Après le Grey Matter de Pan-Pot, l’heure est encore aux évasions de matières scientifiques, avec la nouvelle release d’AnD, l’EP Dark Matter. Sortie à la fin du mois de septembre, cette release prépare la sortie d’un LP plus important encore : Cosmic Microwave Background, prévu pour le 20 Octobre prochain.

On vous avait parlé du duo il y a des années, mais il est toujours bon de se rafraîchir la mémoire et de retrouver des noms qu’on aurait tort d’oublier. Surtout que l’album est une véritable bombe à ne pas rater. En effet, comme toujours, les deux talents de l’écurie Electric Deluxe de Speedy J, qui s’étaient illustrés avec l’EP Kundalini, font dans une techno qui flirte sans retenue avec l’expérimental, tant la distorsion de chaque instrument est sensible, pénétrante.

Allez, petite séance de rattrapage avec Jellyfish, pour celles et ceux qui auraient évité la tempête :

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Le duo mancunien est longtemps resté en marge, si bien qu’il essaime en toute discrétion depuis 2011 des releases lourdes, marquées par leur dimension parfois assonantes, toujours vibrantes. Aujourd’hui, dans un monde techno qui qualifie toujours plus ses sous-genres, émerge alors l’EP Dark Matter, et son LP associée Cosmic Microwave Background, comme le résultat d’une rencontre d’astres instables et explosifs.

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L’EP commence par Cosmic Strings. Sa structure reste classique, amorcé par un kick minimal gras, porté par deux lignes d’instrument froides et tournoyant entre médium et aiguës. Le premier risque, la première instabilité, émerge seulement après une minute trente. Mais la montée en force ne se fait pas attendre, si bien qu’une minute plus tard, vous réalisez que vous êtes déjà pris dans une tourmente sonore, une alerte rouge qui vous met dans l’urgence.

La seconde track sélectionnée dans l’EP, Photon Visibility Function, ne s’embarrasse pas d’autant de détours. Dès la fin d’une brève introduction, un kick violent et, comme toujours, gras et lourd, vient écraser et imposer un rythme percutant. Au percussif d’une ligne de drum s’ajoute enfin une nouvelle séquence aiguë, tournante et redondante, sans variation, mais qui pourtant porte la track et nous installe définitivement dans une nouvelle tempête stellaire.

A la fin du voyage, un constat : la virtuosité de Kundalini est totalement retrouvée, mais à un point où on ne peut qu’être tenté d’en faire un parfait parallèle. Faire se côtoyer en équilibriste les rythmiques suspendues de Dysekt avec la nouvelle release Photon Visibility Function, et le bombardement tournoyant de Jellyfish avec le Cosmic Strings stellaire et froid.

Mais pourquoi sortir un EP juste avant un LP ? Et que vaut le LP, justement ? En effet, à l’écoute du LP, l’univers du duo se renforce plus encore. AnD y fait dans la dark ambient avec des tracks comme The Epoch of Recombination, des pistes dansantes et acid comme Diffusion Damping, ou le ravageur Gravitational Waves où vous passez la moitié du morceau tiraillé entre le plaisir sonore et l’inconfort relatif de l’arythmie imposée par le thème. Toute l’oeuvre d’AnD, et plus encore toute la techno contemporaine y est dépeinte ! Dans cette dimension où chaque ligne d’instrument et chaque track porte ses propres questions, remet en question votre écoute elle-même, remet en question la track précédente et la suivante. On ne sait même plus s’il faut danser, ou tout simplement se laisser emporter par la Galactic Motion, où chaque instant oscille entre potentielle violence et calme spatial.


Revenons sur terre.

Si certaines pistes pourraient être considérées comme parfaitement inutiles (il suffit d’écouter la dernière track), la majeure partie des morceaux du LP sont des potentielles bombes, capables de vous faire perdre la tête dans un instant d’égarement. Mais soyons clairs : l’EP, par contre, n’est à considérer que comme un échantillon, des morceaux choisis qui cette fois vous plongeront dans l’univers AnD sans cadre, contexte, cosmologie.

Définitivement, AnD est un duo qui compte, et au delà de la forme parfois confusante de certaines de ses tracks, mérite d’être suivi de très près.

Pour se faire, profitez des extraits ci dessus, et rendez vous le 20 Octobre pour une release CD et 2×12″.

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