Aujourd’hui Delighted vous propose une playlist un peu spéciale, qui nous servira de prétexte à un retour aux années pionnières dont notre génération est l’héritage. Préparez vos oreilles pour une petite leçon d’histoire en musique, cette semaine la Delighted Selection passe en mode Oldschool.

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1977, Détroit – USA, Juan Aktins, 14 ans, se prend une claque musicale et l’histoire se met en marche. Bientôt, ce qu’il appelle la musique du futur naîtra et cette claque, c’est Giorgio Moroder qui la lui asséna avec I Feel Love – Donna Summer.

(Jouée au Rex par Lil Louis en septembre, surement une des tracks qui vieillie le mieux.)

Le tube de Casablanca Records fut donc un déclencheur, mais les influences sont diverses, en Allemagne, depuis déjà quelques années Tangerine Dream et Kraftwerk posent en partie les bases de ce que sera l’un des plus grands mouvements musical de l’histoire.

Tangerine Dream, ce sont les Pink Floyd décomplexés, tu prends toutes leurs phases incroyables et tu obtiens Stratosfear, dix minutes de voyage, au sens propre.
(Pour l’anecdote, Tangerine Dream a servi de BO à la vidéo de Gameplay de GTA V, comme quoi les œuvres de qualités sont intemporelles)

Kraftwerk, quant à eux, peuvent être définis par la phrase suivante : Un son du passé qui sonne toujours comme une musique du futur. En même temps avec des titres tels que Robot ou encore it’s more fun to compute en 1980 on pouvait s’attendre à ce que les mecs soient vraiment à l’ouest.

Et des usines désaffectées de Détroit et Chicago, de la froideur du béton va finalement naître une musique empreinte des sonorités industrielles. « Elle est un disco transformé en mantra grâce à la technique du sillon fermé, transcendé par les ondulations du son. (…) Comme le christianisme, le judaïsme, l’islam, souvent, elle est bien trop bruyante et alimente les conflits de voisinages. » Son nom : Techno.

Juan Atkins lui donne le nom de « Techno » en référence au livre du futurologue Alvin Toffler à propos des effets de la technologie sur l’Homme. Et guidé par ses trois pères fondateur, The Belleville Three la bande son de l’ère informatique démarre sa folle odyssée, s’affranchissant des conventions et des restrictions.

Écoutons quelques mots et compositions de ces précurseurs.

Juan Aktins aka Model 500, l’homme du futur :
« Je crois qu’on a encore tout à découvrir de l’esprit : la communication non verbale, la télépathie, des trucs comme ça. Tu sais, je crois que le cerveau a des pouvoirs qu’on n’imagine même pas. Je pense que notre esprit vient d’ailleurs, et que le corps est son vaisseau, qui reçoit les commandes du vaisseau… »

Derrick May aka Rhythim is Rhythim :
« Je dirais qu’il existe une vingtaine de DJs qui jouent encore à l’ancienne ; je veux dire avec des vinyles. Little Louis ; Theo Parrish ; Jeff Mills ; Ben Sims ; Glen Underground… Ça va si tu joues avec Cds et vinyles, mais les mecs qui jouent uniquement avec leur laptop n’ont rien compris. On dirait qu’ils checkent leurs emails ! Ils peuvent faire semblant ! Si j’étais le patron d’un club, je les virerais à la première suspicion de glandage ! »

Kevin Saunderson aka E-Dancer :
« Tout le monde veut être un DJ et tout le monde veut être un producteur, presser un bouton et faire un son – C’est là que ça devient dangereux, parce qu’il est très facile pour n’importe qui de faire un son et de le faire produire. »

(Un clip sur MTV, on à rarement vu plus Oldschool)

Suivis par d’autres artistes, plus que notables tels qu’Octave One :

Ou encore The Wizard, Jeff Mills :

Mais surtout le collectif Underground Resistance :
Pour éviter une leçon d’histoire pompeuse et surtout parce que L’underground Resistance, c’est avant tout l’anonymat, n’être que l’égal parmi les ego, voici une traduction de leur manifeste.

« Underground Resistance est le label d’un mouvement. Un mouvement qui veut le changement par la révolution sonore. Nous vous exhortons à rejoindre la Résistance et à nous aider à combattre la médiocrité des programmations sonores et visuelles destinées aux habitants de la Terre. Ces programmations entretiennent la stagnation des esprits, édifient un mur entre les races et s’opposent à la paix mondiale. C’est ce mur que nous allons détruire. En puisant dans l’inépuisable potentiel énergétique du son, nous allons détruire ce mur aussi sûrement que certaines fréquences brisent le verre. La musique techno se base sur l’expérimentation; c’est une musique pour le futur de la Race Humaine. Sans cette musique il n’y aura ni paix, ni amour, ni espérance. La techno a permis à des personnes de toutes nationalités de partager du plaisir ensemble sous un même toit simplement par le son. N’est-il pas évident que la musique et la danse sont les clefs de l’univers? Les tribus soi-disant primitives le savent depuis des milliers d’années! Nous encourageons nos frères et nos sœurs de l’underground à créer et transmettre leurs timbres et fréquences sans se soucier du fait que leurs instruments soient ou non primitifs. Transmettez ces fréquences et semez la confusion chez les programmeurs!

Longue vie à l’underground… »

Et ce sont ces mêmes magiciens anonymes qui vont clore cette playlist. Le groupe Elektroids, mené par feu James Stinson (aka Drexciya), dont on ne connait finalement pas la composition exacte aura marqué une génération avec l’album Elektroworld.