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Published on juillet 8th, 2019 | by Pablo de Swarte

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Parra For Cuva : « J’ai envie de découvrir l’Europe… pas qu’en avion ! »

– INTERVIEW – Pour la deuxième édition du Rituel Days Festival – qui se tiendra à Paris du 20 au 22 juillet -, nous sommes enchantés d’avoir eu l’occasion de discuter avec un DJ et producteur talentueux – Nicolas aka Parra For Cuva.

Ses sets et productions couvrent des éléments de musique house et pop, de compositions pour piano et de downtempo. Beaucoup de ses pièces électroniques trouvent leur origine dans la musique pour piano par le biais de sketches ou à l’aide de pièces solo.

Quasi impossible de rester neutre en écoutant ses productions. S’en dégagent quelque chose de spécial, qui dépasse la rationalité. Ce qui rend un morceau si puissant, c’est son aspect transcendant, une sorte d’invitation à un voyage profond mais enrichissant.

Propos recueillis par Pablo
(Scroll down for English version)


Bonjour Nicolas, merci de nous accorder de ton temps ! Commençons par le début, quand es-tu entré dans la scène musicale ? Quel âge avais-tu, quelles étaient tes passions et influences au début ?

Quand j’ai mis la main sur mon premier poste de travail audio, j’avais probablement 14 ans environ. Je l’ai acheté avec l’intention de transcrire mes morceaux de piano en partitions afin que je puisse m’en souvenir. Malheureusement, je ne suis pas allé aussi loin. J’étais plus occupé à programmer des beats sur la musique du piano. La plus grande influence à l’époque a été mon ami qui a créé House / minimal Techno. Il ressemblait beaucoup à Kollektiv Turmstrasse ou à Extrawelt. Nous étions assis dans la chambre de son enfant, à fumer des cigarettes et boire de la bière en écoutant de la musique toute la journée. Lorsque nous avons commencé à utiliser un contrôleur MIDI, nous avons simplement essayé de nous rapprocher du son le plus possible.

Comment as-tu réussi à faire passer tes préférences piano/jazzy à quelque chose de plus électronique? Quelle a été l’incitation?

Je suppose que c’est toujours un processus et quand on regarde en arrière, je ne peux pas mettre le doigt sur un certain moment et dire: « ah là, c’est arrivé« . J’ai juste aimé prendre ces accords de mes leçons de piano et les combiner avec des rythmes house. Au bout d’un moment, tu commences à utiliser différents instruments pour jouer ces mélodies. L’incitation c’était de créer toujours plus de musique parce que c’était une façon amusante et super intéressante d’éprouver des sentiments. Faire de la musique est très très addictif.

Quelle est ta recette pour transmettre une telle sensibilité à travers tes productions? Elles ont la particularité de combiner des sentiments aussi bien joyeux que tristes, on peut sentir qu’ils ne sont pas vides mais remplis d’histoires. Cela rend tes morceaux profondément émotionnels et nous donne un moyen de déconnecter un court instant.

D’habitude, je ne reste pas à la maison avec un esprit mélancolique avant d’essayer de retranscrire ces pensées en chanson. Mes chansons naissent de coïncidences aléatoires. Ces choses viennent de précédentes expériences musicales. Après avoir produit de la musique pendant si longtemps, vous savez quelle est la progression des accords ou les mélodies que vous aimez quand vous les entendez. On fait une chanson avec ses habitudes. Une fois que le son prend une direction heureuse ou une direction plus mélancolique, il suffit d’en suivre la direction et de s’abandonner. Parfois, le soleil brille dehors, mais la chanson que vous créez est plus que triste et ces chansons aux airs d’été naissent en hiver.


Quelle est l’importance de construire une relation réelle avec la musique que tu joues pour ta propre approche ? Est-il possible de nouer des relations significatives à long terme avec une chanson ou un album en particulier ?

C’est une des choses les plus charmantes d’aimer un album ou un morceau de musique, que tu entends pendant des heures lorsque tu te rends au travail ou en voyage. Cela rend déjà ce morceau de musique très spécial, car quand on le réécoute au bout d’un an, il permet toujours de remonter dans le temps. Tu te sens  vivant grâce à ces choses et même s’il y a beaucoup de musique, il n’y a aucun moyen que cela me déprime de quelque façon que ce soit.

Comment utilises-tu la technologie ? En ce qui concerne la relation entre la technologie et la créativité, à quoi excelle l’Homme, à quoi les machines excellent ?

