Par un live impressionnant de maîtrise et de précision, le Français Kangding Ray a inauguré les soirées Signal Live au Glazart. Retour sur la performance d’un artiste brillant, qui annonce des concerts de qualité tout l’été Porte de la Villette.

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20 heures un soir de mai. Il fait encore grand jour et pourtant, on préfère s’engouffrer dans l’obscurité d’un club. Au Glazart, on écoute d’abord Dasein, assis en tailleur en buvant une bière. Le temps d’un changement de scène, de quelques clopes en terrasse, et c’est Kangding Ray qui débute son live. Le commencement d’une histoire. L’artiste a le goût pour les contes, et son live plonge dans un univers musical industriel hors norme. Il flirte entre le son expérimental et la musique de club, explorant au maximum les sonorités analogiques.

De passage dans les lieux les plus élitistes d’Europe comme le Berghain, le Rex Club, les Nuits Sonores ou le Centre Pompidou, l’expérience Kangding Ray vaut la peine d’être vécue. Car dans sa performance live comme dans l’image qu’il dégage, Kangding Ray a le sens du beau. Il n’y a qu’à voir les couvertures de ses albums : l’esthétique, le visuel, ont une place importante chez lui. Et pourtant, il reconnaît que l’image doit aussi s’effacer derrière la musique. Car si elle aide à la comprendre, elle est un apparat parfois perturbant qui disperse de l’écoute. Kangding Ray reconnaît qu’il ne joue plus forcément avec des visuels sur scène.
OR_cover_web« Je veux que le son conserve sa capacité d’immersion, souligne-t-il dans une interview au Glazart. Je tiens à ce que la musique garde une forme pure, abstraite et primale. »

Au Glazart justement, l’environnement est épuré, obscurci. Il ne reste que l’artiste et ses machines. Une centaine d’initiés s’est déplacée en ce début de soirée, manifestant ainsi leur droit à méditer. Kangding Ray est absorbé par sa table de travail, et il livre un live préoccupant, une performance qui mêle des passages techno à des sonorités plus expérimentales. Une musique intimiste qui plonge dans un univers sombre et rude. « Si j’avais les réponses, je ne ferais pas de musique… » Cette phrase piochée dans une interview pour Resident Advisor résume le projet de Kangding Ray. Proposer une musique qui laisse songeur. Chaque track est une question qu’il pose. À l’écouter en club, à 21h un soir de mai, on fait bien plus que de danser. On cherche des réponses.

 

Solens Arc, les plus belles flèches du carquois de Kangding Ray

Kangding Ray est un récidiviste de l’album, sentier le plus sûr pour composer une narration musicale aboutie : Stabil, Automn Fold, Or et Solens Arc donc. Ce quatrième album qu’a produit Kangding Ray chez raster-noton est sorti cet hiver.

Solens Arc est une architecture déstructurée qui alterne des sons dub et techno. Le tout révèle une musique d’atmosphère où chaque titre est un nouveau chapitre à l’histoire : The River, L’Envol, Apogée, Amber Decay… Par cet arc musical fascinant, Kangding Ray sort les plus belles flèches de son carquois. Elles composent en partie ses dernières performances.

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Du Signal Live au Signal Festival, il n’y a qu’un pas

La première soirée Signal Live nous a mis en appétit. Tant mieux. Car cet été, le Signal Festival sera le rendez-vous techno de juillet à Paris. La programmation pointue révèle encore une fois que le Glazart est une scène majeure des musiques électroniques à Paris. La prochaine Signal Live, le 22 mai, mettra à l’honneur DSCRD (Discordance), un artiste signé sur DEMENT3D Records, le label de Francois X. Quant au Signal Festival, il agitera le bassin de la Villette pendant quatre jours. En partenariat avec Delighted, 32 artistes offriront 60 heures de house et de techno. Sous le pavé du Glazart l’été, c’est LaPlage. On profitera ainsi de l’open air pour seconder le club nébuleux. C’est un signal qu’on vous émet. Allez-y.

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