Interview roseetrosee

Published on juin 24th, 2015 | by Ariane

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Rose & Rosée, un label sauvage

Kit et Francis ont créé RER il y a quelques années. Petit à petit, en douceur, ils ont réussi à se faire une place sur la scène techno-house parisienne. Cette année, ils ont même eu la chance de mixer au Weather Festival. Francis nous raconte comment un projet assez fou et flou entre potes est devenu un mouvement qui rassemble des dizaines d’addicts.

 

Parle-nous un peu des débuts de RER, comment l’aventure a-t-elle commencé ?

Nico et moi reprenons le bar Zéro Zéro en 2005. Un tout petit bar de 40m² dans lequel nous installons des platines en fixe. On y mixe, on invite nos amis DJ à y mixer, on invite même les amateurs à s’essayer à mixer et lire quelques-uns casino review. On devient un bar à DJ pendant 8 ans ce qui nous a permis de rencontrer une scène parisienne qui englobe aussi bien la techno que la house et le hip-hop. Puis, lorsqu’on a vendu le bar on s’est demandé comment récupérer toute cette énergie et continuer ce qu’on avait commencé. C’est ainsi qu’est né Rose et Rosée. On voulait créer quelque chose d’un peu immatériel donc un label de musique nous à sembler être une bonne idée. On s’est lancé avec un premier EP avec notre ami Pit Spector, qui est le plus connu dans notre équipe. Grâce à ce premier vinyle très techno-house, on a brassé un public assez large.

Quelles sont vos influences musicales ?

Pour ma part, je dirais que mes inspirations débutent avec la découverte du jazz, de la funk, de la soul et du classique, par mes parents. Ensuite dès l’âge de 10 ans, j’ai découvert la techno et la transe à la radio et je suis devenu complètement fou de ce son répétitif et futuriste. Ensuite, je me suis plus orienté techno avec des influences comme Jeff Mills, Robert Hood… Puis j’ai rencontré Pit Spector (Pitou pour les intimes) au lycée, qui m’a fait découvrir la vraie house de Chicago un peu taquine et bien black music. Là aussi, je suis tombé à fond dedans ! Pour résumer, je dirai que la techno et la house des États-Unis sont mes principales inspirations mais je peux aussi bien me laisser porter par la bonne minimale allemande. Aujourd’hui, dans ce grand marasme où tout le monde s’emprunte des sonorités, je peux me demander : est-ce que mes influences s’arrêtent ou est-ce que je continue d’être influencé à chaque fois ?

« Le label s’oriente de plus en plus vers un studio de création vidéo. »

Comment vous êtes-vous faits une place sur la scène parisienne ?

En vérité, on n’a pas vraiment eu grand-chose à faire. Nous ne sommes pas tellement actifs comparé à d’autres labels qui ont une force de frappe plus rapide que la nôtre. De notre côté, on est plutôt lents on aime prendre notre temps pour faire les choses bien. En un an et demi d’existence nous n’avons sorti que deux vinyles. La place, on se l’est faite surtout grâce à la réputation du bar. Il a eu un tel impact sur la petite scène parisienne de l’époque que lorsqu’on a créé le label, les gens l’ont pris pour une blague, mais c’était beaucoup de gens au final ! Au premier vinyle avec Pit le public nous a suivis. Un peu moins sur le deuxième car c’était du son plus compliqué à digérer. Ensuite on a fait énormément de blagues (voir les vidéos sur le site). Comme dans nos soirées où l’on fait blague sur blague, on s’est dit qu’il fallait partager tous ces délires qui partent dans le cosmos. Ainsi, le label s’oriente de plus en plus vers un studio de création vidéo. Je pense que ça a dû jouer aussi car cela nous apporte une certaine originalité comparée aux autres labels.

Selon vous, quel est le meilleur spot pour mixer à Paris ? Celui où vous rêveriez mixer ?

Sans hésiter je vais faire le nostalgique et dire le Zéro. C’était vraiment comme à la maison. Un petit endroit où le contact des gens était facile. En ce moment, j’aime de plus en plus jouer en plein air. C’est peut-être l’effet de l’été ! Sinon j’adore mixer au Microclimat, au Camion Bazar, même si c’est pas une scène mais plutôt un collectif itinérant et transgenre qui ne rentre pas dans un cadre. J’aime aussi beaucoup mixer dans les squattes, comme au Poney-club ou aux afters Pipi caca. Les consos n’y sont pas chères, les videurs pas relous… En fait, on y va parce qu’on sait qu’on ne va pas se faire arnaquer, c’est juste la fête qui est au centre de tout. L’énergie devient plus facile à communiquer, on s’entend mieux avec les gens et on se tape beaucoup plus de délire !

