Agenda rex-club-25

Published on novembre 5th, 2013 | by Florian

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[Rex Club 25] Focus on… Extrawelt

L’écoute d’une musique peut être comparée à la lecture d’un bouquin. Le sens puisé est différent mais la recherche est semblable : celle de l’épanouissement mi-guidé mi-fantasmagorique. Bien sûr, la compréhension d’une narration remporte plus de succès avec des mots qu’avec des notes et pourtant, l’imagination ne favorise pas une faculté sensorielle plus qu’une autre. Elle est l’entité la moins entravée que je connaisse. De ce fait, tout se joue dans la quantité de temps consacré à l’affinement de l’ouïe et par extension, de la mentalité. Quand je dis « tout », je fais référence à notre essence humaine. Qu’elle le veuille ou non, une personne évolue en fonction de ce qui domine sa vie. Par exemple, s’il y a de la techno dans le lot, elle développe une conscience corporelle et spirituelle de la rythmique, une conscience qui vante la fiction et qui ne recule pas face à la violence ou l’inconnu. Je n’ai pas demandé mais compte tenu de leur carrière, nous allons admettre qu’Arne Schaffhausen et Wayan Raabe sont d’accord.

xtrwlt

Leurs débuts apparaissent sous le signe de la « techno psychédélique ». À mes souhaits. Mais vraiment, c’était leur dada dans les années 90 jusqu’à l’aube du millénaire suivant. Il faut effectivement savoir qu’il y a moultes années écoulées et évènements marquants avant l’ère Extrawelt. D’ailleurs, avant d’être deux bio-aimants d’actions réciproques, le plus vieux et le plus grand (celui qui penche la tête) entame son parcours électronique avec son ami Marco Schmedding. Ils s’appellent Spiralkinda et jouent des sets ambiants sans trop s’éloigner de leur maison. Nous sommes en 1992. Ils se mettent tout doucement à la composition et en 1996, ils produisent un son pour les précurseurs allemands X-Dream. À l’époque, c’est une hymne underground de trance goa fracassante.

X-Dream – Relax Vortex

Puis, tandis que le peuple français chante La Marseillaise avec ardeur, le duo se produit devant plusieurs milliers de teufeurs impétueux à l’occasion du festival psytrance Voov. Une date mémorable pour les concernés.

Entre temps, Wayan (celui qui a le regard songeur) s’affiche sur les scènes de Shiva Moon (1995 – 1996) et de la renommée Love Parade, ainsi que des soirées Waldheim. Il se passe aussi des choses à base de relationnel ; l’équipe de Spiralkinda et lui établissent une cognition mutuelle dont la flamme prospère notamment avec Arne, tellement que le plus petit et le plus jeune décide en 1997 de devenir ingénieur du son, plein d’ambition. De fil en aiguille, pas mal de travail et quelques soucis plus tard, on retrouve Wayan et son nouveau frère d’une autre mère derrière le nom Spirallianz, fiers de leur premier morceau officiel signé Spirit Zone.

Spirallianz – Fast Forward

Au lendemain de l’an 2000, le duo exprime ses idéaux plein de puissance, à défaut de pouvoir, à travers leur premier long format intitulé Blast Food. Ça déménage.

Spirallianz – Sidewinder

En aparté, leur méthode de production se base sur le principe de renouveau constant. Ils veulent de l’ordre mais pas de règle, de l’élan mais pas de mur. Ils s’abandonnent simplement à la fougue de leur inspiration, état auquel nous devrions tous goûter car ces idées sont poussées par du courage, pas vrai ? En plus de cela, il comprennent que de l’atome à l’étoile, tout évolue de manière strictement naturelle et leurs verves du moment les conduisent au projet Midimiliz. Ils explorent leur univers et s’affinent alors sans relâche, affutant leur transe technoïde pendant plusieurs années, au cours desquelles trois albums voient le jour et farcissent la nuit : Antistat en 2001, suivi de Passages en 2002 et Non Standards en 2005.

Midimiliz – Dos Canones

On continue le cours d’histoire : Arne participe au projet tech-trance de Marcus Maichel, The Delta, notamment sur l’album Scizoeffective (2000). Wayan vient donner un coup de main sur Send In… Send Back l’année suivante et plus tard sur Minusman. Sentant la confiance, tous trois ont eu le temps de porter une autre casquette en parallèle, celle de Downhill, pour un album expérimental dont voici une de leurs collaborations.

