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Published on avril 27th, 2018 | by Romane

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Orphx : « Expérimentation créative, fascination pour les conflits extrêmes »

– INTERVIEW – Doit-on vraiment présenter Orphx ? Ce duo canadien formé il y a plus de vingt-cinq ans ne cessera de nous étonner. Chacune de leurs productions est un régal auditif. Leurs performances allient audios et visuels pointus. Ils nous ont accordé de leur temps pour nous parler de leurs projets musicaux mais pas que… 

Propos recueillis par Romane
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Il y a plus d’un quart de siècle, Orphx vu le jour ! Comment vous êtes vous rencontrés et comment le projet est-il né ? Vous souvenez-vous de votre tout premier gig ?

Rich : On s’est rencontrés au lycée et on a commencé à faire de la musique ensemble. On été inspirés par des groupes comme My Bloody Valentine, Ride et Slowdive. En même temps, on découvrait la musique industrielle et avons vite formé Orphx avec un autre ami du lycée, Aron West. Il partageait notre intérêt de la musique expérimentale et les aspects transgressifs de ce qu’on interprétait à l’époque comme la “culture de la musique industrielle” : expérimentation créative, opposition à l’idéologie autodestructrice et aux normes de la culture grand public, et une fascination pour les conflits extrêmes qu’ils soient sociaux ou psychologiques, la mort, la déviance et les différents états de consciences altérés. Notre premier gig était dans un bar d’Hamilton et a attiré une foule locale de goths et de fans d’industriel.

Pouvez-vous me parler de votre ancien membre Aron West et pourquoi il a quitté Orphx un an après son début? À l’époque, avez-vous envisagé “recruter” quelqu’un d’autre ou est-ce que continuer à deux a toujours été une évidence ?

Rich : Aron est parti à peu près un an après le commencement car on commencé à se concentrer plus sur le rythme et on se focalisait sur des thèmes et atmosphères “sombres” tandis qu’Aron s’intéressait plus dans l’improvisation noise et à introduire des éléments d’humour surréaliste. Il se concentrait sur son projet personnel Tropism, qui a évolué en plus de trois cent sorties de noise expérimental et des environnements acoustiques de deep ambient, parfois en n’en éditant qu’une à trois copies. Aron a continué de nous soutenir et de nous assister toutes ces années en nous fournissant de nouveaux logiciels et en nous aidant à construire et maintenir des systèmes d’ordinateurs et en enregistrant nos performances live. Lui et moi faisons aussi de la musique ensemble sous Oureboros (sur Ant Zen) et nous avons tous les deux contribué à la bibliothèque musicale de Tropism. Aron a également fait une apparition sur notre dernier album et il fera également de la construction musicale pour nos prochaines sorties.

Je sais que travailler en duo demande patience et compréhension des deux côtés… Avez-vous toujours réussi à vous entendre au fil des années ? Comment sont résolus les conflits – si conflits il y a ?

Christina : Je trouve que travailler avec un partenaire aide beaucoup pour la musique qu’on enregistre et les performances live. Occasionnellement, nous sommes en désaccord mais aucun de nous n’aime le conflit alors on fait en sorte de les résoudre rapidement. On travaille bien ensemble et c’est pour cela qu’on a réussi à rester ensemble depuis si longtemps.

Dans les années 90, vous avez commencé à produire des travaux plus orientés ambient / electro acoustique sous Antiform. Quelle était l’idée principale derrière ce projet ? Antiform est-il toujours d’actualité ?

Rich : Antiform était un side project qui se focalisait plus sur les drones hypnotiques et les textures, inspiré par des groupes comme Zoviet France, Voice of Eye et la musique psychédélique plus généralement. On a produit deux cassettes milieu des années 90 et un album collaboratif avec Mark Spybey (Dead Voices on Air, Download) mais Antiform n’a plus trop été actif depuis. J’aimerais ressortir quelques un de nos travaux et ainsi faire revivre le projet.

