Techno Sound Locator

Published on mars 19th, 2017 | by Charles

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Le vrai visage de la techno de demain

ANALYSE – A l’instar des cabinets de tendance que l’industrie de la mode paie des millions pour savoir ce que nous, petits consommateurs, souhaiterons porter dans un, trois ou cinq ans, Delighted vous propose de découvrir quelle sera la musique que vous écouterez dans quelques années.

L’écrémage naturel des moutons de Panurge

D’abord, précisons que certains des aficionados de musiques électroniques ne sont pas plus convaincus ni intéressés par ce qu’ils écoutent que Tartuffe n’était croyant. De nombreux jeunes gens suivent, à un moment de leur existence, un courant de tendance, dont fait partie la techno au même titre que tel modèle de baskets, qu’une certaine coupe de cheveux, ou qu’un accessoire particulier. D’autres sont dans la mouvance techno pour l’ambiance, les copains, le sentiment de liberté, etc.

Pour tous ceux là qui aujourd’hui ont un lien avec la techno sans véritablement adorer la techno, il est fort probable que leur musique de demain ne soit pas nécessairement la techno. Retour à la compil’ Fun Radio pour les uns, rapatriement vers la house pour les autres, seuls les passionnés resteront le nez dans le caisson.

La théorie des cycles 

Jeff Mills en parlait à Laurent Garnier en 2003:

« Il y a quelques années, j’ai fait un disque qui s’appelait Cycle 30. Si on regarde trente ans en arrière, on observe que les mêmes phénomènes se répètent. On est aujourd’hui dans le même cas de figure qu’il y a trente ans. Au début des années 70, la musique était devenue très sophistiquée, très propre, très perfectionnée. C’était devenu un peu ennuyeux car beaucoup de groupes commerciaux du moment étaient de plus en plus fabriqués. La technologie avait permis de produire une musique si léchée qu’elle en perdait son âme. Dans ses années, on avait atteint un pic de perfection musicale. »

Comme oncle Jeff n’a jamais tord, regardons trente ans derrière nous, en mars 1987. On y voit du new-beat, de la toute jeune techno, du kraut-rock, de l’EBM, de la musique progressive et bien d’autres choses encore. En mars 1987, un an après Tchernobyl, tout allait en fait exploser dans les années à venir. Pendant que les riches studios des majors perfectionnaient leurs pistes commerciales destinées à l’écoute de masse, la techno s’est forgée dans des cages à lapin miteuses, en utilisant les synthés et les drum machines bon marché, dont personne ne voulait.

Les révolutions musicales se sont toujours produites avec peu de moyen

Il est possible d’imaginer que la techno de 2020 sera une musique utilisant des instruments qui existent déjà, mais dont personne ne veux. Il suffit que certains visionnaires s’en emparent et s’en servent comme personne n’y avait pensé jusqu’à présent. Les révolutions musicales se sont toujours produites avec peu de moyen, et à contre courant des modes. Les accidents sont souvent à l’origine de découvertes fascinantes.

Faire du neuf avec le vieux: la théorie du vintage

L’homme et la femme sont prisonniers du temps qui passe. Ce phénomène scientifique a souvent été illustré dans l’art par la mélancolie et la nostalgie. Quand l’inspiration ne vient pas, rien n’est plus simple que de faire du neuf avec du vieux. Remettre des vieilleries poussiéreuses au gout du jour, c’est le pari gagnant du vintage. Il est présent partout, notamment chez les avant-gardistes, tant dans la mode que dans la musique.

Depuis plusieurs années, un set n’est bon qu’à condition de balancer de l’acid. L’engouement pour la Roland TB-303 et ses clones est à son pic, vingt ans après la sortie des plus mythiques morceaux acid techno (Energy Flash, Plasticine, Phuture’s Acid Trax). Depuis peu, la techno s’est semble-t-il accélérée, notamment comme ce fut le cas au début des années 2000. Le courant vintage suit lui aussi l’effet de la théorie des cycles, en récupérant la musique ringarde sortie vingt ans auparavant. Beaucoup plus récemment, on peut observé une percée de l’electro dans la techno. De Drexciya à Detroit In Effect en passant par Duplex, l’electro rythmique et robotique du label néerlandais Clone séduit de plus en plus d’artistes pourtant résolument techno.

L’adaptation de la musique aux modes de vie

L’essor de la techno est indissociable d’une ribambelle de facteurs sociaux. Les raves n’auraient pas existé si les clubs avaient plu à tous les goûts et les couleurs (et pas uniquement à ceux d’une classe sociale huppée et aisée). L’arrivée massive d’ecstasy en Europe en 1990 n’a pas été pour rien dans la longueur des soirées et l’importance de la musique dans le soirée. La réunification des deux Allemagne en 1991 a favorisé une effervescence chaotique qui a produit ce terreau si favorable aux soirées outre-Rhin.

la techno de demain répondra à une demande sociale

Si elle naitra bien d’innovations techniques, la techno de demain répondra à une demande sociale. Puisqu’elle a souvent un message libertaire, la musique peut se créer en réaction à une oppression. La dictature des réseaux sociaux dont les adorateurs lèvent fièrement leur selfie stick en l’air, pourrait vraisemblablement constituer la première source d’atteintes aux libertés aujourd’hui. Voyons dans trois ans si cette atteinte aura inspiré les tenors de demain.

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