Lorsque la musique électronique est apparue, deux formats de sortie existaient: la cassette et le vinyle. Le vinyle était, est et restera le format adulé des passionnés. Pour autant, il présente plusieurs inconvénients tant pour les producteurs que pour consommateurs. Son poids, sa fragilité, son coût. Mais aussi le temps d’attente pour le presser. Coldgeist sort Ce qui est en haut LP, un album 100% digital, s’affranchissant de toutes les barrières à la création artistique que peut représenter le vinyle.

Récemment, Coldgeist a sorti plusieurs tracks, tant sur son propre label Ritual Process que sur d’autres comme Children Of Tomorrow. Il n’empêche que beaucoup de morceaux qu’il a produit restaient au placard, faute de label pour les signer ou bien à cause de l’attente systématique de plusieurs mois pour presser les vinyles.

N’ayant pas pour habitude de se laisser abattre, Coldgeist retrousse ses manches et décide de se renseigner sur les vecteurs parallèles de distribution de musique: bienvenue dans le royaume des internets et de la dématérialisation.

Il sort son album sur Bandcamp, une plateforme efficace qui permet aux artistes de commercialiser leur musique. Ici, plus de label. L’artiste est en lien direct avec son public, qui lui manifeste son attention en lui achetant sa musique.

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Digital ne rime pas qu’avec commercial

Ce qui est en haut LP est une exploration des bas-fonds de vos neurones qui s’étale sur huit tracks. De la techno mentale qui se prête tantôt au dancefloor, tantôt à la méditation.

« Au début ça n’était qu’une poignée de tracks très brut que j’avais fait à partir de machines analogiques et de synthés. Puis je me suis assis devant mes machines et j’ai essayé d’expérimenter de nouvelles textures, de nouveaux motifs rythmiques pour pousser plus loin. J’ai bouclé quasiment un morceau par jour en bossant de manière complètement spontanée. J’ai alors remarqué que chacun des morceaux  semblait un élément isolé d’un seul et même voyage. Ca prenait tout son sens de les sortir sur ce qui est devenu mon premier album digital. »

L’album commence par Paradis Perdu, un morceau ambiant/dub pour une intro en douceur vers les cieux ténébreux. Jamais prend la suite, avec des nappes épaisses qui se marient très bien au roulement de tambour.La première track dancefloor est la troisième: La Zone. Rythme super entrainant, on ne peut s’empêcher de battre le tempo dès le premier break. Les échos atmosphériques de Renaissance et de Corps Immergé nous donnent des ailes vers Ce qui est en haut, titre éponyme costaud où fourmillent les effets de textures et d’ambiance. Le grand plongeon continue avec Cyclique et Technopère, nos deux grands coups de cœur sur cet album. Des tracks dévastatrices qui résonneront violemment sur les dancefloors d’Europe et d’ailleurs.

Vous l’aurez compris, cet LP nous parait très réussi, et c’est aussi l’avis de plusieurs artistes techno relativement connus. Parmi eux, Coldgeist est d’ailleurs ravi de compter sur le soutien de Voiski de Svreca ou encore de Luigi Tozzi.

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La Bretagne, terre d’inspiration de Coldgeist