Techno 93d1d2aa5ed3244f5eced10d760717aa_TRESHER1

Published on février 11th, 2015 | by Piotr

0

Gregor Tresher présente la dernière série Break New Soil

L’artiste allemand présente cette semaine le volume 7 de son label Break New Soil. Il fait signer des habitués de sa maison de disques qui correspondent à l’identité musicale de ce producteur brillant. Chronique.

En musique comme dans les autres formes d’art, on a besoin de quelque icône, d’une figure charismatique qui saura entraîner derrière elle les plus jeunes. Un paternalisme artistique indispensable pour transmettre aux benjamins une expérience, une sensibilité, un goût du travail. Gregor Tresher fait partie de ces producteurs de renom qui, sans être sous les feux de la rampe, jouit d’une influence importance, d’un charisme indéniable. Comme DJ Deep, Arnaud Le Texier, Marcel Fengler et bien d’autres, Tresher est un artiste discret bien qu’il soit partout. On ne fera pas un Time Warp sans lui, et pourtant sa présence dans les plus grands clubs et festivals n’est jamais la plus remarquée. Il laisse les paillettes aux autres.

Les belles signatures suédoises

Son label Break New Soil est la mise en pratique de cet idéal musical : créer une maison de disques sans apparats dans sa ville de Francfort, non loin de la petite ville d’Offenbach et de son club mythique, le Robert Johnson situé sur l’autre rive du Main. Il sort le septième volume de son label cet hiver, faisant ainsi signer des artistes aux qualités indéniables, des producteurs réguliers.

Le premier titre est l’œuvre du Suédois Patrick Siech, signature la plus sombre de cet EP collaboratif. Il y a un peu du Marbles de feu Plastikman, une sensibilité acid dans Return. Un track d’une parfaite constance. Patrick Siech, habitué des soirées suédoises Parabel est un fidèle de la maison Drumcode, réputée pour dénicher les talents en mer Baltique.

Restons ainsi en Suède puisque c’est Per Hammar qui clôt le volume Breack New Soil avec Cloaker. L’artiste doit beaucoup à sa rencontre avec Patrick Siech il y a quelques années, et signe un peu partout depuis 2008 : chez Christian Smith (la mafia suédoise, encore et toujours…) le fondateur de Tronic, mais aussi chez Flash Recordings. Il y a deux ans, Gregor Tresher l’avait déniché pour signer l’EP Tunnel. On retrouve dans Cloaker un esprit deep, semblable à celui de Patrick Siech. Le rythme est plus lent, une tech-house léchée qui convient parfaitement au warm-up d’une nuit de techno ténébreuse. Le synthé ajoute un peu de fantaisie et de mélodie, touche essentielle à l’univers de Break New Soil.

L’exemple Maxime Dangles

Puisqu’il n’y a aucune déception dans cette sortie, Maxime Dangles s’ajoute à la fête avec BBA. Un titre « danglésien », puisque le Français a désormais son style. Fasciné par les machines, habitué des meilleures soirées françaises, et tout juste signé sur Astropolis Records, Maxime Dangles frappe par l’influence qu’il prend sur notre scène techno. Souvenir époustouflant du bonhomme : une prestation live au Rex Club avant Karotte (le fantasque résident du Harry Klein à Munich) il y a trois ans lors d’une soirée BTRAX. Au milieu de son live, le son est coupé, l’alarme du Rex se met à sonner. Cassé dans son rythme, arrêté pendant un bon quart d’heure, Maxime Dangles reprendra sa narration musicale avec une maitrise impressionnante. Avec BBA, il confirme son talent de producteur : on danse, on agite frénétiquement les lèvres au rythmes des sonorités. Le track progresse, s’envole, et nous laisse songeur. Il apporte au volume une touche plus industrielle, un rythme cassant, sec.

Cosmic Serpent apporte la touche la plus mélodieuse du Vol. 7. Une collaboration studio entre Gregor Tresher et le Croate Petar Dundov. Les deux hommes ont l’habitude de travailler ensemble, et l’algorithme fonctionne toujours. On connaît Dundov pour ses tracks et ses remixes mélancoliques. Cosmic Serpent, c’est l’alliage entre l’esprit dancefloor de Tresher, et la vision musicale ultrasensible de Petar Dundov. Cela donne un son nostalgique, où le travail des synthés est énorme. On a l’impression d’entendre par moments les timbres d’un orgue. Cosmic Serpent est une véritable polyphonie, où les mélodies s’entremêlent. De quoi calmer les ardeurs au milieu d’un DJ Set ou finir une soirée en douceur.

Gregor Tresher passe à Paris au Rex Club et à l’Ostra Club de Nancy début mars. C’est l’occasion de découvrir ce producteur, qui brille en studio comme en club.

Tresher_Dundov_

Gregor Tresher et Petar Dundov, une collaboration régulière

Tags: , , , , , , , , , ,


About the Author

"ich bin meine Maschine"



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Back to Top ↑