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Published on avril 22nd, 2015 | by Piotr

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La passion selon Tristano

Francesco Tristano est un des artistes les plus attendus du moment. Sa polyvalence, sa maîtrise des scènes et son charisme font de lui un artiste incontournable. Portrait.

Le souvenir d’un Rex Club il y a trois ans. A l’époque, le label Infiné avait son showcase au 5 boulevard Poissonnière. Pour les 48h Infiné, j’étais venu voir Rone, dont les lives clubbing étaient alors somptueux. On vibrait sur les paroles de Bora, le dancefloor entier méditait à la venue des nappes envoutantes du remix de « la danse des lucioles » de Dominik Eulberg (Der Tanz der Glühwürmchen). Pourtant, avant Rone, un artiste avait rendu le club hystérique. Il jouait live, entouré de synthés. J’avais rarement vu une nuit aussi enfiévrée : tout était réuni dans ce live qui précédait celui de Rone. Comme un novice, sur place, je demandais le nom de cette gueule d’ange qui exsudait toute l’eau de son corps: Francesco Tristano.

« Son cœur bat pour la musique classique et contemporaine, et son esprit s’évade avec l’électronique »

L’événement réunissait 230 personnes sur Facebook. Ce vendredi, plus de 3000 personnes « s’annoncent » au Rex Club. De quoi faire la queue jusqu’à la Porte Saint-Denis (courage Thierry…). Alors certes il y a Derrick May pour jouer à ses côtés. Mais tout de même, beaucoup viendront pour le Luxembourgeois Tristano. Qui est-il ?

« omni » : objet musical non identifié

L’artiste est un virtuose, tombé dans le piano comme certains tombent dans la poudre. Un accro, un passionné, capable de jouer dans un couvent comme dans une ex-centrale électrique (suivez mon regard à l’Est). Francesco Tristano est ce que le critique de jazz Michel Contat appellerait un « omni » : objet musical non identifié.

Sa passion, son hyperactivité, Tristano la doit peut-être à sa vie new-yorkaise, ville boucan où tout s’élance à mille à l’heure. Sous les buildings, il étudie le piano à la célèbre Julliard School. C’est lors d’un concert de musique classique que le directeur artistique Alexandre Cazac, à l’origine du label Infiné, déniche Francesco Tristano. Le garçon avait interprété à sa manière un titre de… Derrick May : Strings Of Life. Dès sa naissance, Infiné peut compter sur le pianiste. Il y sortira la plupart de ses albums et EPs : The Melody, Idiosynkrasia (et ce remix formidable de Ben Klock), Not For Piano ou Auricle/Bio/On. Ce dernier album fait partie des cent pépites immanquables choisies par Olivier Pernot dans son superbe Electro 100. Le livre retrace la musique électronique en cent albums, on vous l’avait chroniqué à sa sortie. Olivier Pernot écrit à l’occasion sur le Luxembourgeois :

« Avec Francesco Tristano, les deux univers se conjuguent dans un seul être humain. Son cœur bat pour la musique classique et contemporaine, et son esprit s’évade avec l’électronique, ou inversement. »

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Francesco Tristano cumule les projets. La vie n’attend pas. Elle ne s’arrête jamais, surtout chez ceux qui ont du talent. Il fait partie du groupe Aufgang avec lequel ils participent aux belles heures d’Infiné. Avant de quitter le groupe au début de l’année 2014. Enfin, on a toujours plaisir à regarder ses collaborations avec les légendes de la techno : Carl Craig, Moritz Von Oswald et Derrick May. Il faut dire que ceux là ont aussi une sacrée attirance pour le mélange des genres, et Carl Craig et Moritz Von Oswald ne l’avait pas attendu pour revisiter Le Boléro de Ravel.

Faire converger le clavier et les basses

Pour vous préparer plus encore à la performance de Tristano, n’oubliez pas ses talents de producteur techno. Sa dernière sortie chez Get Physical est un écrin. On y découvre ce que le Luxembourgeois fait de mieux : faire converger le clavier avec les basses. Un son club somptueux. Le virtuose se fait alors plus DJ que jamais. Attendez vous à le voir ainsi dans quelques jours. Et puis l’événement se fait attendre : Francesco Tristano participera au concert d’ouverture du Weather Festival prévu le 4 juin. Une performance live qu’il assurera avec Derrick May, accompagné de Dzijan Emin, et d’un orchestre philharmonique.

Vendredi à la nuit tombée, vous ne risquez pas de le voir en trois pièces devant un parterre de quinqua. Loin des abbayes ou de la salle Pleyel, il sera là, perlant à grosses gouttes pour faire danser les fondus de techno. Sans jamais oublier sa sensibilité classique. Un mélange qui promet d’incarner à merveille le nom que le Rex donne à sa soirée :

UN RÊVE

Francesco-Tristano

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