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Published on octobre 8th, 2018 | by Mehdi

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Konoyo : L’album entre la vie et la mort de Tim Hecker

– NEWS- Cela faisait deux ans qu’on avait pas entendu tinté les instruments, les constructions et les deconstructions de Tim Hecker. De retour sur le vaisseau mère Kranky Records, le producteur canadien nous envoie cette fois-ci dans le konoyo – en japonais la vie – ou même celle d’après la mort, anoyo. On parcourt un nombre insensé de tableaux, on lâche complètement toute initiative de compréhension et pas un moment Tim ne semble nous laisser toucher terre. Petite chronique sur un très grand album.


On pourrait de prime abord penser que le seul fait que le producteur canadien sorte un nouvel album sur Kranky Records fasse de celui ci une oeuvre d’art tant Tim Hecker a réussi à passionner les foules à chacune de ses sorties. Mais l’album se révèle bien plus pensé que cela, l’artiste étant aussi connu pour ses thèses sur le son que pour sa propre production.

Entre spirituel et terrestre

Enregistré dans un temple dans la périphérie de Tokyo, accompagné toujours de Ben Frost à l’enregistrement et Karalys Coverdale aux claviers, l’artiste s’empare aussi d’un gagaku, ensemble japonais de musique rituelle de la cour impériale et utilisant des instruments ancestraux. Tout l’album semble hors du temps, on y met un pied sans savoir que l’on en revient pas indemne. Et la virtuosité de l’ensemble japonais se laisse aussi parfois avoir par les dissonances des deconstructions de Hecker et l’on se retrouve dans un réflexion à plusieurs niveaux : le spirituel et le terrestre. Le lien entre le début et la fin nous le montre : le Konoyo est la vie qu’on a sur Terre et l’Anoyo (sur le disque Across The Anoyo) – la vie après la mort. Et c’est peut être en cela qu’on est captés. Comme sur un fil, celui que l’on parcourt toute notre vie durant.

C’est donc le chemin de croix de l’Homme et de la Terre, un chemin extatique et douloureux, lancinant et froid vers la mort inexorable de notre planète. « Is a rose petal of the dying crimson light » ou encore « In the Death Valley » sont autant d’indices sur le cheminement de Hecker, artiste qui a toujours su expliquer, documenter, expliciter son propos lors d’interview ou dans ses écrits. On pense alors aux catastrophes naturelles, à celles dues à l’Homme, même si celles-ci et celles-là sont parfois de connivence.

Un orfèvre de la texture

Musicalement, c’est toujours un travail d’orfèvre de texture, de découpes (laser), de « millimétrages » presque pompier. On est dans du grandiose mais sans surprise car tout est pensé, tout est étudié. Un album de recherches sans doute, précis et direct mais avec ce que le gagaku emmène aussi de mystères, d’incontrôlable.

Konoyo, c’est un album manifeste donc, un album sublime et concret qui nous guide et semble jouer les prophètes, où la vie terrestre, celle à laquelle il nous ramène avec ses outils à lui, semblent nous tendre une main pour arrêter cette avancée inexorable vers la fin.


 

ALBUM À CHOPER ICI (digital / vinyl+digital) (mais vu la complexité des textures, prenez le temps de choper le disque si vous pouvez)

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