Interview Samuli Kemppi Promo 2013
Kuvat Päivi Anita Ristell
Kuvattu Alma-talon studiossa 24.03.2013

Published on janvier 16th, 2017 | by Romane

0

Samuli Kemppi : « Notre radio attire un public mondial »

INTERVIEW – Connu et reconnu pour son émission Deep Space Helsinki qu’il anime depuis 2009 avec son ami et producteur Juho Kusti, c’est également ensemble qu’ils ont lancé le label éponyme en 2016. Stories in BX sort dans quelques semaines chez les Parisiens de Technorama Records et marquera la quinzième sortie vinyle du label. 

En amont de son passage au Rex Club vendredi 20 janvier aux côtés de Tripeo et du crew Technorama, Delighted a posé quelques questions au plus finlandais des producteurs, Samuli Kemppi en personne.

Propos recueillis par Romane.

(INTERVIEW EN VERSIONS FRANÇAISE ET ANGLAISE)



– VERSION FRANÇAISE – 

Pour beaucoup, 2016 est une année noire… Mais il semble que tu aies accompli beaucoup l’année passée. Comment la résumerais-tu? Quels ont été tes points forts?

J’ai eu des défis inattendus et des gros changements en 2016, mais je m’en suis sorti. Les points forts ont été le lancement de mon propre label et ma sortie définitive du bureau pour devenir un artiste à temps plein. Mais aussi, c’était génial de pouvoir voyager autant et de rencontrer de nouvelles personnes partout dans le monde. J’ai également changé d’agence en fin d’année et je travaille désormais avec Parabel. Au final, ce fut une bonne année pour moi.

« La radio était le seul moyen d’entendre des sons du monde entier »

La radio est un média que tu sembles particulièrement apprécier. Ton émission Deep Space Helsinki, inaugurée en 2009 avec Juho Kusti, est un vrai succès. Peux-tu nous en dire plus à ce propos?

J’ai grandi en écoutant la radio durant l’ère pré-internet. C’était le seul moyen d’entendre ces sons incroyables venus du monde entier. Je ressens le besoin de passer le flambeau et de jouer tous les sons que je trouve à travers le monde pour les générations futures. En espérant qu’ils soient aussi inspirés que je l’étais à l’époque. Petit à petit Deep Space Helsinki a conquis un public mondial, ce qui est assez fou étant donné que nous parlons finlandais, ce qui n’a pas l’air de déranger la plupart de nos auditeurs.

On reçoit beaucoup de promos et de tracks inédits du monde entier et nous sommes parmi les premiers à les jouer. C’est sûrement une des raisons pour lesquelles on a acquis une telle audience. On a été cité comme une source fiable. D’après les statistiques Soundcloud, du temps où l’on pouvait voir les vraies statistiques et pas juste le top 50, notre émission avait été jouée dans plus de 150 pays. C’est complètement fou.

« Kiss, NRJ… tout ce blabla rejoue les mêmes hits sans véritable but »

Basso était la première radio en Finlande a lancer une app de streaming pour smartphones et Basso a toujours été sur les devants en matière de radio numérique, ici en Finlande. Avoir les outils nécessaires à la diffusion globale de la musique est un plus évidemment. Le concept de radio FM est en train de mourir et donc de plus en plus de stations offrent des services de streaming à la demande pour atteindre de nouvelles audiences. La radio en tant que média a toujours son importance… Seulement si le contenu est bien traité. Si vous avez une émission pertinente, il faut vraiment bien jouer ses cartes et offrir du bon contenu à l’écoute. Sinon c’est inutile. Par exemple, Kiss, NRJ… Arrêtez moi si je me trompe mais tout ce blabla sans véritable but, le fait de rejouer les même hits encore et toujours, ça ne fonctionne pas.

Qu’en est-il de ton amitié avec Juho Kusti, était-ce important de lancer le label DSH ensemble?

Nous sommes DSH et j’ai pensé que c’était une bonne idée de créer un label ensemble. À l’époque, Juho commençait à peine à produire mais il avait de supers tracks en réserve. C’était donc une évidence de commencer à publier nos propres tracks. Le label a été un peu long au démarrage mais on est désormais résolus à « release » plus souvent.

Curated by DSH est relativement récent. Laisser la voie à d’autres DJs et producteurs a t’il toujours fait partie de tes projets?

Roberto Rodrigues, le directeur artistique de Basso Radio nous a proposé une autre émission. Étant donné que nous sommes beaucoup pris par notre show hebdomadaire, on a décidé de lancer une série de mixs par des invités que nous admirons de notre cercle mais pas seulement. En toute honnêteté, on a eu l’idée de lancer Curated by DSH l’été dernier, moins de deux semaines avant la première émission. Par chance, des amis nous ont fourni des mixs en un temps réduit. On a été obligés de faire une petite pause et d’établir des règles et un calendrier.

