Reports Blocaus Mord Label Party

Published on mai 28th, 2015 | by fred

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MORD Label Party par Blocaus, l’ère industrielle

Je me souviens d’un soir à Berlin, où j’avais croisé l’équipe de Blocaus, venue soutenir sa résidente Anetha qui jouait au club //:about blank. On avait parlé de ce label tout jeune, qui s’impose pourtant déjà comme l’un des plus grands en matière de techno indus : Mord Records. « Mord », c’est le diminutif de Mordestwo : « meurtre », en polonais.

La première sortie du label, l’EP « Linea Recta », signé Radial, est tout de suite remarquée. Jugez plutôt les breakbeats hurlants de 1980 ou encore NYE :

Depuis, le label de Rotterdam a sorti 17 EPs, dont le dernier est signé par Exium. Véritable usine d’armement, le label sort bombe sur bombe depuis à peine deux ans d’existence.

Les Blocaus hésitaient encore à inviter à Paris le jeune label à l’identité si particulière. Les parisiens seraient-ils réceptifs à la techno Mord ? Ils ont décidé de tenir le pari. La réponse est arrivée ce vendredi 8 mai.

J’arrive au Batofar vers 23h. Sur la terrasse, c’est le collectif Tracknart qui s’occupe d’introduire la soirée avec sa Balade Sonore. Je suis accueilli par une joyeuse bande au look atypique qui s’agite sur des sons dub, ambiant, parfois noise. J’ai la chance de voir la performance live de Khng Khan. Sur des instrumentaux alliant break, techno, dub ou même jungle, il scande une grime puissante qu’il module dans son vocoder.

« Chadakh », par KHNG KHAN.

Devant le Batofar, il commence à y avoir du monde. Les « touristes » de la terrasse s’en vont peu à peu, il ne reste bientôt plus que ceux qui attendent la suite du programme. L’excitation est palpable, je sens que je ne suis pas le seul à avoir attendu impatiemment  la venue du label à Paris.

À minuit, c’est Exal qui ouvre le bal.

Le résident de Blocaus, habitué aux warm-up des plus grands artistes techno, place ses galettes avec précision, en parfaite introduction. Le Batofar se remplit très rapidement, pendant que rugit le remake d’Observer de Steve Stoll, une ode industrielle totalement distordue qui rappelle un peu Rollin’ & Scratching des Daft Punk à leur meilleure période. Quand Exal joue le remix de Clouds du morceau Trema de Lag, je me rends compte que le club est déjà plein, et honnêtement, c’est déjà un joli bordel.

À ce moment là, je crois que les gens dansaient nus en formant une ronde.
Je ne suis plus sûr de rien.

UVB prend les commandes à 2h. Le mec pousse de plus en plus fort, ça commence carrément à saturer sur le soundsystem du Batofar, mais plus question de baisser le volume, c’est très bien comme ça !

Personne, en tout cas, n’a l’air de s’en plaindre. Le public est en transe, ça commence à transpirer sévère. Les garçons ont de la buée sur les lunettes, les filles ont les cheveux collés sur le visage, j’aperçois même un mec qui a des cheveux longs et des lunettes. Tout le monde est débraillé, il doit faire 40°. Au premier rang, le collectif FM64 a installé un mur de télés cathodiques, sur lesquelles défilent des boucles de vidéos plus absurdes les unes que les autres. Elles semblent se caler parfaitement sur la techno déchiquetée d’UVB. Multipliée à l’infini par tous les écrans, une nana en maillot de bain secoue sa poitrine comme une épileptique, quand arrive Snoop Dog, puis un petit gros qui fait coucou, puis une fouine qui fait une grimace, le tout sur des fonds colorés qui tournoient dans tous les sens. Je parle bien des vidéos.

Je monte me reposer un peu sur la terrasse, et là je tombe nez à nez avec Ansome, le jeune prodige du label. Âgé d’à peine 24 ans, il commence à faire parler de lui il y a un an lorsqu’il poste une vidéo de lui en train de jammer sur ses machines.

On reconnaît déjà des parties de son morceau Man’s Head. Par contre, niveau chemises, il a changé de style.

Depuis cette vidéo, il a réitéré, et a même participé à la web émission de Fact magazine : Against the Clock, dans laquelle l’artiste invité a dix minutes pour construire un morceau en partant de rien.

Leila, une amie organisatrice chez Blocaus fait les présentations, et m’autorise une interview improvisée… Je n’ai préparé aucune question, mais je connais bien le bonhomme et son travail. J’emprunte un téléphone en guise de dictaphone, on prend des bières au bar, et c’est parti pour une mini interview 100% live, 100% analogique (à lire ici). Le mec est super sympa, on finit par parler d’un peu n’importe quoi, de morceaux et d’artistes qu’il aime, et de ses vacances dans le Limousin (non je déconne). On fait des selfies (bah quoi ?), on reprend des bières et je le l’abandonne à d’autres fans venus le saluer.

Le jeune producteur Londonien nous offre une belle performance. La caméra prévue pour que l’on puisse voir ce qu’il fait étant mal placée hélas, on ne voit pas grand chose, ce qui est un peu dommage. Heureusement, niveau son, il nous a préparé un live d’une grande intensité. Il ne décolle pas les yeux de ses machines, passant frénétiquement de l’une à l’autre, donnant l’impression d’une maîtrise parfaite de ce qu’il fait. Les textures glaçantes semblent tout droit sorties d’un film d’horreur. C’est froid, métallique, claquant. Les gros kicks sont ponctués par des claps qui sonnent comme des coups de marteau sur une forge… le style est inimitable. Quelques riffs de 303 amènent une touche acid, qui ravit le public toujours aussi chaud.

Il est 5h00 quand sous les applaudissements du public, Bas Mooy, père fondateur du label, prend le relai. Il termine tout le monde avec une dark techno très agressive jusqu’à la fin, entremêlée de breaks et de gros classiques qui provoquent à chaque fois des cris du public.

Je reconnais à peine Factory Music, de Slam, remixé par Planetary Assault System, qui sonne entre ses platines beaucoup plus violent qu’il ne l’est déjà.

Video Siren de Gary Beck, morceau qui a déclenché une émeute à 6h00.

C’est à 7H00 que se termine la soirée, avec un club encore bien rempli. Alors que je traverse la passerelle rouge qui ramène les teufeurs sur la terre ferme, je marque un arrêt pour admirer une scène qui marque toujours la clôture des grosses soirées au Batofar. Des groupes de gens partout, sur le quai, c’est la cours de récré. Par ici on s’assoit par terre et on roule des clopes, par là on cherche un after. C’était une belle soirée pour tout le monde, et on sent que beaucoup ne sont pas prêts de rentrer chez eux.

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Infirmier le jour, DJ la nuit. Je dors dans le métro.



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