Techno Bassiani soldiers

Published on mai 13th, 2018 | by Charles

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Bassiani: quand danser en Géorgie devient politique

ACTU – Vendredi soir dernier, la police et ses fusils d’assaut sont entrés sans frapper à l’intérieur du Bassiani et du Café Gallery, chefs de file de la vie nocturne de Tbilissi, en Géorgie. Hasard ou coïncidence, Delighted a découvert ses lieux deux semaines plus tôt.

La découverte d’une scène techno inattendue en plein Caucase

Le samedi 28 avril, quand nous arrivâmes à l’entrée du Bassiani, il était cinq heures du matin et ce fut directement de l’aéroport que nous débarquâmes. Le taxi nous avait lâché devant un immense stade de foot de l’ère soviétique et c’est à tâtons que nous parvînmes à trouver l’entrée. Le club est situé dans une ancienne piscine désaffectée au sous-sol de ce stade.

Deux salles avec deux ambiances, sur un schéma Berghain – Panorama Bar. Il est difficile de ne pas comparer le Bassiani avec le club berlinois, au moins sur son esprit architectural très « béton brut ». La faune par contre est moins excentrique qu’à Friedrichshain: on est tranquille, souriant. Beaucoup de solitaires, quelques groupes de copains. Tout le monde semble se connaître. L’espace est immense et l’on ne se marche vraiment pas dessus.

Le Bassiani, l’élève surdoué qui saute des classes

Créé en octobre 2015, le Bassiani a tout de suite connu un succès et une reconnaissance internationale. Les plus grands noms viennent y jouer (Ben Klock, Rodhad, Antigone, Zadig, Marcel Fengler). Pour autant, même si des fêtards du monde entier viennent découvrir ce nouveau temple caucasien, c’est surtout par des locaux que le club est fréquenté. Et c’est là que la dimension politique du club donne du relief à la teuf: la Géorgie est en effet un pays assez peu ouvert d’esprit, notamment quand il s’agit de fêtes et d’homosexualité.

Depuis sa création, le Bassiani doit faire face à la virulence de groupes politiques de droite qui voient l’univers techno d’un mauvais œil et cherchent par tous les moyens à faire fermer ces lieux de perversion.

Du club techno au symbole de la tolérance en Géorgie

Lundi 7 mai, le Bassiani postait un message d’alerte sur son compte Facebook. Suite à cinq décès de jeunes consommateurs de drogue (du poison) à leurs domiciles, ces groupes politiques de droite ont fait un procès d’intention au Bassiani et à d’autres clubs de la capitale en les désignant responsables de la mort de ces personnes.

C’est dans ce contexte que la police a fait irruption le vendredi soir au Bassiani mais également au Café Gallery. Des arrestations de détenteurs de drogues (qui risquent entre 8 et 20 ans de prison) et des responsables de clubs ont suivi.

Depuis, des centaines de locaux en soif de tolérance manifestent devant le Parlement géorgien. Le mouvement a reçu de nombreux échos sur les réseaux sociaux, tant de la part d’artistes y ayant joué que de clubbers découvrant à peine l’existence d’une scène techno dans ce coin du monde.

Phase Fatale, jouant Age of Love devant le Parlement et faisant danser près de 5 000 manifestants

Delighted apporte tout son soutien à ce mouvement et espère de tout cœur revenir danser au Bassiani.


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Der Anwalt der Nacht



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