Dorénavant tout est planifié trois, quatre mois à l’avance. De très bons invités à venir! CBDSH est diffusé les vendredis à 22 heures, ce qui est un bon créneau. Beaucoup nous écoute avant de sortir et on est très heureux d’annoncer la couleur du weekend.



Ton premier EP sur Technorama est attendu pour février 2017 et inclut un remix par Tripeo. Qu’est ce qui rend Stories in BX spécial? Tu nous révèles quelques détails?

Il s’agit d’une expérimentation avec un synthé FM et un mixeur Boss BX. Complètement différent de tout ce que j’ai produit auparavant. Pour moi, écrire de la musique c’est toujours essayer de nouvelles techniques. À l’époque, les mixeurs BX pas chers étaient presque aussi cruciaux que les 909 et les 303 dans la techno. Le son croquant et déformé qu’on peut entendre dans pleins de sons du début et milieu des années 90 été obtenu en surmenant ce petit mixeur bon marché.

Deux des blocs principaux de cette release proviennent d’un vieux synthétiseur Korg DS8 et d’un mixeur Boss BX 800 qui appartenaient à mon père. Le DS8 est globalement la même chose qu’un Yamaha DX7, il me semble que même la puce est similaire. C’est un synthé FM digital avec un son assez unique.

Peux-tu nous expliquer ce qui t’as motivé à lancer un nouveau label, Power of Voltages en 2016?

Après le décès de Max (le producteur italien Max_M est décédé d’un cancer foudroyant en mai 2015, Ndlr), j’ai perdu ma maison mère, je devais donc créer la mienne. POV001 a dû faire face à des imprévus et j’ai donc modifié le calendrier mais POV002 est en chemin. J’aimerais sortir deux ou trois releases par an. Principalement ma propre musique, peut-être des remixes après un certain temps. Tous les tracks qui sortiront seront joués et arrangés en live.

Love is a Liar, un tube en Afrique du Sud

En parlant de tes nombreux projets… Peux-tu nous en dire plus concernant Sam & Gigi? Envisages-tu de rouvrir ce chapitre de ta vie et de produire à nouveau sous cet alias?

Il s’agissait de ma femme Laura et moi durant les premières années de notre relation. Nous étions jeunes, naïfs et la deep house est arrivée. Au début des années 2000, mes amis avaient un studio où je travaillais. Laura est venue une fois avec moi pour faire quelques essais et ça fonctionnait pas mal. On a donc fini par sortir cinq EPs sur les labels Siesta, Ovum, Aquarius, Still Music et Drenched. Apparemment notre track Love is a Liar a été un gros succès en Afrique du Sud. On a appris ça bien des années plus tard, mais on reçoit toujours des messages de gens nous racontant combien ce track a compté pour eux et combien il les transporte encore. Ce genre de confession honnête est certainement le meilleur compliment pour un musicien. De là à envisager un comeback? Non.

En 2012, tu décrivais ta musique comme des “Captures d’instants et de choses personnelles”, est-ce toujours le cas en 2017? Ton procédés créatif a t’il évolué?

Comme je l’avais probablement dit dans cette interview de 2012, j’arrange toujours mes tracks en live en studio, ce qui en ce sens capture l’instant. Tu vois, comment je finis un track a beaucoup à voir avec le déroulement de ma journée, ce que j’ai mangé à midi, si j’ai lu un bon bouquin la veille et ainsi de suite. Je dirais que je suis quelqu’un aux humeurs changeantes. Je dirais que mon procédé créatif est en constante évolution. J’apprends de nouvelles choses à chaque fois que je suis en studio. Si je me reposais sur mes acquis, je devrais probablement arrêter la musique. Se redécouvrir est l’aspect le plus crucial d’un artiste.


– ENGLISH VERSION – 

Most people say 2016 has been a pretty rough one … But it seems like you’ve accomplished a lot this past year. How would you rate it in a few words? What have been your highlights?

I did have some unexpected challenges and big changes in 2016, but managed to get through it ok. Big things for me were the start of my own label and stepping out from office work to become a full time music professional. Those were the highlights, but also it was great to travel so much and meet nice people around the world. Also changed my agency at the end of the year and now working with Parabel. All in all, it was a good year for me.

Radio is a medium that you seem to particularly affectionate for. Your show Deep Space Helsinki, launched in 2009 with Juho Kusti, is a real success. Can you tell us more about it?