Mon fantasme du moment ? La Sundae, j’adorerais y jouer je trouve que c’est un open air vraiment sympa.

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Rose & Rosée dans l’ambiance délurée du Camion Bazar

La meilleure soirée où vous avez joué depuis le début de l’année ?

Il y en a tellement ! Nantes, Marseille… Au final on se marre beaucoup plus en province ! Le Weather : j’ai adoré mais vu que le festival durait deux jours, j’ai l’impression que mon plaisir s’est diffusé, c’était moins intense que l’année dernière mais c’était quand même une expérience de malade. C’est passé en deux secondes ! J’avais à peine posé le premier disque qu’il faisait jour ! En même temps, il faut dire qu’on était au chaud !

 « La techno revient à la mode… ce n’est pas la première fois qu’on entend cela et sûrement pas la dernière. »

Que penses-tu de la scène parisienne actuelle ?

On dit que la techno revient à la mode mais comme toujours au final, ce n’est pas la première fois qu’on entend cela et sûrement pas la dernière. C’est bien que plus de gens se tournent vers la musique électronique car c’était une musique qui a été beaucoup dénigrée. On avait l’habitude d’entendre de critiques qui disaient que cette musique n’avait aucun pouvoir culturel. Déjà, on peut dire que cette barrière est désormais brisée puisque la musique éléctronique est reconnue comme un art à part entière aujourd’hui. C’est un défi pour chaque artiste d’être plus créatif pour se démarquer des autres. Cette concurrence c’est très excitant et motivant ! C’est comme être dans un bain chaud d’inspiration, un véritable moteur pour nous.

À ton avis, qu’est-ce que l’underground ?

À dire vrai, je me demande comment le définir. Est-ce parce que la musique est intelligente et difficile à comprendre, parce qu’elle est cachée ou parce qu’elle intéresse juste un groupe de personnes ? Au final je pense qu’on peut décrire l’underground par un mouvement créé par des artistes, des personnes inspirés, qui mélangent les arts. Au départ les évènements créés par ces gens ne pouvaient pas rassembler beaucoup de convertis car ils étaient pour la plupart à la limite de la légalité. Aujourd’hui, on voit de grands festivals comme le Weather qui ont réussit à se faire une place immense sur la scène parisienne. Et je trouve que réussir à porter sa créativité à un tel niveau mainstrem force le respect. C’est génial que ce type de festival existe aujourd’hui à Paris ! Tous les artistes veulent mixer devant un grand public comme le Weather le propose, sauf rares exceptions.

Des exclues à balancer pour Delighted ?

On a plein de projets sur le feu, c’est fou ! Déjà nous menons un combat depuis plusieurs années en rapport avec notre ancien bar le Zéro. Nous avons dû faire face à de nombreux procès pour nuisances sonores et autres à l’époque, nous sommes poursuivis par trois anciens voisins depuis deux ans et récemment nous avons perdu notre procès en appel. Pour riposter, on a décidé de mettre en ligne toutes les pièces de notre dossier judiciaire qui est truffé d’incohérences (cas de jurisprudence annulé par la Cour d’appel, etc.) pour que tous les propriétaires de bars sachent que leur travail est menacé par la législation française. La justice n’est pas de notre côté. On va aussi très prochainement sortir des vidéos de blagues.

Mais surtout, il faut parler de la sortie du prochain EP « The ass of bass » un projet tropical funk house bien sympa que vous pourrez écouter dans les prochaines semaines. À la rentrée on proposera même une émission de TV dédiée à la danse ! On ne vous en dit pas plus…

Un seul mot pour décrire Rose & Rosée ? 

La fougue !

Rose & Rosée seront présents sur le woodfloor de Concrete ce mercredi 24 juin. D’ici là, vous pouvez suivre leur actualité sur leur site internet et sur leur page Facebook.

Le premier son de Rose et Rosée en collaboration avec Pit Spector :

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One Response to Rose & Rosée, un label sauvage

  1. ip adr says:

    Les pièces du dossier judiciaire sont en ligne. Mais où donc ?
    Sinon, continuez, vous êtes beaux.

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