Techno Stefan Rein

Published on juin 15th, 2018 | by Romane

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Stefan Rein : « La Techno est signe de pouvoir et de paix. »

– INTERVIEW – Originaire d’Allemagne de l’Est, Stefan Rein a un paquet d’années de carrière à son actif. D’une formation pourtant classique, il s’est prit de passion pour le Hardcore avant de trouver une constante en la Techno. Pionnier de Mecklenburg et connu sous plusieurs alias, il n’a pas sa langue dans sa poche. Retranscription d’une interview fort sympathique… 

Propos recueillis par Romane 
(SCROLL DOWN FOR ENGLISH!)


Tu as un passé théâtral très intéressant et relativement rare. Peux-tu m’expliquer quelle relation tu entretenais avec la dramaturgie ? Comment as-tu évolué vers la scène musicale ?

J’ai grandi dans une famille très théâtre. Mon grand-père était acteur et metteur en scène. Ma grand-mère une chanteuse soprano dans un théâtre régional et mon père un chanteur baryton basse. Depuis ma plus tendre enfance, ils m’emmenaient à des répétitions et des spectacles et je m’amusais pas mal à jouer en coulisses. Une fois même, pendant les vacances scolaires, j’ai pu faire une brève apparition dans Carmen. Ça a été une expérience déterminante pour moi.

Dans les années 90, tu t’es pris d’amour pour le Hardcore, c’est bien ça ? Qu’est ce qui t’as séduit ? Te souviens-tu de ta première teuf hardcore ? Est-ce un genre qui te plait toujours ?

Le fameux “Rotterdamn Sound” m’a totalement séduit à l’époque. Je me baladais partout avec ces sonorités dans les oreilles (Walkman :), ma génération comprendra). Mais la plupart des gens ne comprenaient pas ce son à l’époque et on me demandait quel genre de bruit étrange j’écoutais…
Les enregistrements live des soirées Bunker à Berlin étaient vraiment ma came mais honnêtement, je ne me souviens pas de ma première teuf, ça fait un bail… 1993 peut-être.
J’écoute toujours mes bons vieux disques de temps en temps tout comme j’ai gardé quelques productions spéciales de cette époque. Mais c’est définitivement une époque dont je suis nostalgique car ces temps-ci, je suis chez moi, absorbé dans la Techno… depuis plus de 23 ans déjà.

« C’est parfois difficile d’évaluer son propre taff. »

Peux-tu nous en dire plus sur l’année 1994 et l’ouverture du club GERBEREI à Mecklenburg ? Quand as-tu commencé à organiser tes propres soirées ? Es-tu aussi nostalgique de cette période ?

Mes souvenirs de la première soirée GERBEREI sont assez vifs. Septembre 1994. Je m’y suis rendu – à l’époque encore en tant que guest – avec six amis à moi dans cette teuf mystérieuse dans un vieux hangar. C’était assez magique pour moi. D’abord, trouver le lieu n’a pas été simple. Puis, une fois arrivés, on a marché dans un sombre couloir et vers un lumière rouge. Enfin à la porte se trouvait un videur très costaud avec un masque de Mephistopheles sur le visage. Puis enfin, dans le club j’étais dépassé par les évènements et suis resté jusqu’à la toute fin de la soirée. Mes amis se sont fait la malle assez rapidement mais j’étais subjugué et le suis toujours. J’ai ensuite organisé mes propres soirées en 1996 et depuis 2001, je gère GERBEREI avec Ron Albrecht et un autre pote (qui nous a malheureusement quitté trop tôt). C’était une belle période et je suis reconnaissant pour chaque expérience et tout ce que j’ai vécu à cette époque.

En plus de produire sous ton vrai nom, tu as deux alias (ou peut-être même d’autres dont je ne suis pas informée) : s.e.p.e et schelf. Peux-tu nous dire pourquoi tu as ressenti la nécessité de te distinguer en plusieurs aliases ?

L’alias s.e.p.e était plus en guise de protection pour garder mes premières productions anonymes. J’étais pas 100% sûr au début… cool ou naze ? C’est parfois difficile d’évaluer son propre taff. Les tracks sous mon alias schelf sont un peu différents des autres. Moins d’outils. En plus, j’aime bien attiser la confusion chez les collectionneurs de musique. Je trouve toujours ça plus sympa sur Discogs de trouver quel artiste se cache derrière les alias. Pour moi, c’est la partie la plus drôle dans la collection de musique – découvrir de nouvelles choses et puis ensuite être surpris d’apprendre qui se cache derrière tous ces sons.

« La Techno parle un langage universel. »

Tu es aussi patron d’un label… Tu peux nous parler de la symbolique de PURE et quelles sont tes intentions de production ?

Le mot anglais “pure” se dit “rein” en allemand (comme mon nom de famille…). C’est tout. Des intentions? Emmmm… J’aime la Techno. Rien de plus.

Si tu pouvais décrire ton label en quatre mots seulement, lesquels choisirais-tu ?

Techno pour la piste.

Sur ton site web, j’ai lu “Techno Unites”, ce qui a tout de suite fait écho en moi avec ce qu’il s’est passé à Bassiani ces dernières semaines, “On danse ensemble, on se bat ensemble”. Quel est ton avis sur la politisation de la Techno ?

