Août approche, les températures atteindront bientôt les fatidiques et brûlants quarante degrés, le gouvernement ne semble toujours pas avoir pris conscience que les artistes mangent comme tous les humains. Au même moment, les parcs d’attraction vendent du cholestérol à des familles saoulées de porter des masques, et des divertissements rendant la cervelle inerte. Que nous reste-t’il ? Évidemment la musique. Ici, trois chroniques, trois EPs qui nous font respirer, danser, suer, méditer. « Ravez » comme vous le souhaitez, qu’ils disaient.


Dexorcist – Rage Signal (Ecstasy Garage Disco)

Dexorcist ou The Dexorcist est un mystère. Le Soundcloud presque vide nous laisserait penser que le bonhomme a lâché platines et machines pour aller se rêver d’autres histoires, lancer d’autres projets. Mais non. De nulle part, le label de, Ecstasy Garage Disco, qui n’a de disco que le groove ou le nom, sort de son chapeau 4 morceaux. Rave gueularde aux forts accents anglais, l’EP est en fait un petit recueil des dernièrs tracks de l’artiste (postés pour la plupart il y a 7 ans sur son soundcloud). Ressorti de terre donc, Rage Signal est un véritable bijou de UK rave « à l’ancienne », oscillant entre la lourdeur de synthétiseurs cogneurs et belliqueux, et le groove d’un sample de jazz loopé à l’infini dans des amens breaks hypnotiques. À choper uniquement chez votre disquaire/shop en ligne préféré !

Ciel – Trojan Horse (Thanks For Enlightening Me)

Sorti il y a peu sur le label de la DJ et productrice new yorkaise UMFANG, le cheval de Troie de la productrice Ciel est un appel au calme, à la méditation et à un retour aux sources. S’asseoir, se lever, inspirer, expirer, on écoute l’EP comme on le souhaite, ondulant ou au sol, les paumes pressant la terre nourricière. Trojan Horse est un temple, un endroit où l’on peut rencontrer l’illuminé comme celui qui cherche encore des réponses. Les voix, éthérées, parfois fondent sur nous, pitchées, repitchées, entrecoupées de sons encore plus aériens. On entend de petites entités voler au dessus de nos tête. Plus loin, une longue étendue d’herbes nous invitent, pieds nus, à venir danser, la valse du kick et de la basse nous assomment de petits coups, nous réveillent, le chant d’une flute traine et nous envoûte. Puis Ciel laisse la main à une autre sorte de prêtre, le juke-man Swisha, qui dans un grand bal de breaks nous emmènent dans son temple à lui, le club. Le résultat est beau, doux et nous fera surement suer une partie de l’été. À attraper de toute urgence, ici.

051 Destroyer – Red Mask Samurai (Lunar Orbiter Program)

Tout valdingue dans tous les sens, nos sens nous quittent, une amie dans sur la droite, un illustre inconnu devant, le club est plein, la chaleur vient subtilement nous happer. 051 Destroyer « is back on LOP » comme le dit la description du premier LP. L’artiste est plus connu sous le nom de Mattia Trani a.k.a l’italien fou à la tête de Pushmaster Discs. 8 morceaux de Detroit techno, d’electro chaloupés, gonflés à base de sample de films japonais, venant souligner l’ensemble électrique ! Un must have pour les djs et les accros à Motor City, à acheter ici !