INTERVIEW – Sorti le 17 juillet 2020 chez Sengiley Records, le nouvel EP Icarus du fameux Joe Lewandowski est une invitation au voyage entre ciel et mer. Inspiré par le mythe antique d’Icare, Icarus est non seulement un EP qui raconte une histoire à la morale poignante mais, est aussi, le résultat d’un travail engagé.


En effet, le mythe dénonce la volonté de l’Homme d’aller toujours plus loin, plus haut, de surmonter ses capacités. Le personnage d’Icare prévient des risques de cet état amnésique avec la nature et qu’il est nécessaire de se rappeler d’où l’on vient. Joe a souhaité avertir au travers de sa musique, l’importance de cette histoire plus que réelle aujourd’hui.

Composé de quatre tracks, cet EP parle, raconte, dénonce les différentes étapes du périple d’Icare : “Les deux premières pistes ont un côté housey qui traduirait le sentiment de bien-être que procure le vol. La troisième partie est une piste ambiante qui symbolise la plénitude du vol avec le soleil. Enfin, le dernier morceau est plus sombre avec ses beats techno et sa ligne de basse acide, il évoque la chute d’Icare. Cet EP est un trip psychédélique qui veut nous faire réfléchir à la façon dont nous traitons notre planète.”
(traduction du texte en anglais de Joe Lewandowski).

Un voyage sensé à la fois influencé par la puissance de la nature et rythmé par la douceur des synthés,

Joe, artiste mythique

Cet EP nous a vraiment charmé. Autant que son producteur que nous avons désiré rencontrer.


FLORA : Salut Joe ! Merci encore d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. Avant toute chose, peux-tu nous raconter tes débuts dans la musique ?

JOE : Hello Flora, merci beaucoup pour l’interview. Au départ je viens plutôt du rock, j’ai joué dans différents groupes pendant des années. J’ai vraiment commencé à mixer quand j’habitais à New York. Je faisais des all night long dans des petites teufs où je mélangeais techno, rap et disco. De retour à Paris fin 2016, je me suis lancé. J’ai longtemps hésité avec le pseudonyme “Madame Claude mais quand j’ai vu qu’il existait déjà des soirées, je me suis dit au moins personne ne me prendra mon propre nom.

F : Quelles ont été tes plus grosses influences lors de ton parcours musical ?

J : J’ai eu la chance d’avoir deux grands frères qui collectionnaient les disques, le premier plutôt du rock et l’autre de la house. Du coup mes deux grandes passions sont à la fois, Led Zeppelin et les Masters at Work.

F : Quelles ont été tes inspirations pour produire ce chef d’oeuvre ? 

J : Chef d’œuvre haha c’est un peu fort quand même. Cet EP a été inspiré par le mythe d’Icarus. Je l’ai conçu comme la musique d’un film avec un côté assez sombre et cinématographique où chaque partie de l’EP correspond à un moment de ce mythe.

F : Pourquoi avoir choisi le nom d’un personnage de la mythologie grecque pour cet EP ? Y a-t-il une signification particulière ?

J : Ce mythe a beau avoir des milliers d’années, il est étonnement actuel. Quand tu regardes la façon dont on détruit la nature, cela finit par se retourner contre nous. Pour moi, il est vraiment urgent de changer nos modes de vies.

Joe Lewandowski

F : As-tu l’envie d’être un artiste engagé au travers de tes sons ?

J : Oui évidemment ! Pour moi, un artiste ou un promoteur doit être engagé ! C’est pour ça qu’avec mon collectif La Claque, on essaie d’avoir la parité sur les djs que l’on invite entre hommes et femmes. Sur cet EP, ce sont vraiment les images de notre gestion catastrophique de la planète qui m’ont fait penser au mythe d’Icarus.

F : Que représente cet EP pour toi ?

J : Je pense que cet EP marque un tournant musicalement entre des Eps house et disco avec un côté très solaire vers une musique plus dark et psychédélique.

F : Des futurs projets aussi marquants pour la suite ? 

J : Oui je peaufine mon live cet été avec guitares et machines. J’ai vraiment hâte de la présenter ! Mon prochain EP sur Amsem arrive aussi à la rentrée entre dark disco et techno avec un clip réalisé par Romain Eugene Campens. Que des bonnes nouvelles !!

F : Comment décrirais-tu ton univers musical, et ta musique en elle-même ?

J : Je dirai entre house, italo et dark disco avec toujours un côté psychédélique. Je pense que ce qui fait le lien entre tous mes morceaux. L’envie de s’évader, d’aller ailleurs.

F : Qu’est-ce qui te plaît le plus dans le monde de la musique électronique ?

J : Que ça s’écoute très fort.

F : Comment t’es-tu occupé pendant le confinement et comment as-tu vécu cette période en terme de musique ?

J : Je me suis au yoga. Si ça continue, je vais me transformer en influenceur / professeur yoga. Musicalement, j’ai enfin eu le temps de bosser à plein sur ma musique et non à bosser pour payer le loyer. Mais j’ai l’impression que l’on est dans cette situation pour un long moment encore et j’avoue que cela me met des moments de déprimes assez sévères.

F : Les artistes ou tracks que tu saignes en ce moment ?

  • J : Wild de Stolt qui a bossé avec moi sur Ego trippin pour la compilation Trax Magazine, sortie sur Skylax records. Il a une des plus belles voix que j’ai entendu.
  • Je suis un fan absolu de Diplo et je pense que c’est le meilleur morceau de musique électronique sorti cette année.

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