« Aucun de nous n’aime le conflit. »

Christina : De nombreuses façons, Antiform était un projet audiovisuel également. On a essayé de créer des sons et visuels basés sur le drone et la méditation. À l’époque, on utilisait de multiples projecteurs 16mm pour y projeter des films assemblés sur des couches de tissus transparents. Ce serait vraiment drôle de faire de nouveaux enregistrements et performances de ce genre. À vrai dire, on a fait une performance audiovisuelle assez spéciale dans ce genre en 2016 et on en développe une nouvelle en ce moment.

« On va jouer live en tant qu’Eschaton plus tard cette année. »

La plupart de vos gigs sont des performances live. Vous rappelez-vous d’une de vos nuits préférées, que ce soit en club ou en festival ?

Rich : J’ai déjà raconté cette histoire mais un de nos tous premiers gigs en Europe était à Stockholm pour un festival appelé Nursery Injection. On a joué dans un bateau, le MS Stubnitz aux côtés de Pan Sonic. La coque vibrait due à la basse et c’était une nuit que n’oublierai pas.

Christina : Il y a eu beaucoup de sets que j’ai aimé pour différentes raisons. Mes shows préférés ont tous à voir avec la qualité sonore et la bonne énergie ainsi que la connexion avec les gens sur la piste. Jouer au Berghain en 2012 pour la première fois était une belle expérience pour nous mais notre second set là-bas s’est vraiment démarqué pour moi. On a joué un peu plus enfoncés dans la foule, donc les gens dansaient juste devant notre table et l’énergie était vraiment bien. C’était également le cas lors de notre show à Sheffield en 2016. L’espace était vraiment confiné et on était pas sûrs du système son. Mais c’était vraiment bondé ce soir-là avec des gens qui dansaient comme des fous et c’était vraiment incroyable de sentir l’énergie du public. Deux autres shows me viennent à l’esprit quand je repense à ce genre de connexion : la No Way Back à Détroit en 2014 et Lyon en 2017. On a publié ces deux sets car on en était vraiment ravis.

En terme de gears, et pour tous les amoureux du modulaire, quel est votre installation ? Comment a t’elle évoluée au fil des années ?

Rich : Pour les performances live, on utilise un système modulaire, une machine drum Electron et deux ordinateurs avec contrôleurs. Je ramène souvent un ou deux éléments comme un oscillateur ou un monosynth. Au début des années 2000, on dépendait plus des logiciels mais on se servait quand même de matériel à cette époque. Pendant les années 90, on utilisait des enregistreurs mobiles à bande magnétiques, des microphones contacts, une machine drum et pas mal de synthés et pédales à effet.

Parlons un peu d’Eschaton, votre projet commun avec Ancient Methods… Quels sont les thèmes et inspirations derrière le projet ? Avez-vous pour projet de sortir quelque chose cette année ?

Rich : Comme le nom le sous-entend, Eschaton est inspiré par le thème de l’apocalypse et de la fin du monde. On est intéressés par le comment ces idées s’expriment dans différentes religions ainsi que dans la science et la culture populaire. On travaille sur un troisième disque mais je ne suis pas sûr qu’il sera fini cette année. On va jouer live en tant qu’Eschaton plus tard cette année et on a récemment contribué au prochain album d’Ancient Methods.

Vous êtes donc tous les deux canadiens, mais j’ai lu quelque part que Rich avait enseigné en Écosse. Qu’enseignais-tu ? Est-ce que revenir au Canada est toujours une évidence pour vous deux ?

Rich : Les connexions familiales nous ramènent toujours au Canada, et c’est un bon endroit pour vivre. En plus de la musique, j’ai étudié la philosophie, politiques et géographie pendant un moment. Après l’obtention de mon PhD, j’ai enseigné la géographie au Canada et en Écosse pendant un certain nombre d’années. Récemment, j’ai dédié la quasi totalité de mon temps à la musique.

Christina : J’ai également habité en Écosse pendant quelques années vers la fin des années 90, je travaillais sur mon Master à l’Université d’Art de Edimbourg. Je m’y suis fait un bon réseau d’amis. Je pense que revenir au Canada m’a permis de plus apprécier cet endroit – c’est difficile de comprendre ce qui nous y lie tant qu’on n’en n’est pas parti.

