corvum

Il s’appelle Dimitri Diamantis puisque ses parents en ont décidé ainsi, il est grec et est tombé dans la musique quand il était petit. Sa potion devient électronique dès qu’il entend celles de Jean Michel Jarre et Vangelis. Corvum (déclinaison latine pour « corbeau ») nait dans la foulée, au début des années 90. À cette époque, il n’est déjà plus question de faire autre chose que d’user de ses pouvoirs pour créer un peu d’harmonie. Rien de mal à cela.

J’évoque rapidement son amour pour Détroit et les tatouages — voilà — et je passe sans transition à son style d’aujourd’hui : un tantinet berlinois, mélodiquement émoussé, aussi clair et commode que l’ombre de Peter Pan. En d’autres termes, Dimitri ne se contente pas de nous faire violence propre. Il nous invite à bord de son vaisseau pour découvrir ensemble le potentiel de sa générosité poétique. Une certaine anecdote n’en manque d’ailleurs pas (de générosité). Coincidence Records demande au concerné un morceau pour une compilation, il multiplie par six le contenu de sa réponse. Comprenez bien, le fruit de sa charité s’appelle Motor City Industrial Park.

À l’écoute de ce paquet, on sens l’artiste inspiré par un jeu de course futuriste à la Wipeout ou F-Zero. L’allure générale est certes Techno mais cela ne nous empêche pas de traverser sept mondes différents. Le 1er départ se situe au cœur d’une jungle épique, le 2nd dans un vortex parsemé de vrilles et de montagnes russes. La fraîcheur organique de Weirdness est suivie par Farewell, plutôt glaciale et vicieuse. Await O Perseverance adopte une mécanique métropolitaine tandis que Parallel Division paraît obscure et spatiale. Pour la dernière ligne droite, le boss Psytox reprend la 1re avec les manettes 909, 808 et 303 en main. Bon, ce verbiage fait l’objet d’une interprétation subjective mais je suis convaincu que votre critique ne manquera pas d’imagination non plus. Tout cela pour dire que cet EP n’est pas en manque d’étiquette et encore moins de calibre.

Bonne écoute.