ALBUM – La semaine dernière on lui donnait carte blanche pour la playlist hebdomadaire. Cette semaine, on lui donne crédit pour son tout nouvel album Blood Rage. Sorti récemment sur son label Synthetic, on savait avant même de l’écouter que ça allait être une tuerie de plus à sa discographie. Sur les bancs de l’école depuis 2014, NxxxxxS en est déjà à son 11ème album avec Blood Rage, un projet musical parmi tant d’autres. Pour cette occasion, on a souhaité aller à sa rencontre et celle de son univers. 


Salut Nfivexs, merci d’avoir pris le temps de répondre à toutes nos questions ! 

FLORA : Depuis quand, et comment, t’es-tu lancé dans le domaine de la production musicale ?

NFIVEXS : J’ai commencé à m’y intéresser en 2011, j’écoutais des instrus de 9th Wonder et d’Alchemist sur Youtube, je voulais faire pareil. C’est aussi le moment où Tyler The Creator et Odd Future ont commencés à devenir connus. 
Je pense que c’est vraiment les sons de Tyler qui m’ont donné le plus envie parce qu’elles étaient très simples et il était lui-même sur garage band avec les plug-ins de base. Donc dès que j’ai commencé j’ai trouvé les mêmes sonorités et c’est sûrement ça qui m’a fait accrocher. Aujourd’hui ma musique ne ressemble pas du tout à 9thWonder ou Tyler The Creator mais ce sont bien ces deux artistes qui m’ont donné l’envie de m’y mettre.

F : D’où provient l’inspiration de tes musiques généralement ? Et pour l’album Blood Rage ?

N : D’autres musiciens, des films, des ambiances, des soundtracks, des sentiments.
Blood Rage c’est une histoire qui a du sens, avec un début et une fin, des moments d’actions, d’autres plus calmes. J’aimerais bien que le ressenti commun aux auditeurs après l’avoir écouté soit à peu près similaire, c’est à dire que l’album fasse se sentir d’une certaine façon à tout le monde.

F : As-tu souhaité transmettre un message, un sentiment au travers de cet album ?

N : Je voulais faire vivre une expérience complète, comme un film.

F : Peux-tu nous parler de l’agence artistique Synthetic ? Es-tu à l’origine de cette idée ? Travailles-tu solo sur le projet ?

N : Synthetic c’est une agence de création et un label, j’en suis à l’origine et je suis solo pour le moment. Le but c’est d’aider d’autres artistes à réaliser leur projets en leur proposant mon expérience et des moyens qu’ils n’auraient pas forcément tout seul
Je veux développer une relation très proche avec les artistes qui travaillent avec moi. Collaborer et respecter le plus possible chacune des visions combinées.
Pour l’instant je travaille avec Bitsu (rappeur), Arthrn (producteur/ chanteur) et Europe (chanteuse). Avec Bitsu, on a analysé quels étaient ses objectifs et on a décidé ce que Synthetic pouvait faire pour l’aider. Par exemple : suggérer et s’occuper des featurings (Bye-bye avec Lala). Lui permettre de voyager à Berlin et lui faire rencontrer des producteurs. On a aussi réalisé son dernier single Cokaine avec Mistersir (un producteur basé à Berlin notamment connu pour avoir produit le dernier album de Yung Hurn).

F : As-tu d’autres projets en cours ?

N : J’ai finis la soundtrack complète d’un film Américain qui s’appelle La Flamme Rouge, il devrait sortir bientôt. J’ai beaucoup aimé faire ça, j’espère pouvoir en faire d’autres dans le futur.
Maintenant j’ai envie de changer un peu la direction artistique de ma musique pour mes futurs projets sur lesquels je suis déjà entrain de travailler, pour l’instant je peux pas en dire plus.
Et j’aimerais bien faire un peu plus de prods pour des rappeurs/ chanteurs même si c’est vraiment le pire truc pour espérer gagner de l’argent et vivre de la musique.

F : Tu préfères jouer devant un public ou produire derrière ton ordi ?

N : À priori je préfère produire sur mon ordinateur car jusqu’à maintenant j’ai pas encore eu l’occasion de me produire devant un public comme je le voudrais.
J’aimerai pouvoir mettre en place un concert qui a du sens avec une scénographie, des vidéos projetées etc.

F : On associe très souvent la synthwave/ vaporwave à un sentiment assez mélancolique. Ressens-tu les mêmes émotions lorsque tu écoutes que lorsque tu développes ?

N : Pas vraiment, je pense que c’est difficile de ressentir les mêmes sentiments en travaillant et en écoutant. Quand je produis, je dois obligatoirement être super concentré et donc je pense que la partie du cerveau qui sert à ressentir des choses n’est pas forcément utilisé.
Je pense qu’un musicien peut ressentir sa musique s’il est « virtuose ». Par exemple si un groupe de jazz joue ensemble et improvise, là il doit y avoir beaucoup de choses à ressentir. Quand je fais ma musique c’est pas du tout de l’impro c’est très réfléchi, peut-être que je devrais faire plus d’impro ? J’y ai déjà pensé, je le ferais sûrement.
Aussi ça ne veut pas dire que je ne prends pas le temps d’essayer de ressentir la musique que je fais, je ne le fais pas au bon moment c’est tout.

F : Tu as collaboré avec beaucoup d’artistes du milieu rap également. Quelle collaboration as-tu le plus aimé ?

N : Pour l’instant je n’ai pas eu l’occasion de collaborer comme je voudrais vraiment le faire. J’aimerais beaucoup pouvoir prendre le temps de réfléchir à un son et le travailler avec un rappeur ou chanteur de la même manière que je produis mes sons solo.
Jusqu’ici, ça a toujours été trop rapide à mon goût ou alors fait à distance donc différent.

F : Y a-t-il un pays où tu apprécierais de faire une tournée ? Un festival/club dans lequel tu aimerais jouer ?

N : J’aimerais bcp faire une tournée aux US, là où il y a la majorité de mon public. J’ai eu l’occasion de jouer à NY et à Los Angeles en 2019 et c’était vraiment différent de l’Europe où j’ai plutôt joué dans des clubs dans des soirées dj plutôt qu’à des concerts d’artistes.

F :  Imagine que le COVID-19 n’existe plus le temps de 24 heures et que tu peux organiser un événement, avec budget illimité, que fais-tu ?

N : J’aimerais bien faire un événement de Vaporwave et de Phonk (2 salles, 2 ambiances) avec des scènes construites que ça soit vraiment un spectacle audiovisuel. Ça serait dans un endroit super mainstream au milieu de Paris, il n’y aurait pas de listes et tout le monde serait accepté, sauf les gens sur liste.


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