« Quand on est capables de se connecter avec la foule, notre musique s’intensifie. »

Christina, tu as également enseigné… mais au Canada. Comment était cette expérience de prof à l’OCAD (Ontario College of Art and Design) ? Où peut-on voir tes peintures ? Est-ce que tes productions visuelles et musicales sont complémentaires ?

Christina : J’enseigne la peinture et le dessin et la Faculté d’Illustration à l’OCAD à Toronto, mais je vais prendre l’année prochaine pour me consacrer à ma peinture et à ma musique. Mon travail est exposé avec le collectif Red Head Gallery à Toronto. On peut voir beaucoup de mon travail sur www.christinasealey.com. Parfois mon art visuel et ma musique entrent en collision. J’ai fait quelques shows où je combinais peinture et éléments musicaux. J’aimerais faire plus d’installations et de travaux médias interactifs de ce genre.

Où vous imaginez-vous dans une décennie ? Qu’en est-il d’Oprhx, il y a t’il d’autres choses que vous aimeriez accomplir ensemble ?

Rich : Je ne sais pas ce qui se passera dans une décennie mais on bosse sur des projets sympas en ce moment. L’un d’entre eux est une nouvelle performance multicanal “surround” en collaboration avec l’artiste vidéo Patrick Trudeau, et on aimerait continuer à développer ce projet. On continue nos collaborations avec Justin Broadrick (Godflesh, JK Flesh, Techno Animal) et Ancient Methods et on prévoit de nouvelles collaboration dans le futur. Aussi, on a tous deux commençait à composer des bandes sons et on aimerait en faire encore plus.


Over a quarter of a century ago, Orphx was born! How did you meet and how did the project start? Do you remember your first gig ever?

Rich: We met in high school and started making music together. We were inspired by bands like My Bloody Valentine, Ride, and Slowdive. At the same time, we were discovering industrial music and soon formed Orphx with another high school friend, Aron West. He shared our interest in experimental music and the transgressive aspects of what we understood at that time as “industrial music culture”: creative experimentation, opposition to the self-destructive ideology and norms of consumer culture, and a fascination with the social and psychological extremes of conflict, death, deviance, and altered states of consciousness. Our first gig was at a bar in Hamilton and drew a handful of local goth and industrial fans.

Can you tell us about your former band member Aron West and why he left a year after Orphx started? At the time he left, did you two think of recruiting someone else or was continuing as a duo always evident to you?

Rich: Aron left a little over a year after we began because we were becoming more interested in focusing on rhythm and maintaining the focus on “dark” atmospheres and themes, while Aron was becoming more interested in improvised noise and introducing elements of surreal humour. He was focusing on his own project Tropism, which has gone on to create over three hundred releases of experimental noise and deep ambient soundscapes, often in editions of one to three copies. Aron has continued to support and assist us all these years by providing new software, helping us build and maintain computer systems, and recording live performances. He and I also record music together as Oureboros (on Ant Zen), and we’ve both contributed to some of the Tropism recordings. Aron also appeared on our last album and he will be doing more sound design work for our new releases.

I know working in pair sometimes requires patience and understanding from both sides… Have you guys managed to always agree over the years? How are conflicts – if any – resolved between you two?

Christina: I find that working with a partner is helpful for both finishing recorded music and live performance. We occasionally have disagreements but neither of us enjoys conflict so we tend to resolve disagreements quickly. We work well together and that is why we’ve managed to keep things together for so many years.

In the 90’s, you started producing more ambient / electroacoustic work as Antiform. What is the main idea behind this project? Is Antiform still alive?

Rich: Antiform was a side project that focused more on hypnotic drones and textures, inspired by groups like Zoviet France, Voice of Eye, and psychedelic music more broadly. We produced two cassettes in the mid 90s and a collaborative album with Mark Spybey (Dead Voices on Air, Download) but Antiform hasn’t been very active since then. I’d like to reissue some of this material and revive the project in some form.