La Techno parle un langage universel. La Techno est signe de pouvoir. La Techno est signe de paix. Et ouais… comme nos amis en Géorgie l’ont incroyablement prouvé, la Techno peut faire encore bien plus. “On danse ensemble, on se bat ensemble !”, ce qui s’y est produit est l’essence même de l’Esprit Techno. PAIX

Où te vois-tu dans disons, 10 ans ? Qu’en est-il de ta musique ? Comment l’imagines-tu dans une décennie ?

Bonne question… Je me le demande assez souvent. Pour être honnête, j’en ai aucune idée. Mais quelques trucs sont sûrs : j’écouterai de la Techno, je collectionnerai les vinyls et mes synthés seront toujours une influence constante dans ma vie.

Des sorties de prévues en 2018, sous n’importe lequel de tes alias ?

En 2018, pas sous mes alias mais deux sorties en tant que Stefan Rein sont dans les tuyaux. Pas plus de détails pour le moment mais garde une oreille et un oeil ouverts 😉

Si tu pouvais ne jouer qu’un BPM pour le restant de ta carrière, lequel serait-ce et pourquoi ?

131 bpm… selon moi, la plupart des tracks Techno révèle tout leur potentiel à 131 bpm et on ressent alors la vraie intention du disque.


You have an interesting and pretty rare theater background. Can you explain to me what exactly was your relationship to the theater world? How did you evolve into the music scene?

I grew up in a theater family. My grandfather was an actor and director. My grandmother a soprano singer at the state theater and my father is still a bass-baritone singer. From my early childhood on they took me to rehearsals and shows there and I totally enjoyed playing behind stages. Once in some school holidays I even had the opportunity to play a walk-on in „Carmen“. That was an imprinting time for me.

In the 90s, you fell in love with the Hardcore genre am I right? What seduced you? Can you remember your first hardcore party? Is it still a genre that you enjoy?

The so called „Rotterdam Sound“ totally got me back then. I’ve been walking around all day with that sound in my ears (Walkman :) – my generation knows what I’m talking about).
But most people didn’t get that sound at the time and kept on asking me what kinda noise I’ve been listening to…
The live recordings from the Bunker Parties in Berlin been the shit but honestly I can’t remember the first Hardcore Party I went to…it’s been a while 😉 – 1993 maybe.
I’m still listening to my old favs once in a while and as well kept some special releases. But it’s more nostalgic these days because I’m definitely at home in Techno music and this already since more than 23 years.

Can you tell us more about year 1994 and the opening of the club GERBEREI in Mecklenburg? When did you launch your own parties? Are you also nostalgic of this era?

My memories of the first GERBEREI Party are pretty clear. September 1994. I went, back then still as a guest, with six mates to this mysterious party in an old warehouse. It was kinda magical for me. First of all to find the location wasn’t that easy. Then, once we arrived, we walked through a dark hall towards a bright red light. Finally at the door there was this fierce looking bouncer with a Mephistopheles mask covering his face. My heart was in my mouth and my thoughts been spinning: Would he let me in or not? I was just 17 years old by the time. Then finally in the club I was simply overwhelmed and stayed till the very end of the party. My mates been gone pretty quickly that night but I was infected and I am still.
I’ve been hosting my own parties then in 1996 and from 2001 on I’ve been running GERBEREI together with Ron Albrecht and another good friend (who sadly died too young). It was a great time and I’m thankful for every experience and everything I’ve witnessed that time.

On top of producing under your real name, you have two aliases (or maybe more that I am not aware of?), s.e.p.e and schelf. Can you tell us why you felt the necessity to distinguish yourself between three different aliases?

The alias s.e.p.e. was more a kind of self-protection to keep my first productions anonymously. Haven’t been 100% sure about it at the beginning…cool or crap? It’s hard sometimes to value your own stuff.
The tracks under my alias schelf are slightly different than the others. Less tool stuff. Besides, I like to cause some confusion within music collectors. I found it always more appealing on Discogs to discover the real acts behind them aliases. For me this is the fun part of collecting music – discovering new stuff and at the end being surprised who’s actually behind all those certain sounds.

You’re also a label owner… Can you tell us about the meaning behind PURE and what your production intentions are?

The english word pure means „rein“ in german (like my family name). That’s it. Intentions? Ermm…I love Techno. Nothing to add.

If you could describe your label in four words only, which ones would you pick?

Techno for the floor.

On your website, I read “Techno Unites”, which echoed immediately in my mind with the whole Bassiani story from the past weeks, “We dance together, we fight together”. How do you feel about techno getting involved politically?

Techno speaks an universal language. Techno means power. Techno is love. Techno is peaceful. And yeah…like our friends in Georgia have impressively shown, Techno can do so much more. „We dance together, we fight together!“ what happened there is the true and pure spirit of Techno. PEACE

Where do you see yourself in let’s say, 10 years? How about your music, how do you picture it within a decade?

Good question… I ask myself quite often. To be honest, I have no clue. But a few things are for sure: listening to Techno, collecting vinyl and my synths will be always an important influence and constant in my life.

Any releases planned for 2018, under any of your aliases?

In 2018 not under my aliases but two releases as Stefan Rein are in the pipeline.No further details for now but keep ya ears and eyes open 😉

If you could only play one BPM for the rest of your career, which one would you pick and why?

131bpm… in my opinion most Techno tracks unfold their whole potential there and you can feel their real drive.


Stefan Rein sur Resident Advisor : https://www.residentadvisor.net/dj/stefanrein
Stefan Rein sur Facebook : https://www.facebook.com/dj.stefan.rein/ 

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