Techno warehouse

Published on mai 20th, 2019 | by Ruben Hassid

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Organiser un évènement warehouse…pas toujours si facile

[Report] Suscitant toujours de plus en plus d’engouement depuis quelques années, les évènements hangars ne sont pas plus simples à organiser…Au contraire : annulation, changement de dernière minute, incompréhension du public qui se sent lésé. Delighted est allé au contact de ces organisateurs qui se démènent pour nous faire vibrer chaque semaine : que se passe-t-il dans l’organisation d’une warehouse ?


Septembre 2015 : ØFF/Drom propose leur 3e soirée hors-club, renouant avec les racines des free party des années 90’s. Des milliers de personnes, tout autant de m², et une liberté visible dès le premier coup d’oeil. Dax J enflamme la foule au petit matin, et on entendra bientôt plus que parler de cette warehouse, écrasant l’expérience club.

S’en suit nombre de collectifs rercherchant le même format, la même atmosphère, procurer les mêmes sensations d’abandon, dans des hauteurs sous plafonds toujours plus immenses. Contrast, Fée croquer, Possession, Myst, Deependance, Pisica, Organik, si le public et les collectifs sont au rendez-vous, l’organisation n’en est pas plus simple, bien au contraire.

Annulation à la dernière minute, changement de lieu et mise en péril de collectifs, organiser de tels évènements n’a jamais été aussi périlleux pour de jeunes passionnés. Delighted est allé leur parler.

Réussir sa soirée n’est pas qu’une question d’ambition.

Il en faut des qualités requises, pour monter ce genre de projet. Nicolas et Benjamin, de l’équipe d’Organïk sont clairs, « la gestion de l’imprévu » est de loin la première des qualités à avoir. C’est d’ailleurs la raison principale des annulations qui frappent nos collectifs nationaux : pas de vacances au Bahamas lors d’une annulation, mais plutôt des mises en péril de leur existence…

C’est le lieu, nous répète Lori, de Pisica, qui est l’imprévu numéro 1. « Le lieu! C’est pas nouveau, mais c’est le plus difficile. Si tu ne vas pas au dock… Tu fais un road trip de toutes les salles de paris en 3 jours chrono…. ». Difficile de ne pas être d’accord avec elle, I Hate Models n’aurait pas pu écrire « Dock Eiffel Memories… »

Et après avoir réuni une équipe de choc, capable d' »accepter le stress » comme partie inhérente du boulot, encore faut-il être régulier! « La régularité : si tu n’organises pas, c’est la mort du collectif.« 

Ajouter à cela deux pincées du sens du détail : à noter fin avril, la Weather avait installé un sol anti-dérapant sur sa scène principale…quand la Possession ne fait pas attention aux « clous anti-pisto » d’une dizaine de centimètres, recouvrant le sol de dangerosité.

Mais à quoi bon organiser, alors ?

« La notion du partage c’est primordiale » : sans la passion, aucun de ces évènements n’auraient vu le jour. Il existe un adage dans le monde de la techno : si tu veux y consacrer du temps pour y gagner de l’argent, change de passion. Il est presque de notre devoir de soutenir les organisations qui se mettent en danger, financièrement, légalement, même (et surtout) lors d’annulation de soirée.

C’est là que tu te dis, c’est pas qu’une soirée.

Ne vous en faites pas, Delighted n’est pas venu cueillir des témoignages lors d’une réunion d’Anciens Orgas Dépressifs. La preuve, Benjamin nous a presque fait pleurer le con : « Le moment où je suis le plus fier : les histoires que l’on crée, les amitiés nouvelles, et les couples que l’on voit partir ensemble . C’est là que tu te dis, c’est pas qu’une soirée. » Lori a d’ailleurs renchéri de plus belle…mais d’abord coupure de pub pour se mettre dans l’ambiance (aussi parce qu’il y a le mot warehouse dans le morceau).

Lori : « Littéralement, quand la pression redescend, vers 5h du matin, les soucis mineurs ont été réglés, c’est le moment où tu prends ton verre et tu regardes le public heureux, c’est une sensation indescriptible de voir des gens danser grâce au travail de ton crew. Je suis un peu fleur bleue mille excuses ahaha, mais j’ai le droit ?« 

Ce sont pour ces moments de liberté, de lâcher prise du quotidien, qu’organisateur & public se retrouvent tous les week-ends. Indulgence, patience et compréhension sont aussi mots d’ordre pour aider les collectifs. C’est un mouvement toujours plus en danger, peu compris, et il est de notre devoir de le soutenir, car si nous ne le faisons pas, personne ne se soulèvera pour le maintenir en vie.

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