label that spreads it across the globe. I never make music for a specific format tho. I record with clear head and focus only on the sound and the feeling. I can make my mind busy about how, where and what format to release it on later.

Can you tell us a little bit about what it’s like to be the head of a cassette record label? How do you pick the artists for example?

It feels really nerdy sometimes. You keep answering the very same question over and over again. « Why do you release on tapes? » like it is supposed to be something so alienated. I know that today’s kids might never see a cassette tape in their life but I think the format and the experience related to it should be maintained. Actually the amount of tape specific labels is on the rise and most of them are doing really creative stuff. I am happy that my label can be a part of this movement.

« I never make music for a specific format. »

You are no stranger to live streams on Facebook and your Youtube channel is any modular lover’s paradise. How big of a role are social media playing in your evolution? Are you anyhow bonding with your online community?

Social media is actually no big topic for me or my music. I consider it to be a tool and a channel to communicate with my fans. I started doing live streams because I told myself: « Hey, I am jamming in my studio all the time anyway, why not to share it with people? » So I just made it look as nice as possible and hit « stream » button. There’s no bigger agenda behind it. I thought it could be fun and cool so I went for it. In the end it turned out amazing and I am really happy about that, but it doesn’t mean i am going to put my online presence into the center of my attention. The music and me spending time doing sounds is going to be always my main focus, no matter if it is getting likes and shares or not. Tweaking synths is my life and I´ll never let to get anything in between me and my knobs. Amen to that.

 


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Wolfskuil Ltd sur Facebook : https://www.facebook.com/wolfskuilrecords/
Se procurer Surgarlump sur Bandcamp : https://hrtl.bandcamp.com/album/sugarlump-ep
Se procurer un synthé Bastl : http://www.bastl-instruments.com/