THROWBACKTUESDAY – 1992, Jeff Mills et Robert Hood sortent Tranquilizer, le premier EP fruit de leur courte collaboration, sous l’alias H&M, mais aussi premier opus du label de Jeff Mills.

L’année des collabs

Jeff Mills et Robert Hood ont déjà commencé à sillonner les quatre coins de planète lorsqu’en 1992, ils décident de s’associer pour créer des projets communs. Le monde entier a déjà soif de cette techno qu’on appelle Detroit et dont ils sont les premiers ambassadeurs. Cette année là, leur collaboration prend deux alias différents: X-103 et H&M. X-103 n’est que la suite des projets X-101 et X-102 que les deux artistes avaient commencé à trois avec leur ami Mike Banks, dit Mad Mike, le « boss » d’Underground Resistance.

H&M, bien moi expérimental et bien plus accès dancefloor que leurs autres projets communs, est une collaboration très ponctuelle, puisque seuls deux disques sortiront sous cet alias. A toute fin utile, H&M n’a rien à voir avec la marque de vêtements bon marché, mais reprend tout simplement l’initiale des noms des deux artistes.

Le premier disque Axis Records

Tranquilizer est également le premier vinyle estampillé de cette déconcertante croix de fer: le fameux logo d’Axis. Jeff Mills a décidé de lancer son propre label à Chicago en 1991, qui compte aujourd’hui plus d’une centaine de références et huit sous-labels dont le très connu Purpose Maker (il y a notamment sorti le morceau The Bells, sur l’EP Kate Moda).

Une face Hood, une face Mills

Les trois morceaux de Tranquilizer sont emprunts d’une même trempe. De la techno vive, froide et entrainante: la tonalité Detroit. En revanche, les trois morceaux ne sont pas construits par les mêmes mains. Si l’on voit bien écrits les noms de Hood et de Mills sur le vinyle, il apparaît à l’oreille que l’un et l’autre se sont partagés un vinyle en deux pour y produire chacun leurs morceaux. Pas de travail commun sur ce disque, mais plutôt une face pour chaque artiste. A l’oreille, la face A sonne vraiment Robert Hood, avec un synthé qu’on lui connait bien au début de Sleep Chamber. Idem pour 88, et sa ligne de basse caractéristique. De la même façon, la face B sonne terriblement Mills. Le rythme de Mutant Theory a la subtilité acérée emblématique du Wizard.

Fait amusant et véridique: la face B de ce vinyle se joue de l’intérieur vers l’extérieur.

Sleep Chamber

88

Mutant Theory