CHRONIQUE – Février vient de passer, l’air frais du Printemps pointe le bout de son nez, on enlève son sweatshirt pour lui préférer une plus légère veste, Mars semble parfois un peu mort mais quelques irréductibles nous organisent déjà des festivités. Trois choses nous viennent à l’esprit : danser, inspirer – une bonne bouffée d’air – (se) découvrir. Cette semaine, on vous parle de trois sorties qui nous ont fait rêver, bouger, penser. Le dernier DJ Plead chez Nervous Horizon entre drum track aux accents UK et danse du ventre, les notes délicates de D.K. sur son EP Mystic Warrior, à paraitre chez Antinote dans deux jours et enfin la dub techno hypnotique de Otik, sorti il y a peu sur Nous Disques.


DJ Plead – Pleats Plead (Nervous Horizon)

Il y a un an, sur Decisions (aka le label de Air Max 97), on découvrait DJ Plead dans Get In Circle qui naviguait habilement entre clins d’oeil trapeux et bass music traditionnelle avec un tropisme pour l’Orient flagrant.

De retour avec Pleats Plead, on reprend la recette de Giz, hard drum club soulignée de quelques touches orientales mais cette fois sur l’EP entier. L’EP se brise, se réinvente à chaque motif. À la manière de certains percussionnistes du Nord de l’Afrique, la répétition n’est pas là seulement pour délivrer un redondant fond pour une voix ou quelques vents ou cordes mais vraiment de créer une sorte transe toute indépendante des codes occidentaux où la batterie accompagne la plupart du temps.

Notre morceau préféré : Ruby qui n’est accessible que par l’achat du vinyle.

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D.K.Mystic Warrior (Antinote)

C’est pieusement qu’à chaque fois que l’on apprend que Antinote s’apprête à sortir un disque que l’on s’élance de toute nos forces sur le clavier pour y taper quelque chose du style bandcamp + antinote. S’approchant des 50 sorties, sur sa trame principale, le label français continue avec la sortie de Mystic Warrior par le résident de la maison : D.K. pour sa cinquième sortie (une sixième a déjà sa place sur la page du label par ailleurs).

Nous ayant laissé sur les rayonnantes vibrations éthérées et singulières de Distant Images fin 2017, et un détour remarqué par Music from Memory l’an passé, D.K. revient avec un EP un retour à terre (sans doute). L’omniprésence – hormis sur Earth People – de pied, kick pour les anglicistes, nous ramène à terre et c’est là un tout autre cosmos. Cet EP nous mène dans l’aérien terrien, c’est une canopée. On entend au loin quelques légers motifs tribaux de cuivres, des pads toujours qui semblent regarder vers le ciel à travers les feuilles mais c’est la forêt entière qui gronde au final, comme un tout. On est entre la musique de film et le début de set, où petit à petit on tente de faire entrer dans notre univers, D.K. nous prend à bras le corps pour nous noyer dans son EP. Housey dans Elements et Mystic Warrior, on pourrait entrevoir tout de même voir Earth People et Worries In the Dance comme un pendant au précédent EP, mais flottant entre bass music et ambient, troquant l’Orient contre quelque chose de peut-être plus lointain encore.

Notre histoire préférée : Earth People, balade aux confins de l’Univers, terrestre et aérien, on se laisse bercer dans les flûtes et les basses langoureuses.

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ndlr : l’EP sort le 13/03/2019

OtikStoned Ghost (Nous Disques)

Hypnotique, c’est le mot qu’on retiendra pour résumer l’EP de Otik, producteur anglais que l’on avait découvert chez les écuries Tessier-Ashpool et Keysound. Hypnotique, ce sont les pads raffinés qui parcourent l’EP tout du long. On y entre par une sorte de greffier, dactylographiant à folle allure – dans de folles réverbérations – sur une machine qui, dans la réalité d’un bureau semblerait exaspérante mais qui ici nous tient par la main vers le second morceau Escapade, rythme boitant, surligné de quelques percussions fugaces, comme frappées aux balais. Enfin on ajoute quelques pieds à ce rythme dub claudiquant pour arriver sur Beliefs avec sa stridente plainte, ses clochettes et ses rim shots en pagaille pour le groove et ses voix semblant venir nous hanter. Enfin, titre éponyme, Stoned Ghost reprend le thème du hanté – mais cette fois par quelque chose de moins noir, pour nous emmener dans un carillonnant ensemble de paillette musicale et de pad sensuels, on l’écoute allongé.e.s puis on bouge la tête. Un EP entre rêverie et réalité.

Morceau préféré : Stoned Ghost pour son ambivalence entre le rêve et ses rythmiques plus terre à terre.

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