J’utilise beaucoup de technologie dans ma musique. Je l’écris sur un ordinateur, ce qui est assez étrange car il capture mes idées. Lorsque j’utilise un synthé analogique ou un ordinateur, les sons ne sont pas automatiquement bons. Cela peut être un son doux ou un son déformé compressé qui ne rend pas le son mauvais. C’est juste un son. Je suis un grand collectionneur d’instruments, car j’imagine qu’une mélodie jouée par un humain sur un instrument que vous enregistrez au microphone confère à la musique une touche humaine particulière, qu’aucun ordinateur ne peut faire. Ça se rapproche, mais vous entendrez une grande différence lorsque je prends un string VST ou que j’enregistre un string avec un bon violoniste.

Que faits-tu en dehors de la scène musicale ? Comme mentionné précédemment, ta musique semble être une invitation au voyage, voyages-tu souvent ?

J’ai un vieux camping-car T3. Chaque fois que j’ai du temps, je prends  la route. Tu as une telle liberté de voyager comme ça. Pour moi, le plus important est de découvrir l’Europe mais pas qu’en avion. Tu vois tellement plus du pays en voyageant lentement.

Tu te souviens de ce que ça fait de jouer pour la première fois devant le public ? Ton premier événement s’est-il bien passé ?

Mon premier concert était terrible. J’ai joué à Berlin au Suicide Circus et je ne m’attendais pas à avoir beaucoup de public. J’étais aussi le premier à jouer ce soir-là. Mais j’étais tellement stressé que j’ai oublié la plupart des choses importantes. Ma carte son a été réglée très doucement on n’entendais presque rien. J’ai joué un set vraiment silencieux pendant une heure. Je suppose que personne n’a vraiment apprécié.

Que considères-tu personnellement comme les meilleurs moments de ta carrière artistique ? 

Je suppose qu’il y a toujours plusieurs bons moments dans une carrière. Les meilleurs moments sont ceux sur lesquels on travaille depuis des années pour les atteindre. Quand je suis arrivé dans le monde de la musique, les meilleurs moments pour moi ont été de sortir sur certains labels ou de jouer avec quelqu’un qu’on admire vraiment. Une fois que c’est fait, on passe à votre prochain objectif. De nos jours, les meilleurs moments pour moi sont la diffusion de musique sur laquelle j’ai mis tout mon temps et mes efforts, et le fait de savoir comment ces sons ont joué un rôle important dans la vie des autres.

Si je comprends bien, tu as eu une année 2018 très réussie, en particulier avec la sortie de ton dernier album Paspatou. Que reste-t-il dans la liste des priorités pour 2019 ? 

Après un album, tu tombes toujours dans une bulle non-créative. Tu fais toutes les choses importantes de la promotion et tu te prépares pour des concerts et des spectacles. Ce n’est pas facile de revenir pour écrire de la musique après un si gros projet. J’ai donc réussi à travailler avec un bon ami sur de nouvelles chansons qui sortent fin 2019. C’est un peu plus underground que Paspatou et j’ai hâte de partager ces nouvelles idées musicales avec tout le monde.

Pourrais-tu  recommander à nos lecteurs deux DJs / producteurs qui, à ton avis, méritent leur attention ?

Je suis un grand fan de « Skinshape » et de tous ses albums. Un ami m’a récemment envoyé ce producteur inconnu appelé: « Shay Moshe »« Into a blue » est une très belle chanson. J’écoute aussi beaucoup de Project Mooncirle signé «Takeleave», qui me sert d’ouverture lors de mon concert à Berlin.


ENGLISH VERSION

– INTERVIEW – For the second edition of Rituel Days Festival we are very happy to had the opportunity to chat with a truly talented DJ and producer – Nicolas aka Parra For Cuva. Parra For Cuva’s Dj set and productions range from elements of house  and pop music, piano compositions and downtempo. Many of his electronic pieces find their origin in piano music through sketches or with the help of complete solo pieces. It is almost impossible to stay neutral when listening to his production, there is something special which goes beyond rationality, indeed, what makes his tracks so powerful is the transcending aspect of it, a kind of invitation to a deep, but enriching journey.

Hi Nicolas, thank you for your your time! First things first, when did you get into the music scene? How old were you and what / who were your early passions and influences?