I grew up listening to radio on the pre-internet era. That was the only way to hear these amazing sounds from around the world. I feel I have to pass the torch forward and play all the great records I find around the world to new generations. Hope they are as inspired as I was back in the days. DSH has slowly gained a worldwide audience, which is kind of crazy since we speak Finnish on the show, but that doesn’t seem to bother most of the listeners. We do get a lot of promos and unreleased tracks from around the world and we are among the first ones to play them out. That’s probably one reason we’ve gained such a lot of listeners. We have been quoted as a great source for upcoming releases. According to our Soundcloud statistics, back when you could see the full statistics and not just top 50, our shows have been listened in over 150 countries. That is insane.

Basso was the first radio station in Finland to launch a streaming app for smartphones and Basso has been on the forefront of digital radio services since the start here in Finland. Having the tools for spreading the sounds globally of course helps. Old FM radio as a concept is dying, so more and more stations are providing on demand and stream services to reach the audiences. Radio as a medium is still important, if it’s curated well. If you have a good radio show, you have to really know your game and get the right content. Otherwise it’s just rubbish in a plastic wrap. You know, Kiss, NRJ … Maybe it’s just me, but all the talk without any point and playing same hits over and over again just doesn’t work.

What about your friendship with Juho? Was it important for you to launch the DSH label with him?

DSH is us and I thought it would be a great idea to start a label together. Back then Juho was just starting as a producer, but he had such good tracks in his drawer. So, it was a no brainer to start putting out our own tracks. It’s been a slow process with DSH label, but now we’re up to bit more frequent output and we have the right channels for that.

Curated by DSH is relatively new. Was hosting other DJs and producers always a project of yours? What’s the main motivation behind it?

Roberto Rodrigues, the music chief of Basso Radio, asked if we’d like to do another show for the radio. Since running a weekly radio show is already quite demanding, we decided to do a guest mix series and represent mixes from djs we admire to local and global audience.  To be honest, we started Curated by DSH last summer with less than two weeks from the first idea of what it might be. We luckily got couple mixes from friends with such a short notice, but we had to take a little break and make a proper schedule and more organized way of doing the show. Now we have scheduled 3-4 months ahead.

There’s so much great guests coming up! CBDSH is aired on fridays at 22.00, so it’s a nice slot. A lot of people check it before going out and we’re happy to provide the direction for the weekend.

Your debut EP on Technorama is expected for Feb 2017 and includes a remix by Tripeo. What’s special about Stories in BX, any details you want to reveal for us?

It is an experiment done with FM synthesizer and Boss BX mixer. Totally different to anything I’ve released before. For me writing music is always about trying out new things and techniques. Cheap Boss BX mixers were almost as crucial to techno as was 909 and 303. The crunchy distorted sound you can hear on so many early and mid nineties records are done with simply overdriving this cheap little mixer. Two main building blocks on this release are my late dad’s old Korg DS8 synthesizer and Boss BX 800 mixer. DS8 is pretty much the same as Yamaha DX7, I think even the chip is the same. It’s a digital FM synth with quite unique sound.

Can you also tell us what pushed you into launching a new label, Power of Voltages in 2016, any upcoming releases you want to tell us about?

After Max passed away I lost the dear home label, so I had to do my own. POV001 faced some unexpected challenges and I fell back with the planned schedule for next release, but POV002 is on it’s way. I’d like to put out 2-3 releases every year. Mostly it’s going to be just my own material, maybe remixes at some point. All tracks that end up on releases will be arranged and performed live.

« Rediscovering yourself is the most crucial part of being an artist »

Speaking of your many projects… Can you tell us more about Sam & Gigi? Would you ever consider re-opening this chapter of your life and eventually produce more under this alias?

It was me and wife Laura in the early years of our relationship. We were young, we were naive and deep house happened. Back in early 2000 my friends had a studio where I also worked. Once Laura came to the studio with me just to try out stuff and it felt right. So, we ended up releasing five EP’s  to labels Siesta, Ovum, Aquarius, Still Music and Drenched. Apparently our track Love is a Liar was pretty big in South Africa. We found out about that a lot later, but we still get messages about that track how it meant so much to some people and how it still takes them back in years. That kind of honest confession is probably best compliment you ever get as a musician. Comeback? No.

In 2012, you described your music as “Snapshots of time and personal things”, is this still the case in 2017? Has your creative process evolved at all?

As I probably said in that 2012 interview, I always arrange tracks live in the studio, so in a way that is a snapshot of time and personal things; you know, how I end up with track has a lot to do with how’s my day been so far, what I had for lunch, did I read a brilliant book yesterday and so on. I guess I’m quite moody kind of a guy. I think my creative process is an always evolving thing. I’m learning new stuff every time I’m in the studio. If I’d become happy with my present set of skills I have, I should probably stop making music. Rediscovering yourself is the most crucial part of being an artist.

Tags: , , , ,


About the Author

https://www.instagram.com/alieenated/



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Back to Top ↑