L’orfèvrerie de Ben Klock n’en finit plus de sortir quelques joyaux bien travaillés.
Après le KW 12 signé de Steve Rachmad, voici que c’est au tour de Zak Khutoretsky, le DJ de Minneapolis mieux connu sous le nom de DVS1, de s’illustrer sur ce label qui, décidément, prend le parti de faire jouer quelques pointures du genre.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, comme pour ceux qui l’aurait entendu jouer à la Concrète dernièrement ou durant le festival The Tribes, DVS1 est une figure électro du paysage US.
Ayant commencé à mixer depuis le début des années 90, il atteint l’apogée de son art en s’érigeant comme un caméléon.
Capable de passer facilement du registre house, à une techno plus dure, il n’oublie pas d’y insérer ce qui fait aujourd’hui sa griffe : une gestion millimétrée d’une palette de sons minimalistes.
Et c’est notamment pour cette raison que Ben Klock, pour la cinquième release de son label, l’a propulsé en 2009 sur le devant de la scène, et l’y faire revenir pour le huitième opus de Klockworks

Revenons donc à cette toute dernière sortie de Zak, qui s’organise autour de trois tracks :

Black Russian, aussi doux que le cocktail

Pour l’apéritif, pas de kick ravageur, pas de sons « métalliques », mais une douceur. Black Russian sent l’été et le montre.
Ici, un piano, quelques hats, une touche de percus et un peu de dub savamment distillée vous transportent. Un beat lancinant, mais sûrement doré par le soleil, s’invite à la danse, en fin de track, pour la rendre un peu plus planante.
Vous l’aurez compris, cette track n’est pas un hymne à la techno, mais un appel au calme et à la douceur.

Peut être d’ailleurs est pourquoi Ben Klock l’utilise en closing de nombreux de ses sets.

Creeping, la douce oppression

Une atmosphère oppressante sur sept minutes, c’est bien peu rassurant, n’est ce pas?
Laissez donc faire DVS1, et vous aurez une track qui évolue, tout au long de ces minutes, martelée par un kick doux mais efficace, agrémentée de quelques effets qui sonneront, pour les plus compositeurs d’entre vous, comme la track parfaite pour faire monter vos sets en intensité, de façon savante mais efficace.

Spying, ou le retour à la techno

Dès son ouverture, cette track insuffle une réelle énergie.
Sélectionnée et jouée par Klock pendant son (long) mix à la Fabric, l’an dernier, Spying représente bel et bien l’esprit de Klockworks, à la sauce DVS1.
Une techno énergique, efficace, jouée seulement par quelques sons, savamment jetés sur leur ligne par Zak, et « sertie » d’un kick à fréquences basses, pour un résultat des plus ravissants pour des oreilles averties.

Comme annoncé, DVS1 nous sort donc un EP dans la lignée de ce que fait Klockworks : des créations empreintes de qualité.