REVIEW – Cela faisait presque trois ans qu’on n’avait plus de nouvelles d’Andy Stott, le génial créateur de frissons sonores affilié à Modern Love. Entre textures saturées, chuchotements séraphins et drums arides, il perfectionne depuis 2006 une musique inimitable, qui ravit les amateurs d’ambient et de low tempos austères tout en restant incroyablement novatrice.

Depuis 2016 et le fulgurant Too Many Voices, silence radio de la part du producteur venu de Manchester… La trêve prend heureusement fin ce mois-ci : Stott dégaine neuf glaives, qui composent le double EP It Should Be Us

Dès les premiers beats guerriers de « Dismantle » on est rassurés. Le maître est de retour sans compromission. Alors que tant d’artistes se perdent en tentant la surenchère, Andy Stott garde le cap, mixant disharmonies, fréquences métalliques et choeurs enchanteurs avec maestria. Sur Promises, les abysses côtoient le ciel. Les syncopes expérimentales se marient à merveille dans une ambiance étrangement hype.

On adore lorsque, avec « Collapse », Stott accélère la cadence, et donne une nouvelle leçon de style : sa musique est mutante par essence, et vient concurrencer les meilleurs breaks, revenus à la mode depuis deux ans. Seulement, ses saccades à lui sont uniques, s’enchainent et se superposent dans un menaçant sabbat. Le groove est impeccable, soutenant le dialogue entre une corne démoniaque et des percussions tribales. L’ambiance n’est pas sans rappeler un morceau de l’élitiste duo Demdike Stare, « Hashashin Chant », sorti lui-aussi sur le prestigieux label Modern Love.

Les pistes plus orientées club, comme « 0L9 » ou « Versi », ne jettent aucune ombre sur ce magnifique tableau que peint Andy Stott : on l’aura compris, il est de retour à son meilleur. A cette délicieuse surprise d’automne s’ ajoute une autre : son prochain album est déjà annoncé pour l’année prochaine. 

Andy Stott a sorti It Should Be Us sur Modern Love (Lien Discogs ici) le 7 novembre dernier.

Artiste à suivre ici : Andy Stott