Compilation storboscopic-artefacts-5yrs

Published on septembre 19th, 2014 | by Gary

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VA – Five Years of Artefacts – Chapter One (Stroboscopic Artefacts)

Pour fêter ses cinq années d’existence, le label Stroboscopic Artefacts (impulsé par Lucy, que Delighted vous avait présenté ici…) a voulu marquer le coup avec la release de cinq EPs réunissant leurs artistes autour d’un projet commun : Five Years of Artefacts. Au programme des réjouissances du premier chapitre, Pfirter, Rrose, Perc, Lakker. Le ton est donné : la techno de ce premier chapitre sera sombre, percutante, forte.

Rrose, qui nous a fait danser avec son incontournable « Waterfall« , nous emmène une fois de plus dans un univers en eaux troubles avec « Drowned by Sight ». Le track ne punch pas. Lentement, il emporte dans les profondeurs de la techno en imposant sa rythmique hypnotique. Une ligne de basse portée par une grosse reverb idéale pour donner une sensation d’espace, accompagnée par un beat linéaire, peu variant, propre à la création d’un univers sans rupture. Dans cette optique, la track remplit son rôle. Mais on imagine alors qu’elle sert d’introduction à une compilation ambitieuse et rythmée. Comme pris par un vieux démon de la fête, on veut danser…

Prenant le relais, Perc entre en scène sans détour pour nous exaucer : un beat fort, cette fois, avec un double kick qui impose son rythme. Quelques envolées de pads ou de keys pour structurer le track, une montée en puissance avec l’utilisation de samples « métalliques », et nous voila lancés. Mais malgré cela, on regrette le manque d’énergie de la track, encore une fois linéaire, et sans réelle surprise.

Vient ensuite Pfirter. Référence de la techno « dub », sombre et puissante, il est repris par les plus grands (Mulero, pour ne citer que lui) et ses tracks sont toujours des perles sans failles. Forcément, encore, les samples sont bons. Pourtant, encore une fois, l’énergie n’est pas celle qu’on attend. Comme « Drowned by Sight« , Pfirter a préféré livrer une track de techno dark-ambiant, une mi-molle musicale quand on la compare à « Fractales », ou la fameuse « Dub Track » remixée ou non par le grandiose Len Faki.

Pour finir, Lakker. Le duo Irlandais – qu’on attends plus vraiment tant les tracks précédentes ont été « décevantes » – pose les derniers beats. Rien que la forme d’onde de la track laisse imaginer le pire. On voulait une fin en apothéose, mais que nenni ! Toutefois, on se souvient de ce qu’on se disait avant : on pose un univers. Ainsi, a mesure que les steps défilent se construit une rythmique, une mélodie, créant son propre temps. Enfin ! L’intensité monte, à mesure que les lignes de drums s’enrichissent. On a l’impression qu’on va atteindre le but voulu, ce moment où on se dit « Oui! C’est ça, ce son est trop bon ! ». 5min25. La track s’arrête. L’envolée aura été courte, bien trop courte. La frustration s’impose. Mais cette track, enfin, semble trouver sa place dans une bonne playlist.

Pour finir, indéniablement, un univers est créé, et en amateurs évident de techno sombre et profonde, nous sommes servis. Mais il y a ce sentiment omniprésent d’inachevé, comme si chacun de ces producers, à l’exception (de très loin) de Lakker, avait gardé ses vraies bombes pour un projet plus important (une autre release, un autre label, etc.). Au vu du menu des festivités annoncées et des nombreuses pépites qui germent au sein des labels du monde entier, autant dire qu’on s’attendait déjà à danser. Pourtant, on finit par se dire qu’une release ne doit pas forcément toujours bombarder les tympans. La techno, en constante évolution, est aussi composée de structurations progressives, nuancées, subtiles. Il suffit de voir la dernière release de SHXCXCHCXSH pour s’en convaincre.

Finalement, Stroboscopic Artefacts – Five Years of Artefacts n’est pas une mauvaise release : au contraire, il ne faut pas l’aborder comme un EP dansant, mais comme une oeuvre expérientielle (toutes proportions gardées), vouée à proposer une perception « risquée » de la techno… Mais croyez-nous : avec en ligne de mire des release de Kangding Ray, Xhin, et bien d’autres, l’anniversaire du label n’aura pas fini de faire parler de lui.

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