Christina: In many ways, Antiform was an audio-visual project as well. We tried to create drone based, meditative sounds and visuals. At the time, we were using multiple 16mm projectors with spliced films projected on to layers of hanging translucent fabric. It would be fun to do more recordings and performances in that vein. Actually, we did a special audio-visual performance in 2016 like this and we are developing a new performance now.

Most of your gigs are live performances. Off the top of your head, can you remember one of your favorite nights, whether it was in a club or during a festival?

Rich:
I’ve told this story before but one of our very first gigs in Europe was in Stockholm for a festival called Nursery Injection. We played inside a boat, the MS Stubnitz, along with Pan Sonic. The hull was vibrating from the bass and it was a night that I won’t forget.

Christina: There have been a lot of sets that I have loved for different reasons. My favorite shows all have to do high quality sound and a good energy and connection
with the people in the audience. Playing at Berghain for the first time in 2012 was a great experience for us but our second set there stood out for me. We were performing a bit further out into the crowd, so people were dancing right up to our table and there was some great energy. This was also the case for a show that we did in Sheffield in 2016. The performance space was very small and we were not sure about the sound system. But it was packed solid that night with people dancing and going crazy and that was another time when we were really feeling the energy of the crowd. When we are able to connect with the people like that, we can go deeper into the music. Two other shows come to mind with that kind of connection: the No Way Back party in Detroit in 2014, and Lyon in 2017. We’ve published both of those sets because we were really happy with them.

In terms of gears, and for all the hardware lovers out there, what’s your set-up? How has it evolved over the years?

Rich: For live performance, we use a modular system, an Electron drum machine, and two laptops with controllers. I often bring one or two additional items like an oscillator or monosynth. During the early 2000s, we were more reliant on software but we still used some live hardware in this period. During the 90s, we used reel to reel tape machines, contact microphones, a drum machine, and a handful of synths and effects pedals.

Now on to Eschaton, your common project with Ancient Methods… What would you say are the themes and inspirations behind it? Have you guys planned to release anything this year?

Rich: As the name implies, Eschaton is inspired by the theme of apocalypse or the end of the world. We’re interested in how these ideas are expressed in different religions as well as through science and popular culture. We are working on a third record but I’m not sure if it will be finished this year. We will be performing live as Eschaton later this year and we recently contributed sounds to the upcoming Ancient Methods album.

So you two are Canadian, but I read somewhere that Rich taught in Scotland for a year. What were you teaching? Is coming back to Canada always necessary for both of you?

Rich: Family connections keep us in Canada, and it is a good place to live. Alongside music, I’ve studied philosophy, politics and geography for a long time. After completing my PhD, I taught geography in Canada and Scotland for a number of years. Recently, I’ve been dedicating almost all my time to music.

Christina:
I also lived in Scotland for a couple of years in the late 90s, working on my Masters degree at the Edinburgh College of Art. I developed a good network of friends there. I think coming back to Canada gave me a new appreciation for the place where I live – it is hard to understand that connection until you leave.

Christina, you have also been teaching… but in Canada. How was being a teacher at OCAD (Ontario College of Art and Design) like? Where can we see your paintings? Are your visual and musical productions complementary?

Christina: I teach painting and drawing in the Faculty of Illustration at OCAD in Toronto, but I will be taking the next year off to focus on my painting and music. I show my work with the Red Head Gallery art collective in Toronto. You can see a lot of my work at www.christinasealey.com. Sometimes my visual art and music collide. I’ve had a few shows that combined painting with audio elements. I’d like to do more installation and interactive media work like this.

Where do you see yourselves in a decade? What about Orphx, are there anymore milestones you two would like to accomplish?

Rich: I don’t know what will happen in a decade but we are working on some exciting projects right now. One of them is a new multi-channel surround sound performance in collaboration with the video artist Patrick Trudeau, and we would like to keep developing this. We’re continuing our collaborations with Justin Broadrick (Godflesh, JK Flesh, Techno Animal) and Ancient Methods, and planning some new collaborations for the future. Also, we’ve both started composing music for soundtracks and we would like to do more.

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