Techno Terrence Fixmer

Published on février 24th, 2015 | by Charles

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Terence Fixmer – Depth Charged (CLR)

« I will stop wearing black when they find a darker colour ». L’univers musical de Terence Fixmer a toujours été sombre. Il ne semble pas prêt à changer et tant mieux ! Son dernier album sort cette semaine sur le label de Chris Liebing : Depth Charged. Une histoire savamment ficelée par des arrangements ingénieux, comme si Père Castor nous racontait dix comptines pour adultes.

Avec Depth Charged, Terence Fixmer nous fait passer de l’euphorie à la mélancolie au fil des morceaux. Sa techno, bien que tout à fait adaptée au dancefloor, vient perturber le calme de nos synapses abruties par les routines modernes et instaure dans nos caboches une forme de vide vertigineux qu’on appelle aussi réflexion.

Fixmer, tout comme Function, Lucy ou Kangding Ray, réussit à produire de la techno mentale dansante.

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L’album commence avec Ellipse, une ligne de basse lente mais lourde qui introduit parfaitement l’esprit de l’album. Fleeting Beauty décolle comme un missile anti-aérien à la poursuite de quelques oiseaux d’acier, pendant que le roulement de basses d’Unforseen vous transporte dans un état de transe.

On passe à Purity, sorte de sonar pantagruélique captant des échos extra-terrestres, puis à deux morceaux très sombres Inside of Me et Outside of Me. L’auditeur se trouve plongé dans un sentiment d’angoisse fort. Tout claustrophobe devrait veiller à se tenir à l’écart de ces tracks.

Beyond est sûrement la plus belle illustration du talent de Fixmer de rendre dansante une track expérimentale : on croirait qu’un robot maléfique a remplacé la place de Quasimodo dans le cloché de Notre-Dame et s’amuse à dérégler la tonalité de ses dames de bronze.

Pallid Light ressemble à une réponse aux échos captés dans Purity. Thoughts complète le panel d’émotions qu’offre l’album avec des sonorités plutôt dub, qui nous amènent lentement vers la closing track : Elevation, notre préférée chez Delighted. Les nappes atmosphériques imitant le souffle de l’air se marient parfaitement à la douce mélodie qui nous rappelle à la réalité. Puis tout d’un coup, le kick fatal. Majestueux. Il y a quelque chose d’Energomash de Rødhåd, mais en plus solennel. En clair, un album à consommer sans modération.

Quand la techno fait son cinéma

En 2012, Amélie Ravalec avait réalisé le célèbre documentaire Paris/Berlin: 20 years of Underground Techno. Cette passionnée de musique électronique sortira son second documentaire cette année. En attendant, elle réalise le teaser de Depth Charged. Une approche visuelle très esthétique de l’univers sombre et industriel de Terence Fixmer. De quoi vous donner envie de vous ruer sur cet LP.

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