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Published on novembre 12th, 2013 | by Victorien

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[Rex Club 25] Focus on… Derrick May

« Notre musique, c’est la rencontre dans un même ascenseur de George Clinton et de Kraftwerk. Elle est à l’image de Détroit : une erreur totale. »

J’espère que vous n’avez pas brûlé toutes vos calories ce weekend, car la suite de la programmation des 25 ans du Rex Club ne présage pas vraiment de moment de repos. Le premier artiste que l’on vous présente cette semaine n’a plus grand chose à prouver puisque ses débuts dans la musique électronique coïncident avec les débuts du mouvement Techno. Alors dans l’optique d’en comprendre tout les tenants et les aboutissants, prenons quelques minutes pour se replonger dans l’histoire :

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1976, Derrick May entre au collège de Belleville, il y fait la rencontre de Juan Aktins avec lequel il commence à échanger ses cassettes.

« Quand j’avais 14 ans, j’achetais des disques, j’écoutais du Elton John, l’album Bennie and the Jets, vous ne le connaissez pas comme ça Elton John, c’est comme comparer le premier Michael Jackson au deuxième. J’écoutais aussi Funkadelik, Jimi Hendrix, Kraftwerk, j’étais un danseur, j’adore danser. »

Sa mère part ensuite pour Chicago, lui décide de rester chez un ami pour finir son cursus, il s’appelle Kevin Saunderson. En 1981, Aktins a déjà fortement déteint sur ses deux comparses avec qui ils forment le collectif Deep Space Soundworks.

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S’en suit l’épopée historique de trois amis, séduit par la scène club de Chicago (The Music Box notamment), ils ouvrent l’un des premiers club de Détroit, The Music Institute, et collabore avec le légendaire DJ Charles « The Electrifyin’ Mojo » Johnson en élaborant des mixes pour son émission radio.

Pour aller plus loin et parce que l’on pourrait passer des jours à retracer l’histoire de ce pionnier, je vous propose un documentaire en français, considéré comme l’une des meilleures réalisations sur la Techno à ce jour, un vrai cours d’histoire offert par ses acteurs principaux.

« Ce n’était pas une lutte pour la musique, parce que les gens s’en fichaient, personne n’écoutait ce qu’on faisait, vous devez comprendre, quand on a fait cette musique, il n’y avait rien, pas de techno, rien, pas de DJ star, rien, zéro, c’était le début, c’était la lumière, la putain de lumière… »

1987, ceux qu’on appelle aujourd’hui « The Belleville Three » ont chacun prit leurs chemins respectifs, Juan Aktins en est à sa troisième sortie sur Metroplex, son label qui a maintenant deux ans, Derrick May se lance à son tour avec la fondation du label Transmat, un nom issu de la sortie Night Drive d’Aktins.

Et la première sortie de May sera le single Nude Photo sous l’alias Rhythim is Rhythim, puis s’en suivra le hit qui traversera l’Atlantique.
« Quand j’ai fait Strings of Life, j’étais dans une période très mélancolique, j’étais très jeune, je n’avais pas d’argent, j’étais un étudiant classique, je ne savais pas ce que je voulais faire de ma vie, je détestais la société… À cette période, on avait un président horrible, Ronald Reagan (rires). Je me suis enfermé et j’ai fait cette musique contre la société mais cette musique était aussi mon rêve, ma romance, ma vie. C’est la mémoire de ma vie et pas ce que je pensais du futur. »

May devient l’un des premiers artistes Techno américains à traverser l’Atlantique pour jouer en Angleterre, sa carrière connait une effervescence jusqu’au début des année 90, date à laquelle l’augmentation de la consommation de stupéfiants alla de pair avec l’augmentation de l’intensité musicale, les artistes se détournèrent des inspirations américaine pour se tourner vers de nouveaux sons. May stoppa son activité de producteur pour se concentrer sur la réussite de Transmat et sur son rôle de DJ. voici d’ailleurs un de ses DJ set, à l’occasion d’une Boiler Room.

« La musique – et le rythme – c’est l’essence – de la vie »

Aujourd’hui Derrick May est une légende, car plus qu’un musicien il est un visionnaire, quelqu’un qui a su faire preuve d’une prescience sans égal et dont l’art a court-circuité le cour du temps, créant un espace de nouveauté et d’expression alternative.
Son statut actuel est comparable à celui d’un grand nombre de DJ, pas plus célèbre, pas plus adulé. C’est un artiste respecté et un producteur émérite, faisant partie intégrante du système mais n’hésitant pas à le critiquer :

« En Europe maintenant, c’est de la musique business, les gens se font 100 000 € par nuit et pas seulement le DJ, le propriétaire du club aussi, ils se font des millions d’euros, les gens achètent des tickets six mois à l’avance… Mais pourquoi le public ne va-t-il pas voir Diana Ross ou Barbara Streisand ? C’est incroyable, c’est juste une fête ! »


(Mayday, son troisième alias)

Cette fête aura lieu ce vendredi (et Delighted te propose des places gratuites ici), en présence de cette légende de « l’High tech soul » qu’est Derrick May, aux cotés du producteur français Agoria et du nouveau génie de Détroit Kyle Hall. Une soirée réunissant les acteurs d’hier et d’aujourd’hui, trois artistes qui retraceront l’histoire à travers leurs influences respectives.

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