Downhill – Silent City (Soundtrack)

Le duo Midimiliz a également eu le temps de saisir sa chance. En 2004, il envoie à Border Community son premier accomplissement musical né de son nouveau studio d’Hambourg et quelques mois plus tard, le patron James Holden lui donne une réponse qui aboutit à une signature et au premier maxi en tant qu’Extrawelt : Soopertrack / Zu Fuss. Le virage est maîtrisé, la machine est lancée sur une nouvelle route et une reconnaissance amplifiée du public averti s’ajoute au respect des pairs. Dans la foulée, c’est Sven Väth (Cocoon) qui s’occupe de leur cas en sortant Titelheld.

Extrawelt – Stammgast

De plus en plus de gens du milieu commencent à saisir. Arne et Wayan sont désormais capables d’évoquer les plus sombres abysses comme étant la plus pure des lumières, dans une beauté égale. À titre d’exemple, le webzine Resident Advisor attribue la note de 4/5 à Schöne Neue (2008), le premier album sous les couleurs d’Extrawelt, et le qualifie de la manière suivante :

« Ce n’est pas un brunch du dimanche, le couple fleurte avec les bords psychédéliques du spectre sans jamais recourir à la libido cheap et lobotomisée généralement associée à la transe techno. »

Deuxième exemple trois ans plus tard, juste pour confirmer, avec In Aufruhr. Cet LP est une collection éclectique de musiques électroniques autant immaculées que sophistiquées. En le parcourant, nous allons de sons planants pour le dancefloor (Swallow The Leader) à de la dub déstructurée (808 Slate) en passant par une reprise du générique de K2000 (Pontiac)… 2011 est certainement vu comme un point de contrôle pour les auditeurs qui suivent le duo, permettant à nouveau de distinguer ceux qui écoutent la totalité des strates sonores de ceux qui tendent l’oreille avec des sentiments superficiels. On a même droit à un « e-pamphlet » vers la fin de l’album :

Extrawelt – Dumb Age

Ce qui est épatant chez ces « extrallemands », c’est à quel point leur identité musicale est remarquable. Personnellement, elle l’est apparue davantage à Mannheim, un dimanche matin de 2012. Des milliers de personnes seuls mais ensemble, pas un bruit de fond qui pourrait contrarier la tonne de décibels, du bonheur à foison synonyme de révélation.

J’aime bien représenter leur musique selon l’analogie de l’épée elfique. Le matériau est pur et incassable, la lame est forgée des mains de seigneurs intellectuels. Les yeux brillent face à un tel métal. Les détails, de la même envergure que le reste, apportent un peu de magie. Où sommes-nous ? Dans un monde fantastique. À quelle époque ? Peu importe !

Paul Woolford – Pursuit (Extrawelt’s Skew-Angle Version)

Au bout de toutes ces années, Arne et Wayan se supportent comme des meilleurs amis, alors ils continuent. Les deux artisans sont humbles et sincères, leur techno est franche et massive. Le seul léger bémol : la durée de leurs lives stagne à 1h15. C’est très court, mais l’expérience en vaut toutes les chandelles du monde… Que puis-je ajouter pour finir ? Que nous adhérons à la richesse de leur passé et que nous leur souhaitons le meilleur pour demain parce qu’ils le prodiguent aujourd’hui, voyez-vous.

Extrawelt – Yummy Unbroken

Enfin, revenons un peu à vos moutons car Delighted vous propose quelques places à gagner par ici, afin d’admirer seuls mais ensemble la performance d’Extrawelt, encore une fois accompagné de la Btrax family : Ben Men, Kaine et Loodboy pour ce soir-là. À vendredi !

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3 Responses to [Rex Club 25] Focus on… Extrawelt

  1. Tony says:

    Bsr je cherche 2 invitation pour le 8 au rex

  2. RicSilva says:

    Très bon article, j’aimerai les (re)voir au Rex mais les préventes sont déjà indisponibles! Comme est-ce que je fait pour essayer de gagner un place par Delighted?

    merci

  3. Paul Revel says:

    super article, bien écrit et instructif, pour la période pré extrawelt :)

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