When I first got hands on my first Audio Workstation I was probably 14 or so. I bought it with the intention to transcript my piano pieces into sheet music so I could remember them. Unfortunately I didn’t came that far. I was more busy programming beats over the piano music. The biggest influences back then was my friend who made House /minimal Techno. It sounded a lot like Kollektiv Turmstrasse or Extrawelt. We were sitting in his children bedroom smoking cigarettes drinking beer and listening to their music all day long and when we first got hands on a midi controller we just tried to get as close to their sound as we could.

How did you manage to switch your initial jazzy and piano preferences into something more electronic? What has been the incentive? 

I guess its always a process and when you look back I can’t put my finger on a certain moment in time and say ; « ah, there it happened« . I just liked taking these chords from my piano lessons and combine them with house beats. After a while you start using different instruments to play these melodies. The incentive was always making more music because it was fun and super interesting way to experience feelings. Making music is very very addictive.

What is your recipe to transmit such a sensibility through your productions? They have the particularity to combine happy as well as sad feelings, we can feel that they are not empty but rather full of stories. It makes your tracks deeply emotional and give us a way to disconnect for a short moment. 

I don’t usually sit at home with a melancholic mind and then trying to transcript these thoughts in to a song. My songs are born out of random coincidences. These things happened out of your musically experiences you had. After producing music for so long you know what chord progression or melodies you like when you hear it. You make a song with the habits you have. Once the song goes into a happy direction or a more melancholic direction you kind of just go with the song in the direction and give your self away.Sometime there is the brightest sunshine outside but the song you are making is more then sad and these summer vibe songs are born in winter.

How important is building a real relationship with the music you’re playing for your own approach? There’s so much music out there, is it even possible to build meaningful long-term relationships with a particular track or album?

It’s one of the most charming things to fall in love with an album or a piece of music, which you hear for hours on your way to work or on a trip. This already makes this piece of music very special because when you hear it again after a year it always allows you to go back in time. These things make you feel alive and even if there is a lot of music out there there is no way this could depress me in any ways.

How do you make use of technology? In terms of the feedback mechanism between technology and creativity, what do humans excel at, what do machines excel at?

I do use a lot of technology in my music. I write it on a computer which is weird enough as it captures my ideas. When I use an analog synth or computer based sounds it’s not automatically a good sound. It might be a gentle or southing sound or a distorted over compressed sound that doesn’t make it a bad or a good sound. It’s just a sound. It’s about the musician that give it some context. Layers the sound with what he things is aesthetic. I am a big instrument collector because I guess a human played melody on an instrument which you record on a microphone gives music the special human touch which no computer can do. It gets close but you will hear a big difference when I take a string VST or record a string with a good violin player.

What do you do outside of the music scene? As mentioned previously your music seems to be a travel invitation, do you often travel? 

I own an old T3 camper van. When ever there is time I take this thing on the road. You have such freedom traveling like this. For me the most important aspect is to discover Europe not only by plane. You see so much more of a country when traveling slow like this.

Do you remember what it felt to play for the first time in front of the crowd? Did your first event went well? 

My first gig was terrible. I played in Berlin at Suicide Circus and I never expected anybody to show up. I was also the first one to play that night. But I was so stressed out that I forgot most of the important things. My sound card was set super quietly so you couldn’t hear anything at all. Never the less I played a really quiet set for one hour. I guess nobody enjoyed it really.

What do you personally consider to be the best moments in your artistic career? 

I guess there is always several good moments you experience in a career. The best moments are those you have been working on for years to achieve them. When I just came into the music business the best moments for me were releasing on certain labels or playing with somebody you really admire. Once you done that you move on to your next aim. Nowadays the best moments for me are releasing music you put all your time and effort in and getting feedback from people that say that these songs played an important role in there live.

To my understanding you had a really successful year in 2018 especially with the release of your last album Paspatou,  what’s in the bucket list for 2019? 

Well after an album you always fall into a non creative bubble. You do all the important promotion things and you prepare for concerts and shows. It’s not easy to get back to write music after such a big project. So I managed to work with a good friend on some new songs which come out as an EP end of 2019. It’s a bit more underground then Paspatou and I am looking forward to share these new musical ideas with everybody.

Could you please recommend two DJs/Producers to our readers which you feel deserve their attention?
I am huge fan of “Skinshape” and all his Albums. A friend recently send me this pretty much unknown producer called: “Shay Moshe”– “Into a blue” is a very lovely song . I also listen to a lot of Project Mooncirle signed “Takeleave” which recently opened for me at my Berlin show.


À suivre ici : Facebook Parra For Cuva 

À découvrir ici : Soundcloud 

Dernier album : Paspatou

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