INTERVIEW – L’avenir de la techno industrielle post-punk a encore de beaux jours devant elle. La preuve en est : Mind/Matter jouera en live pour la prochaine Fée Croquer ce samedi 28 Décembre. On a été recueillir quelques mots de l’intéressé.


Ruben : Salut ! à qui avons-nous à faire ?

Théo, Paris, 21 ans, MIND | MATTER.

Je fais de la musique depuis 10 ans maintenant, de la guitare principalement. Le projet M|M a lui 2 ans je crois.

C’est quoi ton origin story ? Qu’est-ce qui t’a fait découvrir la techno ?

Mes parents m’ont fait écouté de la techno depuis que je suis enfant. Mais j’étais plus branché rock… je le suis toujours plus que la techno (rire). Le rock a tout de même joué un rôle dans mon amour de la techno : voir les musiciens punk des années 80 jouer du synthé, de la boîte à rythmes, pour donner naissance au genre post punk. L’album de Liaisons Dangereuses : j’ai pris une claque monumentale la première fois, il y a des années de ça. C’est vraiment ce qui m’a chauffé à faire de la musique électronique.

Une fois motivé à te lancer, ils étaient comment tes débuts ?

J’ai juste commencé par mettre quelques sons sur Souncloud, en utilisant les codes venant du rock : ça a donné de l’EBM, depuis je suis resté sur ce créneau. Mes premières scènes, c’était sportif (rire). Je voulais absolument avoir ce coté « live ». Je jouais des espèces de proto track à moi – merdiques – depuis mon ordi, sur des contrôleurs Midi tout aussi flingués. C’était bien marrant mais il faut bien commencer quelque part ! Je suis tellement reconnaissant envers les personnes qui m’ont fait confiance pour jouer alors que j’avais deux sons sur mon Souncloud qui se battaient en duel, aucune demo… et une quantité énorme de stress – big up La Toilette, pour qui je suis maintenant résident.

Tu as fait du chemin depuis, produisant plusieurs tracks pour notre plus grand plaisir. Il y en a une dont tu es particulièrement fier ?

Holograms je pense. Je me souviens avoir été plutôt content du résultat et les gens ont eu l’air d’apprécier : c’est mon track qui a le plus de plays – 22k je crois – et a mon échelle c’est fou!

J’ai eu la chance de jouer à d’autres endroits que Paris, comme Londres, Rouen ou Brest. Sortir mon premier EP en digital et en cassette en septembre sur le label berlinois Detriti : c’est de loin un de mes labels de post punk favoris, et je suis fier d’avoir sorti mon premier EP chez eux plutôt que sur un label exclusivement techno. Et ça, ça tue (rire) !

Mind/Matter est un projet encore très jeune, tout comme toi Théo. Qu’est-ce que tu imagines pour votre avenir ?

Comment parler du futur avec la musique? Bonne question. J’avoue que je ne saurais pas trop y répondre. Mais si ma musique devait décrire le futur, il serait franchement dystopique et glauque (rire). Je travaille beaucoup : j’ai trois EPs qui vont sortir en 2020, sur trois labels excellents : une cassette pour mes amis d’INTERVISION (Varsovie, Panzer, Paulie Jan, BLNDR, Illnurse etc.) et les deux autres… c’est la surprise !

Si tu devais travailler avec quelqu’un ?

Ancient Methods clairement. Je suis très admiratif de ce qu’il fait (et c’est un mec très cool). Il avait passé l’un des tracks pour le label Detriti sur sa dernière Boiler Room, c’était Innocent or Guilty je crois.

Et le label de tes rêves ?

Il y en a plein ! Mais il y en a un sur lequel je vais sortir cette année qui est complètement fou, mais je ne peux pas encore le dire… On garde le mystère.